Science en confiance : déontologie et intégrité scientifique

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Science en confiance : déontologie et intégrité scientifique

VRS n°428 - Science en confiance : déontologie et intégrité scientifique
Parution
04/2022
Numéro
428
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Par Hervé Christofol et Chantal Pacteau

Science en confiance : déontologie et intégrité scientifique

La crise sanitaire, avec l’accumulation de fausses informations, de rétractation d’articles scientifiques et de controverses brutales a montré que les valeurs de l’intégrité scientifique peuvent ne pas être toujours respectées, particulièrement en temps de crise. La science demeure néanmoins la première source fiable des français pour s’informer et comprendre le monde.

Si la communauté scientifique est sérieuse et intègre dans son ensemble, elle est très consciente des méconduites qui peuvent avoir lieu en son sein et des dommages produits dans l’avancement de ses connaissances et sur sa crédibilité. C’est
pourquoi, elle s’est dotée d’un certain nombre de normes, mais encore insuffisantes. Les exigences en matière d’intégrité scientifique devront être bien plus importantes à l’avenir. C’est ce chantier que nous abordons dans ce dossier de « Science en confiance ».

Pour que la confiance dans la science ne s’érode pas, les comportements déontologiques et éthiques ainsi que l’intégrité scientifique doivent être enseignés, partagés et médiatisés. C’est ce que Jacques Haiech et le secteur recherche du SNESUP-
FSU plaident en soutenant et promouvant la formation des chercheuses et des chercheurs. Les dispositifs que la  communauté scientifique a mis en place – comités d’éthique, référents déontologues et à l’intégrité scientifique dont Rémy
Mosseri explique les rôles et les fonctionnements – doivent être mieux connus. Mais, comme l’entretien avec Philippe
Cinquin le montre, leurs pouvoirs peuvent être trop limités. Ce constat devrait motiver l’évolution des dispositifs vers des pouvoirs de contrainte réels.

L’organisation de l’évaluation et du financement de la recherche peut pervertir l’intégrité scientifique, ainsi que le démontre la « tarification à l’acte bibliométrique » dans la recherche médicale française – dont Didier Raoult a su parfaitement tirer profit – décryptée ici par Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui. Mais pas que. Sans explicitation des conditions pratiques de l’activité scientifique, un manque de reconnaissance, une ambition contrariée, une carrière bloquée… peuvent conduire à des dérapages, rappelle Francis Chateauraynaud. Selon lui, avant de procéduraliser le lancement d’une alerte scientifique, il faut que tout le monde puisse parler de son activité, la confronter à celles des autres, en comprendre les tensions, les  contradictions, les problématiques. C’est exactement la position soutenue par Patrick Monfort dans le cas de l’expertise scientifique : elle doit s’appuyer sur des collectifs et non sur le « talent » de personnalités en vue.

En réponse aux propos de certain·es ministres, Eric Fassin rappelle qu’il n’est pas d’objet socio-politique qui ne puisse être étudié scientifiquement et que l’engagement est un moteur de la connaissance dans toutes les disciplines, y compris celles de la science dite « dure ».

La science a besoin de recherche sans frontières, de collectifs de travail, de confiance, de temps long, d’anticipation et d’investissements. A l’heure où l’innovation semble être la principale motivation de nos gouvernants pour soutenir la recherche scientifique, il est important de rappeler que celle-ci a d’autres motivations et ambitions que le développement économique qui concourt, tout autant si ce n’est plus, à l’atteinte des objectifs de développement durable de notre siècle et à l’habitabilité de notre planète.


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