Dernières statistiques de l’OCDE. 1- Financement total de la recherche : la France qui coule. (09/09/2013)

mmSNCS-FSU9 septembre 2013

par Henri Audier, membre du bureau national du SNCS-FSU
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Les comparaisons internationales de l’OCDE montrent qu’en 10 ans, l’effort de recherche français versus le PIB a stagné alors qu’il progressait fortement dans la plupart des pays. De ce fait, le système public de recherche s’en trouve profondément affaibli tandis que le retard pris par la recherche industrielle et l’innovation est à l’origine du délitement de l’appareil productif français, du déficit du commerce extérieur et du niveau élevé de chômage. Ce n’est pas en déversant sans conditions de nouveaux milliards sur les grandes sociétés ou en reprenant les aspects les plus contestables de la politique précédente (rapport Gallois) que le gouvernement aidera le pays à remonter la pente. Il faut un milliard de plus par an pour le budget de la recherche et il faut conditionner aux besoins du pays les aides au privé.

Dans cet article, nous avons étudié l’effort de recherche sur 10 ans de 32 pays à partir des données toutes récentes de l’OCDE (Source : Main Science and Technology Indicators, OCDE, 2013/1.). Les flux financiers se réfèrent aux dépenses de recherche, quelles que soient les origines des financements. L’effort de recherche intègre 50 % des salaires et les crédits de recherche soit près de la moitié des dépenses de l’enseignement supérieur.

Effort total de recherche / PIB : la France chute en quinzième position

Troisième pays scientifique en 1970, cinquième en 1985, encore septième en 1995, la France est désormais, d’après les toutes dernières comparaisons internationales de l’OCDE, à la quinzième place mondiale pour la « dépense intérieure de recherche et de développement » par rapport au « produit intérieur brut » (DIRD/PIB). L’effort total représente 2,24 % du PIB en 2011, soit pratiquement le chiffre de 2002 : 2,23 % (Tableau 1, Figure 1).

Figure 1 : Evolution de la Dépense intérieure de recherche et de développement / PIB

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Ce taux de 2,24 % inclut la recherche militaire, élevée en France, aux Etats-Unis, en Israël et au Royaume-Uni. Elle représente plus de 10 % de notre effort total. Pour la seule recherche civile, la France se situe donc autour de 1,90 % du PIB, ce qui la classe environ vingtième sur 32 pays étudiés.

Tableau 1- Dépenses intérieures de RD, DIRD / PIB (2011)

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* chiffre de la dernière année connue avant 2011

Depuis 2002, la France stagne, les autres pays progressent fortement

Plus encore que sa quinzième place mondiale, c’est le creusement des écarts avec les pays de tête qui est inquiétant (Figure 1). Déjà 8 pays ont dépassé les 3 % du PIB et deux les 4 %. (2). Alors que pendant 10 ans l’effort de recherche français stagnait, la plupart des pays ont progressé très fortement (Figure 2) : 18 pays d’au moins 0,2 point de PIB, 11 pays d’au moins 0,5 point. Ainsi la recherche coréenne gagne 1,5 point de PIB en 10 ans et la Chine 0,69 points (2). L’écart entre la France et l’Allemagne qui n’était que de 0,26 point de PIB en 2002 passe à 0,64 en 2011. Comme il est montré par la suite, cette descente aux enfers concerne aussi bien notre recherche publique que notre recherche industrielle.

Figure 2 : Evolution DIRD / PIB pour quelques pays entre 2002 et 2011 (en points de PIB)

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Tableau 2- Variation DIRD / PIB (2002-2011)

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Des dépenses de recherche par habitant médiocres

C’est même jusqu’au seizième rang mondial qu’il faut descendre pour ce qui concerne le taux de financement de la recherche par habitant (Tableau 3)! Là encore, le seul grand pays à faire plus mal que la France est le Royaume-Uni. Car bien avant que la France ne l’imite durant ces dix dernières années, Thatcher avait liquidé l’industrie britannique et de larges secteurs de recherche. Mais tout en maintenant un PIB significatif, grâce à la City.

Si on compare l’effort de recherche/PIB, la Finlande fait 69 % de mieux que la France, la Corée 80 % et l’Allemagne 29 %. Si on compare les dépenses par habitant, la Finlande fait 78 % de mieux que la France, la Corée 51 % et l’Allemagne 42 %.

Tableau 3- DIRD / habitant (2011) en unités OCDE

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En conclusion
1- Pour rester au contact des pays de tête pour la recherche, la France doit viser à atteindre 3 % du PIB pour la recherche, sans parler ici l’effort nécessaire pour la vie étudiante et l’encadrement des étudiants. Il faudrait d’accroître d’un tiers les moyens, publics et privés de l’enseignement supérieur et de la recherche (ES-R) et d’augmenter le budget public d’un milliard par an pendant 8 à 10 ans comme l’ont acté les rapports Berger et Le Déaut.

2- Il faut notamment accroître environ d’un tiers le nombre de scientifiques, soit 100 000 scientifiques de plus en 10 ans. Cet objectif irréalisable sans un plan pluriannuel immédiat de l’emploi scientifique visant à mettre fin à la précarité, à attirer une plus grandes proportion des meilleurs étudiants vers les métiers de l’ES-R et prendre les dispositions pour les recruter.
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