29 septembre : manifestations et grèves pour nos salaires
54 milliards de raisons de faire grève le 29 septembre
Les projets de budget 2027 s’annoncent encore plus catastrophiques qu’envisagé. Pendant des semaines, Sébastien Lecornu et ses ministres ont alimenté le petit jeu des ballons d’essais budgétaires pour tester les réactions de l’opinion publique à différentes mesures d’économies. Une façon de préparer le terrain à un budget d’austérité, et une stratégie sans nul doute teintée d’arrière-pensées politiciennes pour passer le cap du vote des budgets de l’État et de la Sécurité Sociale.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, évoquait 30 milliards d’économies. Le premier ministre a confirmé que la potion serait encore plus amère : les projets de budgets 2027 visent un objectif de 54 milliards d’économies ! Encore une fois, le pouvoir macroniste fait le choix de compresser les dépenses publiques et sociales plutôt que d’augmenter les recettes. Selon le premier ministre le « budget de l’Etat sera gelé en valeur l’an prochain » mais la Défense devrait tirer son épingle du jeu et son budget augmenter encore, vers un quasi doublement en 10 ans. Les grand·es perdant·es de ces projets de budgets : les agent·es, les retraité·es, les personnes malades ou accidenté·es, les collectivités territoriales et de manière générale les services publics, et donc l’ensemble de la population, puisque les services publics sont des leviers de redistribution et de cohésion sociale. Parce qu’elles sont majoritaires dans la fonction publique et qu’elles sont les premières usagères des services publics, les femmes seront encore plus durement impactées.
Dans la lignée du dogme de la politique de l’offre, un échec pourtant avéré, les grandes entreprises recevraient des cadeaux fiscaux supplémentaires. Chaque année, plusieurs centaines de milliards d’euros échappent aux budgets de l’État et de la Sécurité sociale. La FSU dénonce l’entêtement du gouvernement à refuser de mettre à contribution de manière significative les plus riches et ainsi d’utiliser l’impôt comme outil de la redistribution et de justice fiscale, sociale et écologique, alors que le taux de pauvreté est le plus élevé de ces 15 dernières années, que le dérèglement climatique fait des ravages, et que la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants comme pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes nécessiterait des moyens massifs à tous les niveaux. La sécession fiscale des ultra riches ne peut qu’aggraver les fractures de la société et nourrir la colère sociale.
La FSU dénonce avec force le nouveau gel de la valeur du point d’indice des fonctionnaires avec lesquel·les Emmanuel Macron a manifestement un problème : aucune augmentation du point d’indice pendant son premier quinquennat, un maigre dégel en 2022 et 2023 imposé par le choc de la crise inflationniste de la guerre en Ukraine et puis plus rien. Il est le responsable de la paupérisation grandissante de ces femmes et de ces hommes qui tiennent pourtant des services publics exsangues à bout de bras. Ces derniers mois ont confirmé qu’en temps de crise, comme les récentes canicules, elles et ils incarnent concrètement l’intérêt général. L’ensemble des personnels du service public de santé, de l’éducation, du travail, de la territoriale et de la sécurité civile sont au service de la population. Le gouvernement continue sa stratégie cynique qui consiste à multiplier les remerciements aux agent·es de la fonction publique, escomptant ainsi la poursuite de leur engagement, sans jamais faire un geste pour leurs rémunérations et leurs conditions de travail. Cette nouvelle provocation ne peut donc rester sans réponse. De plus, elle s’ajoute aux 6 milliards d’économies envisagées sur le dos des retraité·es, diminuant d’autant leur pouvoir d’achat. Une coupe claire qui serait une profonde remise en cause du contrat social sur les pensions qui ne doivent pas perdre de valeur au cours du temps.
La FSU appelle les agent·es à se mettre massivement en grève à l’appel de toutes les organisations syndicales de la Fonction publique le 29 septembre. D’autres choix budgétaires et fiscaux sont possibles. Nos revendications salariales sont finançables : la seule taxe Zucman pourrait par exemple rapporter 20 milliards d’euros ce qui permettrait d’augmenter la valeur du point d’indice de 10 %.
Une grève massive à quelques jours du début du débat budgétaire enverra un signal fort au gouvernement et permettra d’envisager d’ancrer la mobilisation dans la durée.
