Thème 1 – Conditions de travail – texte approuvé

mmSNCS-FSU18 décembre 2020
Conditions de travail : pressions et charge, temps de travail, travail à distance, discriminations FH, raciales, en intégrant titulaires et précaires. Texte approuvé au 47e Congrès du SNCS-FSU le 11 décembre 2020.

Conditions de travail : pressions et charge, temps de travail, travail à distance, discriminations FH, raciales, en intégrant titulaires et précaires

Texte approuvé au 47e Congrès du SNCS-FSU le 11 décembre 2020 par 61 voix pour, 3 abstentions, 1 refus de vote.

30 syndiqué-es du SNCS-FSU ont contribué à ce travail pré-Congrés. Pour les rejoindre: sncs.ouvaton.org/wws/subscribe/temps-du-travail

 

« Restaurer notre pleine liberté académique, une vraie autonomie et la responsabilité pour agir en personne plutôt qu’en rouage d’une machine infernale.  Remettre au centre les valeurs de qualité, humanité et solidarité. »

 

« Réaliser que l’injonction à passer par des appels à projet participe d’un mouvement de fond. D’opportunités ponctuelles et anecdotiques pour des champs spécifiques de recherche, l’ANR en a fait un « ordinaire » du travail de recherche. La LPR les a rendus quasi-obligatoires, nous emmenant vers un système où les statutaires seraient des monteurs de projets, et feraient travailler des personnels précaires. »

 

Le texte issu du Congrès 2017 sncs.fr/2017/10/27/theme-1-travail-dans-la-recherche/ avait été coécrit par le groupe de préparation en partant de situations de travail. Il doit continuer à servir de référence aux revendications du SNCS-FSU et au travail de ses représentant·es ou élu·es dans les instances de nos établissements.

Pour le Congrès 2020, le groupe de préparation est parti de la question du temps de travail, l’urgence généralisée, le sentiment de ne jamais avoir le temps, d’être sous pression permanente, avec ses effets la santé des agent-es et sur la qualité du travail. En croisant avec l’amendement de 2017 qui demandait : « Il faut trouver de nouveaux critères qui prennent en compte le travail invisible », l’idée a émergé de partir de récits de journées de travail et de témoignages à mettre en discussion pour tirer le fil, analyser, construire des revendications et des moyens d’action.

Les six réunions ont permis de dégager plusieurs questions parmi lesquelles :

  • Les appels à projet et l’ANR : pourquoi continuer à soumettre des projets alors que cela prend de temps, temps perdu ? N’est-ce pas un système pourvoyeur de situations précaires ?
  • Les temps du travail des femmes dans la recherche, comment mieux prendre en compte dans les critères d’évaluation ce travail pourtant souvent essentiel dans les collectifs de travail ? Que faire face à la vacuité des plans d’actions « parité » dans nos établissements ?
  • Comment éviter que des questions d’ordre scientifique ou organisationnel ne se traduisent en situations individuelles prises en charge par les services de « ressources humaines » ?
  • Qui lit les CRAC ? les rapports de projets ANR ? les rapports d’activités ? les … publications ?
  • Le déplacement et la perte de savoir-faire face aux multiples réorganisations, contrats de recherche précaires, externalisation de services, et le temps passé à retrouver une situation de travail correcte à chaque fois
  • La multiplication des cadres structurels avec les multiples réformes qui ont créé de la complexité administrative.
  • Travail avec les doctorant·es ; travail des encadrants et des responsables d’équipes, de services, travail des directions d’unité.
  • La multiplication des compétences demandées : comptabilité, secrétariat, informatique, psychologue.
  • Comment on finit par prendre sur ses deniers personnels pour contourner toute cette complexité administrative.
Les notes issues des discussions pré-Congrès constituent une base de travail déjà volumineuse, dont l’espace de travail « pad » ne reflète qu’une petite partie.
Le SNCS-FSU poursuivra le travail pré-Congrès engagé dans le thème 1 : il sollicitera et publiera des témoignages pour rendre le travail réel visible. Le travail d’analyse, notamment avec l’aide des chercheurs et chercheuses du domaine des sciences du travail membres du SNCS-FSU, sera poursuivi au travers d’une liste d’échanges électroniques, et de l’organisation de journées d’études et de formation croisant expériences de travail et connaissances théoriques. Ce travail pourrait conduire à une contribution syndicale collective, par exemple un ouvrage, dans l’esprit du travail du groupe femmes du SNCS en 1980 qui avait abouti au livre « La recherche des femmes » [sncs.fr/2014/07/08/la-recherche-des-femmes/]. Ce travail sera fait en lien avec les représentant·es et élu·es SNCS-FSU dans différentes instances, dont notamment les CHSCT et les instances d’évaluation.

