Compte-rendu des élus du Conseil scientifique du CNRS des 24-25 janvier 2011

mmSNCS-FSU27 janvier 2011








CR de la réunion du CS du CNRS, les 24-25
janvier 2011, par les élus au
CS

Les
points principaux abordés
lors de ce Conseil scientifique ont été :

         
Une information
sur le bilan de la campagne 2010 de
recrutement

         
Un
échange très
instructif avec la direction du CNRS : Alain Fuchs (
président
du CNRS), Xavier Inglebert (directeur
général
délégué aux ressources) et
Joël
Bertrand (
directeur général
délégué à la science), sur des questions débattues
actuellement.

         
La
création de
groupes de travail par le CS

         
Un
bilan de la
mandature du précédent CS

         
Une
discussion
sur l’interdisciplinarité

Le
bilan de la campagne 2010
de recrutement
a été
présenté par Christine d’Argouges (DRH).

404
recrutements au total (5 de +
que postes ouverts), dont 293 CR2, 92 CR1, 366 DR2 (dont 349 en
interne) (en
forte augmentation) et 2 DR1 (on rappelle que les promotions
DR2–> DR1 ne
sont pas des recrutements).

L’âge
moyen de recrutement DR2
externe est de ~44 ans, ~46 pour les passages CR1–> DR2.

Le
% de femmes recrutées (~33% en
2010) est en augmentation/2009 (mais pour la PES, « le sex ratio est très
défavorable; il faut que les DU suscitent les
candidatures
 »). 27.5 % des
recrutés sont des étrangers (dont un %
important d’italien(ne)s), contre 30% l’an dernier (du point de vue de
la direction
et aussi des élus, c’est une variation sans grande
importance). La direction du
CNRS souhaiterait maintenir un % proche de 30, car cette
attractivité à
l’étranger est un des points forts de la
réputation du CNRS. Quelques exemples
de la pression au recrutement : en SHS il y avait 32 candidats par
poste. A
l’INSB : 18 candidats par poste CR2, 14/CR1. En 2011 il y a une
augmentation de
8% du nombre de candidats/2009.

Alain
Fuchs précise que la
possibilité de recruter des CDI au CNRS n’est
envisagée qu’à la marge (7 en
2010), pour recruter pendant un temps quelques très bons
candidats externes
qu’on n’arriverait pas à retenir (par ex avec un poste DR2).
Sans pour autant
accepter une surenchère salariale que le CNRS n’a pas les
moyens de jouer.

Réunion
avec la direction du
CNRS.

Dans
les jours précédents la
réunion du CS, la communauté scientifique
s’était fortement émue à la lecture
de l’ordre du jour d’une réunion du directoire du CNRS, qui a
eu lieu le 25
janv.

Le
président du CS, Bruno
Chaudret, a donc proposé à Alain Fuchs de discuter de
ces questions, avant de
passer à l’ODJ (discussion sur le programme
d’activités du CS).

Alain
Fuchs a déclaré que le
document qui avait fait l’objet d’une fuite n’était pas un ODJ
exact, validé
par le directoire. Le lendemain, on a pu avoir la version officielle de
ce
document, qui est indiqué ci-dessous en italique. Les passages
en petits
caractères étaient en plus, dans le document ayant
fuité.

Version finale de
l’ODJ du séminaire de direction du 25
janvier (en italiques)

l-
Comment raccourcir les chaînes hiérarchiques et
renforcer le sentiment
d’appartenance des agents au CNRS ?
Comment
avoir
une vraie autorité sur les agents du CNRS ?

2-Le CNRS
entre dans les FCS porteuses d »IDEX, comment co-piloter nos UMR ?
Comment les
insérer dans d’éventuels collégiums,
OSU
ou autres morceaux des futures
universités de recherche ?

3- Comment être capable de rénover, de remettre
à plat régulièrement (tous les
7 à 10 ans) nos UMR ?
4- Les relations entre le Comité National et la gouvernance.
Quelle
méthode adopter pour mener en douceur le comité
national vers ses vraies
missions d’évaluation et non pas de cogestion ?

5-Le CNRS
post IDEX : quelle valeur a t il pour le pays,
à
quoi sert il

?

Même à la lecture de
la version officielle, on voit qu’il y
avait bien matière à s’alarmer. Par ailleurs, on peut
considérer que les
parties supprimées dans le document final correspondaient bien
à la façon de
penser d’un responsable du CNRS.

A une question sur
le fait que le nombre d’UMR risque d’être
significativement réduit (comme c’est actuellement le cas pour
les unités
INSERM), la réponse d’A. Fuchs s’est voulue rassurante : il
n’est pas question
de diminuer de 50% le nombre d’UMR. Une interprétation de
cette réponse est que
le
nombre d’UMR va bien être diminué
, mais de moins
de 50%. Sera-ce, comme à l’INSERM, entre 20 et 30% ?

