Déclaration du SNCS-FSU au conseil d’administration du CNRS du 13 mars 2026

SNCS-FSU31 mars 2026
Déclaration du SNCS-FSU sur le projet de budget rectificatif 2026 au conseil d’administration du CNRS du 13 mars 2026

Le budget rectificatif du CNRS présenté ce jour au conseil d’administration du CNRS reprend le budget initial 2026 adopté en décembre dernier avec une économie de 20 millions d’euros imposée par le cabinet du Premier ministre. Ces 20 millions d’euros d’économies sont imputés au fonctionnement, équipement et investissement : 13,5 millions d’euros sont pris aux laboratoires, soit une baisse de 5% du financement du CNRS aux laboratoires, et 6,5 millions d’euros sont économisés sur des investissements en immobilier.

Ce budget rectificatif du CNRS aggrave donc le budget initial 2026 qui était déjà inacceptable. La subvention pour charges de service public du CNRS de 2 milliards et 939 millions d’euros en 2026, reste en baisse de près de 100 millions d’euros par rapport au budget initial 2025. Ce décrochage substantiel de la subvention d’état du CNRS est le résultat d’une ponction de 100 millions d’euros votée par les parlementaires en février 2025, ponction qui est renouvelée dans le budget 2026 examiné ce jour. En ajoutant l’absence de compensation des augmentations imposées de la masse salariale, le budget du CNRS présentait déjà en 2025 un déficit structurel de près de 200 millions d’euros avec une ponction 194 millions d’euros. Le budget 2026 du CNRS aggrave encore la situation avec de nouvelles dépenses non compensées, dont une nouvelle augmentation de 4% du compte d’affectation spéciale concernant les pensions (CAS pensions). Ainsi, le CNRS voit son déficit structurel monter à 256 millions d’euros et, après les économies imposées de 20 millions d’euros, se voit contraint de prélever 219 millions en 2026 sur son fonds de roulement. Ce budget du CNRS porte la masse salariale sur subvention d’Etat à 91% de cette subvention, ce qui rend impossible toute mesure d’économie sans atteindre les activités de recherche du CNRS. Ainsi, le CNRS est contraint de réduire son financement aux laboratoires de recherche et de reporter des investissements immobiliers pour effectuer 20 millions d’euros d’économies. Et ces mesures d’économie ne changeront pas la situation très préoccupante de la trésorerie non fléchée du CNRS qui devrait être quasi nulle fin 2026. Et les annonces du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’une compensation partielle de 37 millions d’euros du CAS pension et de la protection sociale complémentaire (PSC) n’y changeront rien, la situation pour 2027 sera intenable. Le SNCS-FSU est extrêmement préoccupé par cette diminution toujours croissante du fonds de roulement du CNRS.

Le SNCS-FSU dénonce avec la plus grande fermeté ce budget dangereusement déficitaire, catastrophique pour le CNRS et la recherche publique en France.

Ce budget 2026 marque un tournant majeur avec une nouvelle étape dramatique dans les reniements des gouvernements successifs de ces vingt dernières années envers la recherche publique.

Rappelons que l’État n’a jamais respecté l’engagement européen qu’il avait pris d’investir, dès 2010, 3 % du produit intérieur brut (PIB) pour la recherche et développement (R&D), dont 1 % du PIB pour la recherche publique. Il a été insincère avec la Loi de programmation de la recherche de 2020 (LPR) qui, plutôt que de permettre de rattraper le retard en matière de financements de la recherche publique et d’atteindre 1% du PIB pour la recherche publique, a ramené son budget à un niveau historiquement bas depuis 1980, à savoir 0,74 % du PIB en 2023 ; un pourcentage qui sera encore plus faible cette année. Avec les lois de finance 2025 et 2026, l’État n’a même pas respecté la programmation budgétaire déjà très insuffisante de la LPR.

Mais les budgets 2026 de la recherche publique et du CNRS vont encore bien au-delà dans le reniement de la parole de l’État : la quasi-totalité de la programmation budgétaire de la LPR est annulée en 2026, avec pour conséquence l’abandon complet des revalorisations des rémunérations prévues en 2026 dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR). L’État ne respecte donc pas l’accord sur les rémunérations et les carrières dans l’ESR qu’il a signé en 2020. Nonobstant sa volte-face sur la PSC, l’Etat ne compense pas les dépenses des établissements de l’ESR et du CNRS liées aux mesures générales qu’il a lui-même décidées pour toute la fonction publique. Et la réduction imposée des dotations des unités du CNRS dans ce budget 2026, non seulement annihile une partie de la LPR, mais est aussi en totale contradiction avec les déclarations du ministre de l’ESR en faveur de la réduction du recours généralisé aux appels à projet (AAP). Cette rupture des engagements et de la parole de l’État, inscrite dans les budgets 2026 de la recherche et du CNRS, marque une nouvelle étape particulièrement inacceptable reflétant le mépris du gouvernement envers la recherche publique. Ce non-respect de la signature de l’Etat compromet gravement le dialogue social dans la recherche publique. Le SNCS-FSU dénonce avec la plus grande fermeté ces renoncements du gouvernement qui impactent directement le fonctionnement des unités du CNRS et les rémunérations des agentes et agents du CNRS, pérennisant ainsi leur sous-valorisation et leur déclassement.

Alors qu’une accélération de la programmation budgétaire de la LPR est indispensable, c’est le contraire qui est programmé par le gouvernement pour la deuxième année consécutive. Ce budget devrait encore participer à l’érosion de l’emploi scientifique pérenne sur subvention d’État et donc à la chute d’attractivité du CNRS et à l’affaiblissement de notre établissement. La revoyure de la loi de programmation de la recherche, qui devait avoir lieu en 2025 d’après la loi de finance 2025, aurait pu être l’occasion pour la France de planifier enfin le respect de ses engagements, et de programmer les augmentations de budget nécessaires pour revenir au niveau des autres grands pays scientifiques. Le SNCS-FSU demande une autre programmation budgétaire pour le CNRS et pour la recherche publique en France, permettant d’atteindre dans trois ans le taux d’effort de 1% du PIB pour la recherche publique, et au-delà en 2030.

Les élu-es SNCS-FSU voteront contre ce budget rectificatif pour 2026 du CNRS.



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