5 novembre : dans la rue et en grève !
Loin de céder, le ministère n’entend pas nos revendications. Dans la rue et en grève le 5 novembre !
Les mobilisations de ces dernières semaines et les journées de grève des 6 et 13 octobre, auxquelles l’ensemble des syndicats de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont appelé, en soutien aux lycéen·nes et étudiant·es, mais également sur leurs propres revendications pour la défense du service public de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont rassemblé des centaines de milliers de manifestant·es. La détermination de ces mobilisations, de ces journées de grève et les manifestations des samedis 17, 24 et 31 octobre, démentent toute idée de décrue que le gouvernement tente d’afficher.
Nos organisations dénoncent avec force la répression violente qui a frappé les manifestant·es, les fermetures administratives abusives de campus, décidées sans cadre réglementaire clair, qui pénalisent les personnels comme les étudiant·es, et empêchent les rassemblements et les assemblées générales.
Face à la force du mouvement lycéen et étudiant, soutenu par les organisations syndicales, Emmanuel Macron, le gouvernement, le MEN et le MESR ont fini par comprendre que la répression n’étouffera pas la contestation et qu’ils doivent répondre autrement aux revendications. Mais le gouvernement se borne à présenter quelques mesures cosmétiques et techniques. Alors que les organisations syndicales et étudiantes demandent depuis des années l’abrogation de Parcoursup, le MEN et le MESR répondent par des ajustements techniques de “transparence” de l’outil. Pour nos organisations, c’est la logique même de la sélection et la loi ORE qu’il faut remettre en cause et il est nécessaire de créer des places pour garantir à toutes et tous un accès à l’enseignement supérieur public. Alors que nous réclamons 150 000 places supplémentaires dans l’ESR, le ministère propose timidement 10 000 places en BTS, 4 000 places en IUT et 1 000 en LAS.
Si le gouvernement fait mine de répondre aux revendications des étudiant·es et des lycéen·nes, c’est le silence total face aux revendications des personnels alors que la concurrence dans la recherche, la charge de travail, le manque de personnel, la précarité des statuts, l’absence de perspectives pour les doctorant·es et post doctorant·es dégradent les conditions de travail des personnels de l’ESR. Pour garantir un service public de l’ESR, il faut répondre aux besoins de ses personnels :
• la revalorisation du point d’indice et des rémunérations et l’indexation sur l’inflation ;
• un budget qui permette de financer les 150 000 places qui manquent pour accueillir les bacheliers·ères dans la filière de leur choix, la création de 15 000 postes de titulaires qui permettraient de pouvoir remplir les missions d’enseignement et de recherche dans de meilleures conditions, un plan pluriannuel de recrutement d’agent·es titulaires et la titularisation des agent·es contractuel·les ;
• 8 milliards pour la recherche publique et des budgets pérennes pour en finir avec la logique de financement de la recherche par appels à projets et via l’ANR qui fragilise le service public et épuise ses agent·es.
Nos organisations appellent les personnels de l’ESR à amplifier la mobilisation de ces dernières semaines en s’engageant massivement dans la grève et les manifestations le 5 novembre. Elles appellent à discuter dans les services et les établissements des suites à donner à cette journée. Nos organisations ont déposé des préavis de grève pour les prochaines semaines. Nos organisations se retrouveront le 5 novembre au soir pour discuter des suites à donner à la mobilisation pour gagner sur nos revendications.
Communiqué de la FSU du 28 octobre
Abroger Parcoursup, en finir avec la sélection et financer l’en-seignement supérieur public, c’est possible ! Et dès à présent !
La force du mouvement lycéen et étudiant, soutenu par les organisations syndicales, a contraint Emmanuel Macron et le gouvernement à reconnaître qu’il fallait faire évoluer Parcoursup.
Mais les aménagements annoncés pour 2027 sont complètement à côté des enjeux et ne répondent pas aux revendications. Quant à la « refonte » pour 2028, elle n’engage pas le gouvernement. Pour la FSU, abroger Parcoursup, et renouer avec l’ambition d’un système éducatif émancipateur pour toutes et tous qui ouvre réellement les portes de l’enseignement supérieur et l’accès aux qualifications, c’est possible et nécessaire !
Parcoursup est avant tout un outil de sélection introduit par la Loi ORE en 2018, conséquence du refus d’augmenter le nombre de places à l’université à la hauteur des besoins. Il est le symbole d’une politique malthusienne qui trie et classe les bacheliers pour écarter une partie de la jeunesse, généralement issue des milieux populaires, de l’accès aux études.
Les conséquences en sont largement connues et dénoncées tant par les organisations syndicales que par la mobilisation des lycéen·nes et étudiant·es.
Pour en finir avec la sélection, il faut financer en urgence 150 000 places dans l’enseignement supérieur public. L’augmentation de 15 000 places dont 10 000 en BTS est loin du compte pour garantir le droit de tou·tes les bachelier·es à poursuivre les études supérieures de leur choix. Pour cela, il manque 1,5 milliard d’euros au projet de budget pour l’enseignement supérieur dans le PLF 2027. Cela représente 0,9 % des 166 milliards d’aides aux grandes entreprises que Bercy reconnaît avoir versés en 2024.
Il faut remplacer la logique de sélection par une procédure d’affectation dans l’enseignement supérieur public qui permette la hiérarchisation des voeux a priori par les bachelier·es, et le traitement à égalité des candidat·es. Le baccalauréat doit rester le premier grade universitaire ouvrant la liberté d’inscription à l’université.
Contrairement à ce que prétend le gouvernement, l’abrogation de Parcoursup est possible et finançable. C’est une urgence sociale, éducative et démocratique ! Le gouvernement ne peut ignorer cette revendication portée par des centaines de milliers de lycéennes, étudiant.es, personnels de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, parents, citoyen·nes depuis des semaines.
Des mesures immédiates doivent être prises au budget 2027 pour l’accès de toutes et tous les bachelier.es à la filière de leur choix et l’amélioration des conditions d’étude.
La FSU sera donc présente dans les manifestations du samedi 31 octobre aux côtés de la jeunesse et de la population, pour les salaires et les services publics.
La FSU appelle les personnels à amplifier la mobilisation en s’engageant massivement dans la grève et les manifestations unitaires le 5 novembre et à discuter sur les lieux de travail des suites de cette journée. Elle a déposé un préavis de grève pour l’ensemble du mois de novembre et proposera à ses partenaires syndicaux d’amplifier la mobilisation. Une brèche s’est ouverte, élevons le rapport de force !




