VRS n° 396 04/2014

printemps 2014
mardi 8 avril 2014
par  VRS

L’Éditorial de Patrick Monfort, secrétaire général du SNCS-FSU

Tous ensemble pour l’emploi scientifique

Le SNCS et le SNESUP se battent pour redonner à la France une position honorable au plan international en matière de financement de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Ils luttent depuis de nombreuses années contre la perte des emplois scientifiques statutaires et contre l’explosion de la précarité dans nos secteurs.
Le financement que consacre la France à sa recherche publique (universités et organismes) et à sa recherche privée stagne depuis dix ans autour de 2,25 % du PIB. Cette stagnation de la dépense intérieure en matière de recherche et de développement versus le PIB a, selon les chiffres de l’OCDE, fait reculer le pays de la 7e à la 15e place dans le classement mondial entre 1995 et 2011. Si on inclut le financement de l’enseignement, l’effort en matière d’enseignement supérieur et de recherche nous place au 20e rang mondial.
Nos élus au Conseil scientifique (CS) du CNRS ont donné l’alerte à partir des données chiffrées collectées notamment par les études de nos syndicats. La déclaration solennelle du CS sur l’emploi scientifique est enfin reprise par les médias.
Sans créations de postes, la chute des emplois scientifiques se trouvera aggravée dans les prochaines années du fait (i) de la situation économique globale et de la politique des industriels en matière de recherche et développement, qui conduisent à une réduction des embauches dans les entreprises, notamment pour les docteurs, (ii) de la diminution brutale du nombre de départs à la retraite dans le secteur de l’ESR qui va s’accentuer dans les années à venir (chute d’environ 40 % du nombre de postes libérés en 2014 pour le CNRS et les universités, situation identique dans les autres organismes de recherche), (iii) des difficultés budgétaires dans lesquelles la loi LRU a placé les organismes de recherche et les universités qui depuis plusieurs années multiplient les gels d’emplois.
Au moment où le potentiel scientifique, public et privé, de notre pays s’affaiblit, où notre potentiel industriel se délite, on constate l’échec du crédit impôt recherche, faute de contrepartie pour développer l’innovation, le transfert et pour créer des emplois scientifiques.
Le pacte de responsabilité, annoncé par le gouvernement, entraîne 30 milliards de baisse des cotisations sociales patronales. En outre 50 milliards d’économies sont programmées sur les trois prochaines années, ce qui va aggraver la politique d’austérité et entraîner une nouvelle et inacceptable diminution des dépenses publiques.
Nous devons peser sur les choix budgétaires déjà faits et à venir pour stopper une politique qui risque de purement et simplement anéantir le recrutement des chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens dans les prochaines années.
La bataille de l’emploi scientifique se gagnera en rassemblant l’ensemble de la communauté scientifique. Les organismes de recherche et les universités doivent se mobiliser, à travers leurs instances scientifiques : le Comité national de la recherche scientifique, le Conseil national des universités, les commissions scientifiques spécialisées ou sectorielles, les conseils scientifiques.
L’ensemble des personnels de l’ESR, titulaires et précaires, doivent s’organiser dans les laboratoires et les universités.
L’emploi scientifique est en danger de mort : tous ensemble, répondons, diffusons, organisons les actions qui seront proposées.


VRS n°396 04/2014


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