Une autre question
portait sur la difficulté d’avoir une
politique scientifique au niveau des UMR si les structures
déterminantes en
France étaient celles issues du processus « Grand Emprunt »
(Labex et
Idex). A. Fuchs a encore fait une réponse qui se voulait
rassurante, mais ne
l’était guère. Il a d’abord martelé que les
structures importantes pour la
recherche étaient les UMR (qui sont environ un millier), et
qu’elles ne
pouvaient être que cogérées par le CNRS et
les Universités. La direction ne
veut pas que les LABEX et IDEX soient immédiatement, pour
l’instant, de
nouvelles structures de décision pour la recherche. Mais, et
c’était là toute
l’ambiguïté de la réponse, si
elles marchent bien, elles le deviendront. Si des
sommes importantes ont été injectées dans la
recherche, c’est bien aussi, pour
modifier les structures et leur fonctionnement. Sans le dire
explicitement,
la
direction du CNRS confirme donc que les UMR risquent fort
d’être appelées à
passer la main aux Labex et Idex
.

A
une question sur les personnels
non-chercheurs et la nécessité
« d’avoir une vraie autorité sur les agents
du CNRS », Xavier Inglebert répond que la
RGPP (Révision Générale des
Politiques Publiques)
est en cours, et qu’elle est utile. Il
rappelle que
dans d’autres administrations, des fermetures de postes ont eu lieu
après audit
par des cabinets externes. Au CNRS, nous devrions nous estimer heureux
que
l’audit soit effectué par l’Inspection
Générale
de l’Administration
de l’Education Nationale et de la
recherche (IGAENR), qui a déjà effectué le
même audit à l’INRA. L’opération a
été lancée à l’automne 2010, avec
une première enquête sur les personnels
remplissant des « fonctions support » (délégations
régionales), dont
les résultats ont été transmis à
l’IGAENR. La pression sur l’emploi va
augmenter dans les années qui viennent,
« puisque l’on travaille à
enveloppe fermée ». Implicitement, la
stagnation des moyens globaux, voire
leur réduction, apparaît donc pour X. Inglebert comme
une fatalité inéluctable.
Il y aura donc bien réduction des
« fonctions support ». D’autres
phases pourraient suivre concernant la fonction soutien (formation
permanente
et l’information scientifique et technique dans les
délégations), puis les ITA
des labos.

Quant
à l’extension au corps des
chercheurs des réductions du nombre de postes, sous couvert de
la RGPP, la
réponse censée être rassurante est :
«Je
ne crois pas qu’il y ait de système de restructuration qui
puisse fonctionner
sur la coercition, il n’est pas question de redéployer les
chercheurs
. »
Cette réponse est peu convaincante : des méthodes
contraignantes, de fait, ne
sont-elles pas en train d’être mises en place pour les ITA ?

A
une question sur le fait que le
Comité National continue d’évaluer les
unités de recherche, c’est-à-dire
assurent le suivi à long terme et une fonction de conseil
à l’évolution,
fonctions non assurées par l’agence de notation qu’est l’AERES
mais considérées
comme essentielles par le Comité National , voilà la
réponse de Joël Bertrand :
l’évaluation des personnels est une
prérogative du CN. De même pour le rapport
de conjoncture. Nous serions suicidaire de vouloir nous passer des 1100
experts
du CN qui travaillent à titre gracieux. Pourquoi
voudrions-nous nous en
passer ? (personne n’avait posé cette
question…). L’évaluation des
structures ? Elle relève de l’AERES.
L’AERES existe il faut faire avec et
l’améliorer.

Horst
Stöcker est alors intervenu
pour commenter les réformes actuelles en Allemagne. Il est
membre du CS mais
fait aussi partie du comité exécutif de l’association
Helmholtz.. Cet organisme
de recherche emploie environ 30 000 personnes en Allemagne en physique
chimie
biologie, un chiffre important quand on le compare au CNRS (qui emploie
26000
personnes dans un périmètre plus large incluant les
SHS). Les fondations
Helmholtz ont la capacité à avoir une politique
scientifique puisque 30 à 40%
de leur budget est consacré au fonctionnement +
investissements, contre moins
de 20% pour le CNRS. H. Stöcker a commenté ainsi
l’initiative d’excellence
lancée en 2006 en Allemagne. Les
« universités
d’excellence » ont
reçu des financements pour 5 ans, ce qui leur a permis de
recruter des
personnels présumés excellents, pour cette
durée. Ces universités sont
maintenant très préoccupées par l’avenir de
ces opérations pour lesquelles
elles n’ont pas de financement pérenne. C’est ainsi que les
universités
d’excellence allemandes se trouvent en difficulté et,
estime-t-il, ne pourront
pas s’en sortir toutes seules. Helmholtz, qui finance sur 20 ans de
grosses
structures, s’en sort bien mieux. La solution qui semble s’imposer est
celle
d’un partenariat entre Universités et organismes de recherche.
Ce partenariat
est mieux développé en France, à travers les
UMR, qu’il ne l’est en Allemagne.
Mais pour combien de temps ? Un partenariat fort n’est pas envisageable
si un
des partenaires est très affaibli, ce qui est pourtant en
train de se dessiner
en France.

