Edito VRS n°445 : le SNCS-FSU soutient l’appel des scientifiques pour l’avenir de la recherche
Les restrictions budgétaires de ces deux dernières années dans la recherche publique ont placé les organismes nationaux de recherche et les universités dans une situation de déficit structurel inédit, avec une trésorerie disponible réduite à néant en 2026. Ainsi, le budget du CNRS, principal établissement de recherche en France, a été amputé de 500 millions d’euros. L’État ne respecte même plus la loi de programmation de la recherche, pourtant déjà très insuffisante. C’est ainsi qu’en 2026, ce sont plus de 8 milliards d’euros qui manquent au budget de la recherche publique pour respecter les engagements pris.
Si le gouvernement ne renverse pas la tendance dès le budget 2027 par une augmentation importante de la subvention d’État, les établissements de la recherche publique seront contraints de recourir à des mesures de « cavalerie budgétaire », beaucoup plus graves que la ponction de 20 millions d’euros imposée en 2026 par le Premier ministre sur le budget des laboratoires, qui a profondément choqué la communauté scientifique.
Cette situation budgétaire critique est le résultat du reniement de l’engagement de l’État, pris au niveau européen en 2002, de parvenir, à partir de 2010, à ce qu’au moins 3 % du produit intérieur brut (PIB) soient consacrés à la recherche et au développement (R&D), dont 1 % du PIB pour la recherche publique. Résultat de ces choix budgétaires : la France ne consacrait que 0,74 % du PIB en 2023 à la recherche publique, un niveau historiquement bas depuis 1980 ! Pour suivre la trajectoire des autres grandes nations scientifiques, ce sont plus de 100 milliards d’euros supplémentaires qui auraient dû être investis en vingt ans dans la recherche publique en France, un montant quasiment équivalent au crédit d’impôt recherche, une aide publique scandaleuse car totalement inefficace et donnée sans contrepartie aux entreprises.
Le décrochage de la recherche en France est désormais patent. La Chine, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Allemagne investissent massivement dans la recherche et développement (R&D). L’Allemagne consacre, par exemple, plus du double de moyens publics et privés à la R&D que la France. Les conséquences sont funestes pour l’avenir, en compromettant tout à la fois la souveraineté scientifique, technologique et stratégique du pays, et son modèle démocratique et social.
Face à cette situation désastreuse, le SNCS-FSU appelle à un changement radical de politique, qui donne à la recherche une place à la hauteur des défis contemporains. Car la recherche est essentielle à la maîtrise de nos destins collectifs.
Le SNCS-FSU se mobilise et agit pour donner toute sa place à la recherche dans le débat public qui s’ouvre pour l’élection présidentielle. Il soutient l’initiative « Recherche publique 2027 » et appelle à signer l’« Appel des scientifiques : investir dans la recherche pour pouvoir choisir l’avenir* » et les mobilisations intersyndicales pour la recherche publique. Il appelle aussi à l’organisation d’une réunion plénière du Comité national de la recherche scientifique en janvier 2027.
Cet article est tiré du n°445 de notre revue La Vie de la Recherche Scientifique (VRS). Retrouvez l’ensemble des numéros dans notre rubrique VRS.




