La conférence des grandes écoles : « Le grand emprunt, ce n’est jamais que 600 millions d’euros par an pour le supérieur et la recherche » (30/06/2011)

mmSNCS-FSU30 juin 2011

Par Henri Edouard Audier








Le cirque
extraordinaire fait par le Président de la République
lors de sa conférence de presse sur le Grand emprunt est
fortement relativisé par le calcul simple fait par Pierre
Tapie, Président de la conférence des grandes
écoles. Devant la Mission d’évaluation et
de contrôle (MEC) de l’Assemblée nationale,
sur laquelle nous reviendrons, Pierre Tapie a notamment
déclaré :

« Le taux de PIB que la France investit dans son enseignement
supérieur et sa recherche est resté à la
fois bas et plat ces dernières années [autour de 2,1
% du PIB], à l’inverse de pays comme le Japon, la
Corée ou la Finlande, qui tournent autour de 3,5 % de PIB par
an ». (…) « 22 milliards d’euros du grand
emprunt pour le supérieur et la recherche, ce n’est jamais que
600 millions d’euros par an, soit 4 % des crédits de la MIRES
(1). On est loin du point de PIB manquant [pour la seule recherche],
qui correspondrait plutôt à 20 milliards d’euros par
an ! »

En d’autres termes, la pluie de milliards, revient à
dire qu’on accroît, au mieux (2), d’une
petite marche de 600 millions la MIRES marche qui reste ensuite
constante pendant 10 ans, alors que les promesses de Sarkozy
étaient de 1,8 milliards DE PLUS CHAQUE ANNEE soit 27
milliards en 5 ans.

Pierre Tapie affirme aussi : « Plus concrètement, le
résultat du grand emprunt est un jeu social à somme
négative, qui a produit un nombre considérable de
déçus dans le but de construire un dispositif de
concentration des moyens. De plus, dans les appels d’offres, il y a eu
un parti pris en faveur d’une « taille de grain »
très grosse, avec une orientation « technology push
» absolue. Or, dans la Silicon Valley, seulement 5 % de la
valeur ajoutée produite vient des laboratoires de recherche
universitaires. C’est aussi le syndrome de Saclay : on fait
l’hypothèse que « big is beautiful » parce
que « big is visible », mais cela ne correspond pas
vraiment à ce qu’est l’enseignement supérieur et la
recherche. »

(1) Crédits budgétaires  de l’ES-R
: autour de 25 milliards/an
(2) Au mieux car ce qui est donné par l’emprunt est
en partie compensé par la baisse et les annulations de
crédits budgétaires. C’est ce que confirme
le rapport de la Cour des comptes que nous analyserons prochainement.




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