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Le SNCS-FSU s’adresse aux personnels à la journée de l’Inserm

mmSNCS-FSU14 mars 2024
Tract diffusé à la journée de l'Inserm le 11 Mars 2024

Budget alloué à la recherche en 2024 : encore des promesses non tenues !

Quelles conséquences pour nos labos, nos projets et nos carrières ?

Le 21 février 2024 le gouvernement a publié un décret supprimant 10 milliards d’euros de crédits publics. Ainsi, avec une coupe budgétaire de plus de 900 millions d’euros, l’enseignement supérieur et la recherche, déjà très affaiblis par plus de 20 ans de pénuries, paient un tribut disproportionné au regard des défis à relever. Ces coupes budgétaires sont particulièrement incompréhensibles après le discours du Président de la République du 7 décembre 2023 réitérant sa confiance et ses promesses à l’égard des personnels de la recherche.

Quelles conséquences sur les organismes nationaux de recherche et l’Inserm ?

Malgré des discours rassurants rappelant que ni les engagements de la Loi de Programmation de la Recherche (chaires de professeurs et primes essentiellement), ni les organismes de recherche ne seraient directement impactés, les projets de recherche le seront inévitablement puisque le budget alloué aux programmes blancs de l’ANR sera réduit. Aujourd’hui, même si on peut le regretter, un tiers du budget de l’Inserm provient des ressources propres des laboratoires. Le préciput (part versée aux tutelles) des crédits ANR, est passé à 30% en 2023 avec seulement 3% revenant aux laboratoires. Cette politique et les dernières restrictions confirment le désengagement progressif de l’état à l’égard de nos organismes, et par conséquences directes, celui de l’Inserm vis-à-vis du soutien à ses laboratoires.

En parallèle, le président se félicite de la réorganisation de la politique scientifique de l’Inserm devenu une simple agence de programmes en santé en 2023. Cette réorganisation comporte la création d’un département de programmes dont les membres sont nommés de façon opaque et travaillent sans coordination avec le Conseil Scientifique de l’Inserm représentant pourtant la communauté des personnels des laboratoires. Cette organisation va affaiblir la marge de manœuvre des chercheuses et chercheurs de l’Inserm pour leurs projets et la politique scientifique de l’institut.

Quelles conséquences sur les recrutements ?

Malgré l’augmentation du nombre de postes ITA ouverts au concours, leur attractivité reste faible en raison des attendus disproportionnés des fiches de postes au regard des salaires proposés. En conséquence, 10% des postes ne sont pas pourvus sans être pour autant reconduits au concours suivant.

Le nombre de postes ouverts pour les Chaires (ex CPJ), c’est-à-dire des recrutements de chercheurs en CDD environné avec promesse d’intégration en DR2 3 à 5 ans plus tard « si les objectifs sont atteints », est en constante augmentation face un nombre de postes de CRCN stagnant. Cependant, l’Inserm peine à pourvoir toutes ces chaires. Pourquoi ? Malgré les belles promesses, la précarité irait-elle à l’encontre de l’attractivité ? Les conditions de travail sont-elles si dégradées dans notre institut que même les postes possiblement statutaires ne sont plus attractifs ? 

Quelles conséquences sur les carrières des chercheurs et chercheuses ?

Le SNCS-FSU reconnait les efforts des dernières années en termes de nombres de promotions des chercheuses et chercheurs (50 postes DR2, 60 promotions CRHC, 2 postes supplémentaires en DR1 et 20 promotions DRCE), mais les carrières à l’Inserm restent à la traine par rapport au CNRS en particulier pour les femmes. Ces mauvais résultats, essentiellement dus à l’inégalité des carrières et des rémunérations entre les hommes et les femmes, viennent d’être objectivés par un index valant à l’Inserm une amende dont il doit s’acquitter. Ils démontrent l’inefficacité du plan parité mis en place en 2019 que le SNCS-FSU n’avait pas signé car il y manquait objectifs et moyens. Malheureusement, l’histoire nous aura donné raison. L’Inserm doit sérieusement s’engager à supprimer les inégalités de carrières entre les hommes et les femmes dans un délai de 3 ans. La politique parité de l’Inserm ne doit pas être réduite à des « chartes de temps » déconnectées de la vie des laboratoires ou à la nomination de femmes aux comités de direction.

Quelles conséquences sur les retraites ?

Le deuxième mandat d’Emmanuel Macron est ponctué de mesures dégradant gravement les conditions des salariés du privé et des agents de la fonction publique. Les nouveaux calculs des droits ouvrant aux pensions de retraites mis en place en 2023 impactent particulièrement les personnels de la recherche, chercheurs et ingénieurs en tête, qui sont recrutés tardivement, souvent après avoir travaillé de nombreuses années à l’étranger. Nombre de chercheuses et chercheurs en âge d’ouvrir leurs droits à la retraite voient leur pension grevée par les années blanches (bourses de début de carrière ou post-doc à l’étranger sans cotisations sociales). La direction de l’Inserm doit obtenir auprès de l’état la reconnaissance de ces années travaillées. En attendant et par défaut, elle doit permettre à tous les agents qui n’ont pas leurs trimestres et qui en font la demande d’utiliser le seul recours que la loi leur permet aujourd’hui pour prétendre à une pension décente, à savoir travailler jusqu’à 70 ans. L’Inserm ne peut pas faire porter les pénuries de recrutements sur les agents partant à la retraite après des années de dévouement et de sacrifices.

Là encore, les chercheuses sont désavantagées : elles sont plus tardivement recrutées (en moyenne 39,1 ans vs 37,5 pour les hommes), plus tardivement promues (après 12,2 ans en moyenne vs 10,4 pour les hommes), peu nombreuses à diriger des structures (seulement 23,5% des structures Inserm dirigées par des femmes en 2023), moins nombreuses à percevoir des primes (quels que soient leurs métiers et leurs grades) et leurs primes sont plus faibles que celles des hommes. L’Inserm doit s’engager à promouvoir autant de femmes que d’hommes DRE/DR1/DR2/IRHC, à rendre les postes de direction des structures totalement paritaires, et à distribuer autant de primes (en volume et en nombre) aux femmes et aux hommes dans un délai de 5 ans.

Répondre à ces revendications modestes est possible malgré la très faible marge de manœuvre du PDG et permettrait d’accroitre l’attractivité à l’Inserm tellement dégradée par les politiques successives de pénurie et le dénigrement de la recherche.

 


 



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