Préparation
des concours chercheurs
2011.

Le
CS a validé les nominations de
membres aux jurys d’admission de DR1, et élargi à des
experts d’autres
commissions, les jurys d’admissibilité.

Autorisation
à concourir pour
contribution notoire à la recherche en vue d’un recrutement DR2

Une
vingtaine de demandes,
souvent par des jeunes souhaitant concourir un an plus tôt que
les délais
habituels. Etant donné la pression sur les recrutements DR2,
le CS a estimé
qu’il fallait que la contribution soit réellement
exceptionnelle pour que la
demande soit jugée recevable.

Proposition de nomination au conseil de l’AERES par
les instances
d’évaluation du CoNRS
. Les élus au CS
souhaitent que ces représentants
défendent les positions suivantes à l’AERES : 1)
suppression de la note finale
de l’AERES. 2) Participation au comité de visite de membres de
toues les
sections du CNRS cioncernées, et pas seulement la principale.
3) Participation
au comité de visite d’un représentant des ITA. 4)
signature du rapport du
comité de visite par le président de ce
comité (sans réécriture par la
direction de l’AERES.

Cinq
personnes avaient fait acte
de candidature. Les 3 ayant reçu le plus de votes de membres
du CS sont Hélène
MONE (membre du CS), Pierre GILLIOT (secrétaire
général de la CPCN) et Gilles
BOETSCH, président du pécédent CS du CNRS.
Ces noms feront partie d’une liste
plus longue dans laquelle le ministère fera son choix.

Propositions
de groupes de
travail

Pour augmenter la capacité de proposition
du CS, Bruno Chaudret propose
la mise en place de plusieurs groupes de travail internes au CS, qui
prépareront un document succinct servant d’appui à
une discussion approfondie
avec la direction du CNRS. Le CS retient la création de quatre
groupes qui
travailleront respectivement sur la recherche en biologie (coordinateur
:
Giuseppe Baldacci), les partenariats recherche
académique-recherche
industrielle (Patrick Maestro), les TGIR (François Bonnarel)et
le devenir des
UMR au regard des nouvelles structures de recherche et de financements
(Laurence Eymard).

Echange avec le président (Gilles Boetsch)
et la secrétaire
scientifique (Pascale Gillon) du CS du précédent
mandat.

G. Boetsch a défendu ce qui
a été la ligne de conduite du
précédent CS : Défendre les
personnels, l’ensemble des savoirs et les
UMRs. Cela fut très difficile, mais il estime avoir
limité la casse. Il lui est
rappelé que le découpage du CNRS en Instituts (juin
2008) s’est fait avec
l’accord du CS, ce qui est contesté, GB, Pascale Gillon et
Jean-Marc Douillard
rappelant un grand nombre de votes négatifs sur cette
question. GB rappelle que
le découpage eut été pire sans l’action du
CS.

S’ensuit un long débat
d’où on peut retenir l’intervention
d’une collègue de Tarragone, qui indique que vu de
l’étranger, le cnrs ses UMR
sont considérés comme un
très bon système, qui fait la force de la recherche.
Ce qui n’empeche que ce
dispositif pourrait être complété (et non
coiffé) par d’autres dispositifs plus
favorables à l’innovation industrielle.

Discussion sur l’interdisciplinarité

Cette discussion a
commencé avec
un rapport de Marc Lucotte (Univ. du Québec
à Montreal)
qui avait
participé à un groupe de travail sur ce sujet dans le
précédent CS. Quelques
phrases clé :

L‘interdisciplinarité doit
être proposée, jamais imposée.

Ca ne sert
à rien de construire un pont s’il n’y a pas de
rivière à traverser.

L‘interdisciplinarité doit
être une démarche scientifique pour
résoudre un problème, pas la réponse
à une mode. Il doit y avoir un objet de
recherche défini en commun, permettant une expertise
collective.

Ex : les villes à l’heure des changements
climatiques ; le SIDA ;
violence et banlieues

M. Lucotte recommande la lecture d’un article de
Larivière et Gingras
2008 sur interdisciplinarité.

Le CS souhaite que ce rapport puisse faire l’objet
de diffusion par le
CNRS (par son mensuel, par exemple).

Ce rapport a été suivi d’une
discussion riche avec de nombreuses
interventions.

G Boetsch a indiqué que le
précédent CS avait beaucoup travaillé sur l
‘interdisciplinarité, et fait des propositions, mais elles n’ont
pas été entendues, et il n’y a pas eu
d’augmentation des financements jugée
sérieuse par le CS précédent. La
décision de la direction de ne plus procéder
mettre en place des jurys interdisciplinaires a été
critiquée.



   Cette résignation
à voir fondre les moyens du CNRS semble partagée par
Alain Fuchs. A propos
d’une question sur le préciput de l’ANR, A. Fuchs a dit que,
pour qu’une UMR
ait une politique scientifique, l’important c’est la volonté,
non le soutien de
base. Pour les moyens, le soutien de base n’est pas
déterminant, il peut être
remplacé par le préciput ANR…


CRCSCNRS_20110124



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