 

Élaboration

Nous faisons le constat que les conditions de travail sont pour nombre d’entre nous devenues désagréables et pénibles au point d’éroder le sens, la valeur et le goût du métier ; et finalement, notre motivation.
  • L’ergonomie du travail est dégradée par une avalanche de règlements, et un emploi du temps encombré de procédures aberrantes, inutiles ou excessivement chronophages.  En particulier, les priorités sont inversées quand il s’agit essentiellement de nourrir le moteur de la machine administrative, et/ou d’effectuer des tâches qui ne relèvent pas de la fonction.
  • Les évaluations se répètent à tous les niveaux au prétexte d’une « excellence » qui n’est que le masque des relations de domination.
  • L’urgence permanente imposée par les procédures et la pénurie de moyens gênent le travail ; elles imposent un rythme contraire aux valeurs du métier ; elles génèrent un stress et un sentiment d’insatisfaction épuisant et usant à la longue. 
  • Les émotions négatives (peur de mal se positionner, de ne pas avoir le comportement attendu, de faire des vagues, peur du déclassement) produisent un mal être et induisent un repli à tous les niveaux hiérarchiques (recours au parapluie, règlements et procédures et instances de contrôle).
  • Les relations professionnelles sont fragilisées par la superposition des structures, la multiplication des lieux de pouvoir, la complexité des procédures, le décalage entre les circuits de circulations des informations, les étapes de consultation, et les circuits de décision, la dilution des responsabilités (personne ne porte la responsabilité du mal qui est fait, des abus de pouvoir). Ce cadre et son fonctionnement produisent et masquent à la fois les abus de pouvoir.
Bien sûr, il faut avant tout continuer à accueillir et défendre les personnes en difficulté.  Cependant, l’approche individuelle a ses limites : c’est un travail sans fin. De plus, nous faisons le constat que l’évolution est inquiétante. Il est temps de remettre de l’ordre dans les objectifs et les valeurs, il est temps de chasser la peur et d’éliminer les stress inutiles.
Nous voulons analyser, objectiver et quantifier ces maux qui entachent notre travail.
Il s’agira de distinguer ce qui résulte du contexte.  Il s’agira de distinguer les difficultés spécifiques des différents métiers, et de ce qui résulte de leurs interactions.
 
Pour être crédibles et audibles, il nous faudra éclairer les enjeux pour construire et présenter des arguments solides afin de justifier la nécessité de faire évoluer les choses. De là, nous pourrons construire des propositions concrètes et efficaces ; puis, les traduire en revendications visant à réduire les nuisances et à redévelopper des solidarités.
Un nouveau système d’injonction professionnelle a été plaqué sur la recherche de base, sur la recherche fondamentale et la recherche expérimentale. L’injonction au montage de projet domine sur les tâches de recherche, Celà devient la mission première des délégués régionaux, la priorité des recrutements CNRS, la pression à présenter des ERC: carrieres.cnrs.fr/fr/travailler-au-cnrs
 
Ensuite, nous communiquerons et ferons reconnaître les causes et les responsabilités de la souffrance, et présenterons notre plateforme de revendications pour restaurer les conditions d’un travail collectif et sauvegarder notre liberté commune.
 
Très probablement, il ne suffira pas d’analyser, d’expliquer et de revendiquer pour obtenir une évolution favorable. Le vote de la LPR a montré que ni la mobilisation de la majorité de la communauté scientifique sur la durée, ni une expression forte et claire, n’ont été suffisantes pour infléchir les volontés de la minorité qui a accaparé le pouvoir. Il manquait un consensus au sein de la communauté sur les actions à mener ; ainsi qu’un rapport de force pour peser.  
  
L’action syndicale présente l’avantage de coordonner l’action au niveau national dans la durée pour lutter contre la politique de division.  Il s’agit d’analyser, donner des mots, identifier des leviers, et d’imaginer des actions qui ne mettent pas en compétition les universités les unes contre les autres, les instituts les uns contre les autres, les laboratoires les uns contre les autres, les personnels les uns contre les autres ; mais qu’au contraire une action locale puisse être portée largement par la communauté locale ou nationale, qu’une action dans un institut puisse être supportée par les personnels de tous les instituts, que les actions au niveau du ministère soient soutenues globalement par la communauté nationale. Il existe des freins qu’il convient de lever, nous devons être capables de développer une stratégie et la mettre en œuvre pour vaincre l’inertie et forcer l’évolution dans une direction favorable aux personnels. Pour cela, nous proposons la constitution de ce groupe d’action et demandons mandat aux délégués du SNCS-FSU réunis en Congrès pour le faire.
Il n’est pas bon que notre cadre de travail et que les conditions d’exercice de nos missions soient source de malaise et de souffrance.  Gardons courage et confiance.  Agissons pour remettre du sens et rendons de la consistance à nos métiers. 


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