Pour gagner l’augmentation de nos salaires, toutes et tous en grève et en manifestations le 29 septembre !
Convoqué hier matin par le ministre de l’Action et des Comptes publics, à la suite du courrier qui lui avait été adressé par l’ensemble des organisations syndicales de la Fonction publique, le rendez-vous salarial n’a débouché sur aucune mesure générale de revalorisation des rémunérations. La déclaration intersyndicale unitaire rappelait les revendications des OS, en particulier la nécessité de mesures d’urgence incluant le dégel de la valeur du point d’indice et l’ouverture de véritables négociations salariales.
Face à l’absence de mesures immédiates et de toute mesure générale pour répondre à la paupérisation de l’ensemble des agent·es, la totalité des organisations syndicales a quitté la réunion.
Les quelques mesures annoncées se limitent à des dispositifs très ciblés qui ne concerneraient qu’un nombre infime d’agent·es en 2027, à la condition que le projet de loi de finances soit voté. Elles renvoient par ailleurs les éventuelles améliorations à un chantier de long terme sur les grilles de rémunération des catégories B et C, dont l’issue et l’application seraient plus qu’incertaines dans le contexte politique de fin de mandat.
Pour la FSU, ce rendez-vous salarial confirme que le gouvernement refuse d’apporter la moindre réponse à l’urgence salariale, préférant poursuivre sa politique de l’offre au service des plus riches et des grandes entreprises.
À l’opposé, c’est un changement de politique salariale radical à l’égard de l’ensemble des agent·es de la Fonction publique, qui tiennent les services publics à bout de bras, qui doit être engagé.
C’est pourquoi la FSU confirme son appel à la mobilisation par la grève et les manifestations le 29 septembre.
La déclaration liminaire sur le site de la FSU : https://fsu.fr/rendez-vous-salarial-du-8-juillet-declaration-liminaire-de-la-fsu/
La réponse du gouvernement n’est pas à la hauteur de l’urgence salariale
Mardi 29 septembre : mobilisons-nous pour imposer d’autres choix !
Les organisations syndicales de la Fonction publique, CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP, prennent acte des annonces du gouvernement lors du rendez-vous salarial du 8 juillet.
Ces propositions gouvernementales restent très en-deçà des attentes des agents publics et des revendications de l’intersyndicale Fonction publique. Elles sont ciblées sur un très petit nombre d’agent·es, et ne répondent ni à l’urgence salariale, ni au tassement des grilles, ni à la bascule sous le SMIC du traitement de 862 000 agents publics, ni à la crise d’attractivité que traverse la Fonction publique. De plus, elles concernent principalement la Fonction publique d’État et les agent·es publics de la fonction publique territoriale et hospitalière sont scandaleusement renvoyés aux négociations avec leurs employeurs !
La réponse du gouvernement n’est pas à la hauteur et ne peut suffire. Les annonces de nouvelles coupes budgétaires inacceptables ne peuvent servir de prétexte à différer encore les mesures salariales attendues par les agentes et les agents publics. Les organisations syndicales ont souligné que par une autre utilisation des richesses produites, il est possible de financer une autre politique salariale.
Sans rejeter pour autant les mesures proposées par le ministre, les organisations syndicales ont toutes quitté le rendez-vous salarial devant l’absence de mesure salariale générale et immédiate.
Elles réaffirment leurs revendications communes :
- des mesures salariales générales et notamment une revalorisation significative de la valeur du point d’indice ;
- l’indexation de la valeur du point d’indice sur l’inflation ;
- des mesures de revalorisation et la refonte des grilles indiciaires permettant, dans chaque catégorie, une véritable progression de carrière et la sortie des débuts de carrière du niveau du Smic de même que la revalorisation des métiers à prédominance féminine ;
- le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat ;
- le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agent⋅es qui sont en congé maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence ;
- l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes ;
- des garanties sur la mise en oeuvre effective de la directive européenne sur la transparence salariale, accompagnée de moyens concrets pour des politiques d’égalité.
Dans ce contexte, les organisations syndicales de la Fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP appellent l’ensemble des agents et agents publics à se mobiliser par la grève et les manifestations le 29 septembre prochain.




