850 suppressions d’emplois programmées au CNRS : duplicité, camouflage et cafouillage au ministère

mmSNCS-FSU27 février 2009

850 suppressions d’emplois programmées au CNRS :

duplicité, camouflage et cafouillage au ministère

 

Dans un
communiqué, le 26 février, les
syndicats du CNRS annonçaient le programmation de 850 suppressions d’emplois au
CNRS. Encore ce chiffre, tiré d’un document CNRS non publié est-il une vision
par défaut car calculé sur les taux de non-remplacement des seuls à la
retraite, mais non les autres départs : la note risque donc d’être beaucoup
plus élevée.

 

Immédiatement,
sur son blog S Huet titre "Le gouvernement va diminuer les effectifs du
CNRS entre 2009 et 2013"
, titre qui change à 21H : "CNRS : qui
programme la réduction de ses effectifs?"

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/02/le-gouvernement.html

 

Ce changement de titre s’explique par un rajout sur le
blog à 21h :

"par un coup de fil qui vient de m’être donné,
le ministère dément formellement être l’auteur de ce document. Mais ne dément
ni son existence, ni le fait qu’il soit présent dans ses bureaux. Donc, il dit,
ipso facto, que c’est la direction du CNRS qui est l’auteur du document.
Question : les chiffres inscrits l’ont-ils été sur l’initiative de Catherine
Bréchignac et Arnold Migus, ses dirigeants ? Ou ont-il suivi des instructions
implicites, ou orales, du ministère ? La question est en réalité un peu vaine :
les deux dirigeants du CNRS sont des fonctionnaires nommés par le gouvernement
pour des fonctions de direction qu’ils exercent en lui rendant compte, il
semble peu probable qu’ils aient rédigé ce projet de contrat d’objectifs et de
moyens sans un cadrage préalable du cabinet de Valérie Pécresse. Mais, dans la
situation actuelle, cette dernière n’a pas envie d’ouvrir un nouveau front.
D’où sa réaction rapide au communiqué des syndicats. Reste le fond : Valérie
Pécresse veut-elle ou non une diminution des effectifs du Cnrs pour la période
du contrat ? La divulgation de ce document l’oblige à répondre publiquement à
cette interrogation".

 

Il y a peu à rajouter à l’analyse. Chacun se souvient des
pressions constantes du ministère sur le Conseil scientifique. La vérité est
peu glorieuse pour le ministère et montre toute la confiance qu’on peut lui
accorder. En fait, les documents avec les chiffres en question étaient prêts à
être distribués au CA et au CS par la direction quand éclata le conflit universitaire,
dont l’un des mots d’ordre était "pour le rétablissement des postes
supprimés". Le ministère fit alors pression sur le CNRS pour que la
publication de ces suppressions d’emplois, qui répondait pourtant à sa demande,
soit différée. La direction du CNRS distribua donc des documents expurgés.

 

Si la ministre ne veut pas supprimer de postes qu’elle
l’annonce, et qu’elle commence par rétablir les postes supprimés en 2009 : on
peut lui assurer que le CA et le CS l’approuveront. Et pour respecter l’autonomie
de l’organisme, qu’elle lui suggère de présenter un plan annuel de croissance
de l’emploi, en précisant qu’il sera examiné avec la plus grande bienveillance.
Bien sûr pour que tout cela ait un sens, encore faut-il que le CNRS existe l’an
prochain : il suffit à la ministre d’annoncer la fin du démantèlement du CNRS.
Et pour qu’il ait les moyen de faire une politique scientifique, d’intégrer les
précaires, qu’on lui reverse une bonne partie des crédits ANR.

 

Jean-Luc Mazet
secrétaire général du SNCS-FSU

 

 



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