Appel : l’emploi scientifique et l’enseignement supérieur, des objectifs prioritaires

mardi 8 septembre 2015

Les enjeux majeurs pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) pour les années à venir sont le financement public et les emplois permanents. Depuis 10 ans, l’effort budgétaire pour l’enseignement supérieur et la recherche de la France s’est profondément dégradé au regard de celui de la plupart des autres pays développés. Le nombre d’étudiant-e-s augmente alors que les capacités d’accueil diminuent et que des filières et des services ferment. Il est temps d’infléchir cette politique. Pour cela, nous souhaitons intervenir dans le débat public sur l’utilisation des moyens de l’Etat pour le développement de la recherche et de l’enseignement supérieur au niveau national. Des personnalités scientifiques et syndicales ont cosigné un appel pour que le budget 2016 du service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche soit en nette progression par rapport à celui de 2015. En mesurant les enjeux pour l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur ainsi que pour toute une génération de jeunes, nous vous invitons à signer et faire signer cet appel.

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Appel : l’emploi scientifique et l’enseignement supérieur, des objectifs prioritaires pour l’avenir du pays

Avec le soutien de SNTRS-CGT, SNESUP-FSU, SNCS-FSU, SNASUB-FSU, SNEP-FSU, SNETAP–FSU, SGEN-CFDT, SGEN-CFDT Recherche EPST, SNPTES, Sup’Recherche-UNSA, UNEF, Sciences en Marche

Attendus

L’enseignement supérieur et la recherche (ESR) publics ne constituent pas une dépense mais un investissement pour l’avenir. Cet avenir nous concerne tous. L’enseignement supérieur permet à la jeunesse d’améliorer ses qualifications et d’accéder à des diplômes qui sont la meilleure garantie pour l’emploi. La recherche publique des organismes nationaux et des universités contribue aux avancées de la connaissance et c’est elle qui relèvera les grands défis de l’avenir, comme par exemple les énergies nouvelles, la préservation de la biodiversité, la lutte contre le réchauffement climatique, la connaissance des mécanismes du vivant ou du fonctionnement de nos sociétés. Sans recherche publique, pas d’expertise indépendante ou de progrès sur les maladies jugées trop peu rentables par l’industrie pharmaceutique.

Depuis 10 ans, l’effort budgétaire pour l’enseignement supérieur et la recherche de la France s’est profondément dégradé au regard de celui de la plupart des autres pays développés. La politique d’austérité accentue cette dégradation. Dans les universités, le nombre d’étudiant-e-s augmente alors que les capacités d’accueil diminuent et que des filières et des services ferment. Le financement que consacre la France à sa recherche, publique et privée, stagne autour de 2,25 % du PIB, bien loin de l’engagement de 3% du PIB pris au niveau Européen. Dans le même temps, l’organisation de l’ESR a été fortement modifiée et est actuellement bâtie sur une précarité massive à tous les niveaux, incompatible avec un investissement nécessaire sur le long terme. Les laboratoires fonctionnent avec 30 à 60% de personnes en CDD, souvent en fin de contrat, il en est de même pour la plupart des services universitaires. C’est toute une génération de jeunes diplômés, désirant s’investir dans une activité cruciale pour le futur de notre pays, qui se retrouve sacrifiée ou se détourne des carrières scientifiques.

Or une autre politique est possible à condition de faire d’autres choix. Les gouvernements successifs depuis 2007 ont augmenté de façon considérable le Crédit d’Impôt Recherche, (CIR), qui avoisine actuellement les 6 milliards d’euros par an. Cette niche fiscale couteuse, dans laquelle aucun autre pays n’a autant investi, est principalement perçue par les grands groupes qui n’ont pas pour autant augmenté de façon significative leurs recrutements et investissements en recherche et développement. Ainsi en 2012, 23 grands groupes ont bénéficié du quart du CIR (1,48 milliards d’euros). L’efficacité du CIR a été critiquée par plusieurs rapports officiels. Ce dispositif doit faire l’objet d’une remise à plat et être assorti de la contrainte de créer des emplois scientifiques. Les recettes fiscales liées à cette réforme du CIR doivent servir au financement des emplois et des structures dans la recherche publique et l’enseignement supérieur.

Le vote du budget 2016 sera une étape cruciale pour éviter une plus grande catastrophe. Il est urgent de peser sur les choix du gouvernement.

Appel

Aujourd’hui le service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est au bord de l’asphyxie, gangréné par la précarité des emplois. Il est prié de faire appel aux entreprises ou au mécénat – voire à la charité publique - pour survivre, et la recherche privée stagne, voire régresse… Il est temps de changer radicalement de politique.

Les citoyen-ne-s soussigné-e-s lancent un appel solennel aux parlementaires :

- Pour un financement pérenne du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche : l’Etat doit allouer aux établissements les dotations budgétaires et les emplois nécessaires pour qu’ils puissent résorber la précarité et remplir leurs missions de recherche et de formation.
- Pour des politiques publiques plus efficaces et mieux ciblées en vue de développer la recherche et l’innovation dans le secteur privé. Les aides publiques doivent être conditionnées à des créations d’emplois effectives dans des activités de recherche. L’utilisation des financements publics doit, dans le privé comme dans le public, faire l’objet d’une évaluation, et pouvoir être débattue tant par les salariés des entreprises que par les citoyens et la représentation nationale.

Ils demandent dans l’immédiat que le budget 2016 du service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche soit en nette progression par rapport à celui de 2015. Ils demandent une remise à plat du Crédit Impôt Recherche. Une simple baisse annuelle de 5% à 10% du CIR pourrait permettre de financer 5000 postes de titulaires et de réallouer 300M€ de budgets récurrents à l’ESR.

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