VRS n°390 10/2012

mardi 23 octobre 2012
par  VRS

Dossier : Très grandes infrastructures de recherche : défis et enjeux

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VRS n°390 10/2012

L’édito de Patrick Monfort, secrétaire général du SNCS-FSU

Incompréhension ou surdité ?



La démarche choisie par la ministre Geneviève Fioraso pour les Assises de l’enseignement
supérieur et de la recherche (ESR) n’est pas celle que nous souhaitions. Ces assises sont
pilotées par le ministère à travers un comité de pilotage à qui a été imposé un cadre trop
contraignant. Au niveau territorial, les assises sont organisées par les préfets, les recteurs
et les présidents de région. Ce n’est en rien un appel à l’expression de l’ensemble de la
communauté scientifique et de la société.

Nous en sommes à presque dix ans de luttes menées par les personnels de l’ESR contre
une politique destructrice. Ces luttes ont été porteuses de propositions pour reconstruire la
recherche et l’enseignement supérieur : ce sont toujours les nôtres aujourd’hui. Les Assises
telles qu’elles sont organisées peuvent être un moyen d’occulter les luttes. Nous n’accepterons
pas que le gouvernement mette de côté les revendications fortes du milieu scientifique, sous
prétexte d’avoir consulté des individus ou des groupes d’individus qui ne sont représentatifs
que d’eux-mêmes.

Pourquoi un gouvernement qui devrait s’enorgueillir des mouvements de contestation
menés depuis 2003 par les personnels de l’ESR reste-t-il sourd à nos revendications et
propositions ? Ce que nous lui disons est-il trop compliqué pour être compris ? Ce que nous
demandons est pourtant simple : (i) supprimer toutes les structures embolisantes créées
pour court-circuiter les organismes de recherche : AERES, ANR, alliances, Idex... autant de
structures de pilotage mises dans les mains de mandarins désignés au service d’intérêts à
court terme ; (ii) redonner les moyens financiers et en postes statutaires aux établissements
de l’ESR.

Il serait en fait trop indulgent de penser que la ministre, et son cabinet, n’entend ni la
clameur des personnels de la recherche qui demandent simplement à retrouver leur liberté
académique, ni celle des nombreux précaires qui revendiquent la stabilisation de leurs emplois.
Car la situation de l’ESR en France n’est pas isolée. Les syndicats de l’ESR de tous les pays
regroupés au sein de l’Internationale de l’éducation font le même constat. Le système
économique ultralibéral oriente partout les politiques vers le même objectif : le pilotage de
la recherche par des politiques publiques mises au service d’intérêts économiques privés.
Le véritable changement, ce serait une nouvelle orientation politique conçue pour reconstruire
l’enseignement supérieur et la recherche, et non pas pour panser les plaies des dégâts des
politiques libérales.

Aujourd’hui, nous exigeons le changement. Il n’est pas besoin pour cela de consulter ceux
qui ont applaudi, depuis dix ans, aux réformes de la droite, encore moins de les mettre à la
direction du ministère. Les syndicats de la FSU sauront tout mettre en oeuvre pour organiser
les luttes qui s’annoncent.


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