Cabinets-conseils : un gaspillage indécent pour le Snesup(23/03/2011)

mercredi 23 mars 2011
par  Administrateur


A Mesdames et Messieurs les Journalistes

Un gaspillage indécent...

Alcimed, Bearing Point, Deloitte, Erdyn, Inéum... Ces noms, il y a encore quatre ans, étaient inconnus du milieu universitaire. Ces cabinets de conseil, en facturant grassement des prestations de service, du conseil en GRH « LRU » à l’élaboration des dossiers répondant aux appels d’offres du « plan Campus » et du « Grand Emprunt » (équipEX, labEX, IDEX), ont englouti des sommes faramineuses. L’endogamie apparente des rédacteurs tant des appels d’offre que des réponses ne fait plus mystère... mise à part leur rétribution par le MESR et les établissements.

L’urgence que le gouvernement a imposée aux établissements, en faisant travailler dans la précipitation la communauté universitaire déjà surchargée, les a encouragés -avec l’appui du Ministère- à faire appel aux services d’officines privées prétendant « accompagner les orientations des politiques publiques (1) », et prescrire « les besoins en compétences dans les métiers de la recherche (2) ». Cette sous-traitance auprès de telles officines, connues pour leurs talents de communication mais n’ayant pas la capacité d’une expertise sérieuse des activités et projets universitaires, contribue aux gaspillages financiers associés à la course au label « d’excellence » ; elle accompagne une mise en concurrence stérile entre et à l’intérieur des établissements ; elle pervertit le débat nécessaire pour contribuer à des choix stratégiques garantissant y compris la pertinence et la viabilité des projets.

Profitant de l’opacité organisée, les exécutifs « resserrés » des regroupements d’établissements (PRES-EPCS, FCS...) candidats aux IDEX, ont organisé le détournement, à l’échelle du pays, de plusieurs dizaines de millions d’euros qui auraient du être dévolus aux missions d’enseignement et de recherche du service public. Les montants gaspillés -disponibles au bulletin officiel des annonces des marchés publics (3)- (plus de 150.000€ pour un dossier d’IDEX, de 25 000 € pour celui d’un LABEX, 50 000 € pour une SATT...) sont ressentis comme obscènes par des personnels qui voient leurs conditions de travail se dégrader, du fait du temps perdu à répondre à ces mêmes appels d’offres, de la bureaucratie endémique de la loi LRU, et du manque criant de créations d’emplois.

Le SNESUP dénonce un gaspillage indécent initié par le gouvernement. Il exige que soit fait le détail analytique des coûts engagés par chacun des établissement concernés, et que celui-ci fasse l’objet d’une présentation détaillée dans les conseils d’administration, pour éviter qu’ils soient dépossédés de leur rôle d’élaboration et de contrôle démocratique des budgets.

(1) http://www.deloitte.com/view/fr_FR/fr/votre-secteur/secteur-public/accompagner-les-orientations-des-politiques-publiques/index.htm

(2)http://www.deloitte.com/view/fr_FR/fr/votre-secteur/secteur-public/f5fc051e3c78c210VgnVCM1000001a56f00aRCRD.htm

(3)http://www.boamp.fr/index.php?action=avis&num_parution=C20100231&num_annonce=71&total=5&_s=0&indice=3


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