Déclaration des élus SGEN-CFDT, SNCS-FSU, SNTRS-CGT, SNPTES au conseil d’administration du 4 décembre 2014 du CNRS sur le budget 2015

jeudi 4 décembre 2014
par  Administrateur

Après un tassement du budget en 2014, tassement qui se traduisait déjà par une baisse substantielle des dotations hors personnel aux instituts, le projet de budget 2015, marqué par une baisse nette de la subvention d’État, confirme la récession. Ceci ne peut se traduire, en particulier en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement, équipement et investissement, que par une accentuation des difficultés de nos unités.

Tous les indicateurs sont tournés vers le bas. En particulier la dotation globale hors personnel pour activités conduites par les unités de recherche baisse de près de 34 M€, soit une baisse de 5,6 %, alors qu’elle avait déjà baissé en 2014 de 9,1 %. La situation des laboratoires, déjà critique au jour le jour, va devenir intenable.

Les dépenses de personnel limitatives, qui constituent la plus grosse partie de l’action budgétaire en faveur de la recherche, au sein du CNRS, n’échappent pas à la récession. Le niveau de ces dépenses de personnel accuse une baisse de 0,8 % dans les laboratoires, de 1 % tout compris, ce qui le ramène en 2015 en deçà du niveau de dépenses inscrit au budget initial de 2013.

La recommandation exprès publiée par le conseil scientifique du CNRS sur l’emploi le 10 mars 2014, la session extraordinaire du Comité national de la recherche scientifique en juin, la lettre au président de la République signée maintenant par 840 directeurs de laboratoire et la manifestation nationale du 17 octobre dernier ont montré à quel point - alors que les laboratoires se débattent dans bien d’autres difficultés - la question de l’emploi est cruciale. La direction de l’organisme préserve les apparences en présentant une campagne de recrutement de chercheurs au même niveau que celle de 2014, mais ce ne peut être qu’au prix de nouveaux sacrifices sur l’environnement de la recherche. Les chiffres des niveaux d’emploi montrent qu’on a atteint les limites du supportable. Le slogan gouvernemental de la « sanctuarisation » de l’enseignement supérieur et de la recherche ne fait plus illusion : au CNRS, on peine à remplacer tous les départs à la retraite et on ne remplace plus les décès, les démissions ou les mutations. Le projet de budget prévoit, fin 2015, un volume d’emploi en ETPT de titulaires, de 24354, alors que le budget primitif précédent évaluait ce volume à 24488 fin 2014. On aura donc perdu, d’une année à la suivante, 135 équivalents temps plein travaillés alors que le nombre de départs pour motifs autres que la retraite de personnes payées par le CNRS s’établit, depuis quatre ans, en moyenne à moins de cent. Comme en 2011 l’effectif était encore de 24965 ETPT, l’érosion va dépasser 600 postes de titulaires en seulement 4 ans. Tous emplois confondus (titulaires et contractuels), le total prévu des ETPT à réaliser en 2015 est en régression, sur une année, de 372 emplois. L’effectif du Centre est appelé à plonger.

Conséquence de cette contraction de notre organisme année après année : le nombre de publications (parlons-en puisque cet indicateur figure dans le document budgétaire) maintenant diminue ! Le nombre – il faut le dire parce que la recherche ne s’évalue pas sérieusement en comptant les publications – n’est pas tout. Mais cette baisse du nombre des publications n’est assurément pas un résultat glorieux. La consolation inscrite dans le document budgétaire sous forme d’une augmentation, malgré tout, de la part du CNRS dans la production mondiale nous paraît totalement illusoire, comme nous paraît illusoire l’objectif affiché d’une proportion toujours plus grande de la part du CNRS dans la production scientifique nationale : il suffit que celle-ci baisse encore plus (le gouvernement fait ce qu’il faut pour cela) ou que par le jeu des regroupements en cours tout le monde puisse mettre son label sur tout, on y arrivera. Mais cela ne voudra pas dire grand’chose.

La conclusion qui s’impose est une évidence : diminuer la dotation d’État au CNRS n’est pas une bonne méthode pour lui permettre de continuer à assurer ses missions. On a fixé, à Lisbonne en 2000 et dans un beau mouvement de consensus européen l’objectif d’un effort général de 3% du PIB pour les dépenses de recherche et de développement à l’horizon 2010. On n’y est pas arrivé et, en France, on en est encore loin ! Ce constat devrait obliger l’État à utiliser ses opérateurs, au premier rang desquels le CNRS, comme locomotives de l’effort national de recherche. Une politique responsable, vis-à-vis des enjeux du XXIe siècle, devrait être une politique de croissance, en particulier de croissance de l’effort de recherche scientifique ! Le gouvernement tourne le dos à cette évidence et compromet gravement l’avenir du pays.

Le projet de budget qui nous est présenté consacre, encore plus gravement qu’en 2014, l’asphyxie de l’organisme et nous ne pouvons pas l’accepter.

A Paris, le 4 décembre 2014


Annonces

Comment nous contacter

  PNG - 1.5 ko   PNG - 1.2 ko


La VRS (trimestrielle)

JPEG - 824.4 ko ->http://sncs.fr/La-VRS]


SNCS-Hebdo

JPEG - 230.3 ko