Communiqué de presse du SNASUB-FSU, du SNCE-FSU et du SNESUP-FSU : A quoi joue le gouvernement ?

mmSNCS-FSU20 novembre 2014







Bercy a prélevé 20% sur la quatrième

 et en principe dernière – tranche de la subvention d’État versée aux
universités (soit 200 millions d’euros) pour en différer le versement.
Dans le contexte de politique d’austérité actuelle, ces 200 millions
sont l’objet de discussions au motif de nouvelles économies dans
l’exécution budgétaire de l’Etat. L’annonce par la CPU de possibles
situations de non versement des salaires en décembre est de nature à
susciter des peurs chez les personnels des universités. Ces inquiétudes
sont légitimes : certains pays d’Europe ont réduit très
substantiellement les salaires des personnels de la fonction publique
d’une part, et d’autre part le malaise est réel chez les personnels des
universités et des organismes, en proie à des restructurations
auxquelles ils n’adhèrent pas, soumis à des conditions de travail qui
se dégradent de jour en jour.

Il convient toutefois de s’interroger sur les intentions réelles qui
sous-tendent ces annonces. Ne s’agit il pas d’agiter le chiffon rouge
du non paiement des salaires pour faire passer la dragée amère d’une
amputation réelle mais moins visible de 200 millions du budget des
établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) ?
Le soulagement qui résulterait du paiement final des salaires
permettrait de détourner l’attention loin des restrictions portant sur
les autres crédits.

Le SNASUB-FSU, le SNCS-FSU et le SNESUP-FSU tiennent cependant à
affirmer solennellement qu’agiter un tel chiffon rouge n’est pas
raisonnable et ne permet pas d’affronter les causes réelles des
difficultés budgétaires que connaissent les établissements. Ils mettent
en garde contre toute instrumentalisation des inquiétudes légitimes des
personnels et des difficultés dans lesquelles la politique du
gouvernement les conduit, notamment en terme de pouvoir d’achat.

D’aucuns seraient mieux inspirés de réfléchir aux méfaits de
l’autonomie des universités et du passage aux responsabilités et
compétences élargies…

Nous dénonçons depuis plusieurs années la dérive qui conduit l’ESR dans
une situation dramatique. La communication gouvernementale sur le
budget de l’ESR «  sanctuarisé », l’évolution « favorable » de la
situation financière des universités, les 1000 postes annuels « créés
», les départs à la retraite dans les organismes « intégralement »
remplacés ne résistent pas à la réalité des faits qui nous remontent
des universités et des organismes. En fait, c’est un milliard de plus
par an qu’il faudrait pour le budget de l’ESR, du moins si on se fixe
l’objectif de rattraper en 10 ans notre retard sur les dix pays de tête
de l’OCDE.

Le rassemblement du 17 octobre a montré que la prise de conscience
grandit chez les personnels et les étudiants. D’autres actions
d’ampleur se préparent pour les prochaines semaines.

SNASUB-FSU, SNCS-FSU, SNESUP-FSU



Paris, le 5 novembre 2014




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