SNCS-HEBDO n°52 du 22 décembre 2004

mercredi 22 décembre 2004

Scientifique ! Vous avez dit scientifique !

Une des caractéristiques fortes du projet du directeur général du CNRS est de faire abstraction de la logique scientifique. On y parle d’organisation, de management, de hiérarchie mais très peu de sciences. La mise en œuvre de ce projet est autoritaire, précipitée et marquée par une concertation uniquement « top-down », le tout faisant fi de l’avis des personnels.

Pour qu’un tel projet réussisse, il doit être construit, partagé et porté par tout l’établissement, du sommet à la base. Dans cette large consultation, il ne faut pas, bien entendu, oublier les universités et leurs personnels.

On ne reproche pas à la direction de présenter ses options, même si nous ne partageons pas certaines d’entre-elles. Par contre, nous lui reprochons de vouloir imposer son projet et de ne pas être à l’écoute de l’ensemble de la communauté CNRS. La stratégie managériale et administrative de la direction doit être confrontée à celle des unités. Car, a contrario, la stratégie des unités repose sur une logique scientifique. Le projet final doit être un point d’équilibre, fait de compromis, entre ces deux logiques, parfois antagonistes, l’une venant du sommet l’autre issue de la base : top-down contre bottom-up.

Le projet présenté par Larrouturou s’articule autour de cinq points principaux : la mise en place des DIR, le regroupement autoritaire des laboratoires, la restructuration des départements scientifiques, l’évaluation et le partenariat avec les universités.

En ce qui concerne les DIR, nous nous sommes déjà exprimés (cf. Appel de Bellevue et article dans le BI n°469). La science ne s’organise pas sur une base territoriale mais sur une base disciplinaire. Cela n’exclut pas l’interdisciplinarité mais la renforce. L’interdisciplinarité sans discipline, c’est aussi absurde qu’une molécule sans atome.

Sur le fond, nous ne sommes pas opposés au regroupement de laboratoires mais à une seule condition : que ce regroupement soit voulu par les laboratoires. Tel n’est pas le cas. En plus, cette mesure a des effets pervers ; les laboratoires en difficultés scientifiques sont les premiers d’accord pour se regrouper. Il faut souligner que le regroupement des unités est plus d’inspiration administrative que scientifique.

Même attitude pour les regroupements de départements scientifiques. La logique mise en avant par la direction générale est d’avoir des départements de taille équivalente. Voilà une argutie managériale qui n’a aucune base scientifique. La définition du nombre et du contour des départements doit être discutée avec l’ensemble des personnels.

L’évaluation n’est abordée que par la remise en cause du rôle des élus. Certains demandent une évaluation des évaluateurs. Et qui choisira les évaluateurs des évaluateurs ? En fait, les seuls évaluateurs qui soient évalués sont bien les élus car ils ont l’aval de l’ensemble de la communauté scientifique. D’ailleurs, on constate l’absence de « self service » de la part des élus. On ne peut pas en dire de même des nommés.

L’expérimentation sur le partenariat externe (Brest, Rennes, Tours, EHESS et Strasbourg) se caractérise aussi par son autoritarisme. Elle doit associer l’ensemble des personnels.

De nombreux collègues, depuis le sommet jusqu’à la base, s’inquiètent. Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas pu les rassembler. Il est difficile de s’opposer à une direction qui dispose de moyens coercitifs forts. Malgré la faible mobilisation des personnels, nous n’abandonnerons pas le terrain si facilement car il s’agit de l’avenir du CNRS et bien entendu de celle de la recherche française. Cet établissement est perfectible. Ne laissons pas quelques bureaucrates technocrates agir seuls. Bon Noël et bonne fin d’année.

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