Appel aux Directeurs d’Unités de Recherche

mmSNCS-FSU21 décembre 2007

(texte signé par 50 Directeurs d’UMR de Marseille)


http://autonomie-recherche.org/appel/

La recherche est organisée en France autour de plusieurs partenaires : les Universités, le CNRS ainsi que les autres EPST. Il s’agit d’un outil original et qui (contrairement à ce que l’on cherche quelquefois à faire croire) a prouvé son efficacité. Les Universités sont au cœur du dispositif de la recherche, notamment via les UMR. Le CNRS quant à lui constitue un outil original dans le contexte international, favorisant la créativité et jouant un rôle essentiel pour la recherche, ainsi que dans la vie de nos unités. Bien entendu, ce dispositif peut et doit être amélioré en apportant réactivité et souplesse, notamment dans le partenariat industriel comme celui avec les autres acteurs de la recherche au niveau international.

Aujourd’hui, la volonté de faire passer les UMR sous la seule responsabilité des Universités revient à briser un dispositif qui, s’il doit être amélioré, a fait ses preuves. La question de la pluralité des tutelles en particulier est donc essentielle. Nous pensons que loin de constituer un handicap, ce mode d’organisation représente au contraire un atout du point de vue scientifique, déterminant sur la structuration et l’évolution de la recherche et sur son niveau, mais également pour celui de la gestion :

 Chaque tutelle présente des modes d’organisations différents, chacune a ses avantages. Par exemple, l’assouplissement de la gestion des contrats, la mise en place du contrat de service, la possibilité d’une forme de gestion pluriannuelle sont par exemple un atout majeur pour le CNRS. Réciproquement, la taxation moindre des salaires est un avantage des Universités. Les exemples sont nombreux qui illustrent ces avantages;

 La dépendance en termes de gestion d’une tutelle entraîne un suivi précis par celle-ci des activités de l’unité, qui lui permet à terme de former un avis. Nous savons ainsi que l’appréciation par la tutelle de l’unité joue un rôle essentiel dans son attribution de moyens complémentaires. Par exemple, l’arbitrage d’un poste en mobilité interne s’appuie notamment sur le niveau de priorité émis par la délégation. Celle-ci ne peut le formuler que parce qu’elle connaît le fonctionnement de l’unité.

 La gestion financière entraîne de fait un contrôle scientifique. Les demandes de subventions, notamment auprès des collectivités territoriales, sont classées par l’établissement gestionnaire. Une seule tutelle aurait pour conséquence le formatage des projets scientifiques déposés par l’unité pour se conformer aux priorités de l’établissement gestionnaire.

 La gestion des UMR repose essentiellement sur du personnel CNRS, qui assure sa formation et organise des réseaux de gestionnaires permettant le transfert de compétences entre gestionnaires.

 La gestion par une tutelle conduit celle-ci à assurer leur coordination. Les directeurs d’unités sont ainsi amenés à se rencontrer régulièrement pour des raisons administratives. La diversité des tutelles permet d’élargir le réseau des directeurs, leur permettant de nouer des contacts entre établissements et disciplines variées. C’est extrêmement utile non seulement pour le transfert d’informations, mais également d’un point de vue scientifique.

La gestion exercée par une tutelle a donc des conséquences non seulement sur la vie des unités, mais également d’un point de vue scientifique. C’est ce qui permet à un organisme de jouer pleinement son rôle d’opérateur de recherche. Il est donc indispensable, pour assurer une recherche ouverte, réactive, capable de prendre des risques, de disposer d’opérateurs complémentaires. Cette complémentarité est d’un certain point de vue exemplaire entre les Universités et le CNRS : les premières apportent leur vision propre de la recherche, un ancrage régional que n’a pas le CNRS et permettent de maintenir une synergie entre recherche et formation. Le CNRS quant à lui apporte une vision globale s’appuyant sur sa nature pluridisciplinaire, sur un ancrage national et une dimension internationale extrêmement large ainsi que sur une expérience particulière de la valorisation (par exemple via ses laboratoires communs avec des industriels).

Les unités de recherche ont donc un besoin vital de plusieurs tutelles. La simplification de leur gestion est sans doute une question importante. Nous pensons cependant d’une part que rien ne doit être plus important que l’intérêt scientifique. D’autre part, la simplification de la gestion ne passe pas par la diminution du nombre de tutelles. Des mesures concrètes pourraient être prises, comme l’harmonisation des systèmes d’information, l’élargissement des pouvoirs des directeurs en termes de gestion (y compris des ressources humaines), etc.

La pluralité des tutelles est gage de qualité et de vitalité pour nos unités. Il faut la préserver !

 Nous appelons l’ensemble des directeurs, dans toutes les régions, à se réunir et prendre position sur ce sujet, nous les appelons à rencontrer leurs Présidents d’Universités à ce propos.

 Nous appelons les directeurs de toutes les unités en France à se réunir, début Février à Paris (date à déterminer) pour contribuer au débat, faire valoir notre point de vue et faire des propositions pour le futur.

Nous sommes les premiers concernés par l’organisation et l’avenir de nos unités.

Marseille, le 18 décembre 2007

http://autonomie-recherche.org/appel/



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