INIST : les personnels ne doivent pas payer pour les carences de la direction du CNRS

vendredi 13 avril 2018
par  SNCS

Une fois de plus, les personnels de l’INIST (Institut de l’information scientifique et technique), basé à Nancy, subissent une xème restructuration dont l’objectif est de réduire à nouveau l’effectif du personnel.

53 agents sont concernés par cette nouvelle restructuration de l’INIST. Au total 26 agents doivent se repositionner à l’extérieur de l’unité. Les autres doivent à nouveau postuler sur des emplois internes à l’INIST, ce qui revient à mettre en concurrence des agents sur les postes retenus pour les fonctions support et soutien. Le SNCS avait dénoncé cette procédure dite de « bourse à l’emploi » qui avait été généralisée à tous les personnels de l’INIST en 2015. Suite à la dégradation des conditions de travail des agents provoquée par une telle procédure qui remet en cause leurs compétences et leurs possibilités de carrière, la DRH (Direction des ressources humaines) du CNRS s’était engagée à ne plus l’utiliser.

Pour les personnels devant quitter l’INIST, la DRH du CNRS invente deux nouvelles missions « sans retour » :
-  Une mission d’un an dite « pérennisable », c’est-à-dire répondant à un besoin d’un laboratoire ou d’un service, pouvant aboutir à rester dans cette unité ou dans ce service, si un emploi y est affecté (donc au bon vouloir des instituts ou des délégations régionales).
-  Une mission de 6 mois dite de « découverte » dans un laboratoire ou dans un service qui n’a pas exprimé de besoin, qui permettrait à l’agent d’acquérir de nouvelles compétences. Cette mission ne peut offrir une issue pérenne sur le lieu de « découverte ».

Le SNCS s’élève contre cette gestion des personnels qui aboutit à balader les personnels sans aucune perspective sérieuse de stabilisation, en particulier dans le cadre des missions dites de « découverte ». Ces missions sans retour, puisqu’il est bien dit que les agents ne pourront dans aucun cas revenir à l’INIST, peuvent aboutir à un cercle infernal de découverte en pérennisation éventuelle et en nouvelle découverte. Où est l’humain dans cette affaire ? La DRH semble bien y avoir oublié le sens de son H.

Après plus de 10 années de réorganisations-restructurations successives à l’INIST, chaque nouvelle « vague » apporte son lot supplémentaire d’inquiétudes et de malaise. Un climat anxiogène se développe face à l’opacité des décisions, et ce sont les personnels qui subissent les incompétences successives des directions de l’INIST, des directions du CNRS, scientifiques et des ressources humaines.

Le pire de cette affaire, est le zèle déployé par la DRH à inventer les pires outils RH imaginables, alors qu’il existe des procédures de mobilité pour les ingénieurs et les techniciens du CNRS qui sont suffisantes pour accompagner leurs nouveaux projets professionnels et leurs changements d’affectation. Le SNCS dénonce en particulier la mission « découverte », qui de plus n’a jamais été discutée en Comité technique (CT) de l’établissement. Or toute nouvelle procédure de gestion des personnels doit passer devant le CT.

Le SNCS soutient les personnels de l’INIST dans les épreuves inouïes qui leur sont infligées (mise en concurrence des agents, recrutement de CDD à la place des personnels statutaires, missions sans retour, remise en cause des acquis professionnels des agents, absence de vrai plan de formation des agents). Le SNCS demande que la situation des personnels de l’INIST soit mise à l’ordre du jour du prochain comité technique.

Le SNCS est favorable à l’élaboration et à la mise en œuvre par le CNRS d’un projet pour l’information scientifique et technique (IST) dans lequel l’INIST, unité indispensable au service des laboratoires face à leurs immenses besoins en matière d’IST, ait toute sa place en lui octroyant des missions nationales. Nous ne sous-estimons pas les évolutions technologiques auxquelles le CNRS, et par conséquent l’INIST, sont confrontés. Il suffit de se référer aux dernières recommandations du Conseil scientifique du CNRS des 23 et 24 novembre 2017 pour s’étonner que le CNRS n’ait pas su donner plus d’importance aux compétences disponibles à l’INIST. Le SNCS considère que toutes les pistes n’ont pas été explorées pour les métiers à l’INIST.

Le SNCS-FSU dénonce l’incapacité de la direction scientifique à définir clairement les missions de l’IST et le pis-aller qui consiste à laisser la DRH puiser « dans le stock » de l’INIST pour satisfaire d’autres besoins. En réduisant les personnels sans aucune politique en IST clairement définie, le CNRS est en train de perdre des compétences qu’il ne pourra plus récupérer. En effet, lorsqu’il faudra réinvestir en moyens humains, le CNRS devra constater une telle perte de postes depuis plus de 10 ans et de telles réductions de budget qu’il ne pourra plus affecter de nouveaux postes à l’INIST, si tant est que l’INIST existe encore.

Le SNCS ne peut accepter une telle situation qui conduira la recherche à des difficultés graves, car sans une maîtrise indispensable de la ressource en IST, il n’est pas possible de concevoir une recherche rigoureuse. Le SNCS agira au CNRS mais aussi auprès du Ministère pour qu’une vraie politique en IST soit définie pour notre pays et soutenue effectivement.


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