Solidarité avec la lutte de libération du peuple Egyptien pour la démocratie et la liberté intellectuelle ! Ici aussi la recherche est concernée

mardi 8 février 2011
par  Denis Départements

Solidarité avec le peuple égyptien, liberté pour les peuples et pour les idées. La démocratie passe aussi par un vrai service public de recherche et d’enseignement supérieur, bénéficiant d’une réelle indépendance intellectuelle et liberté d’expression

La confédération internationale des syndicats et l internationale de l’éducation appellent a une journée de manifestation de solidarité avec le peuple égyptien, le 8 février 2011.

http://www.ituc-csi.org/mobilisation-mondiale-des.html

« Notre soutien aux syndicats indépendants en Égypte et aux autres forces pour la démocratie est inébranlable et nous sommes déterminés à ce que les auteurs des assassinats, des agressions et de l’intimidation de personnes innocentes ne bénéficient d’aucune impunité » a affirmé la secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow. »

A Paris, un rassemblement a eu lieu devant l’ambassade d’Egypte 56 avenue d’Iéna, Mardi 8 février à 17H30

Le respect du droit de se syndiquer, de manifester et de s’exprimer est une des conditions de la démocratie, et le SNCS, syndicat de chercheurs scientifiques, est solidaire de tous ceux qui luttent pour se libérer et libérer la vérité de l’arbitraire et des intérêts de castes sous toutes leurs formes.

Le récent texte de Création du Comité Constituant de la Fédération Indépendante des Syndicats d’Egypte (voir ci-dessous (****)) illustre bien l’universalité de cette aspiration au droit à s’organiser librement en dehors de pressions, des faux semblants et des propagandes.

C’est la même exigence de liberté et de démocratie qui inspire les manifestations en Egypte et l’ exigence d un véritable service public de recherche et d enseignement supérieur. La liberté intellectuelle a besoin de la liberté d expression et d’information. Il est caractéristique de voir simultanément la répression des manifestants pacifistes et les pressions exercées sur la libre expression de chercheurs du CNRS concernant l’analyse de la situation en Egypte, peut être liées à la confusion entretenue par le manque d’indépendance des moyens. Ceci s’inscrit en France dans un ensemble qui vise à appliquer des baillons sous forme de « devoir de réserves » à ceux qui ont pour mission de faire émerger et de diffuser la vérité - chercheurs, enseignants du service public (*). Simultanément, mais c’est caractéristique de ces régressions historiques qui nous ramènent à la prise de la bastille (**), des ministres qui cherchent à imposer ces restrictions de liberté aux serviteurs de la république considèrent au contraire qu’en ce qui les concerne leurs actes perdent leur valeur symbolique quand il partent en vacances avec leurs amis millionnaires.

Solidarité avec le peuple égyptien, liberté pour les peuples et pour les idées. La démocratie passe aussi par un vrai service public de recherche et d’enseignement supérieur, bénéficiant d’une réelle indépendance intellectuelle et liberté d’expression, comme cela est reconnu par l’UNESCO (***) depuis les années 1990. Alors que le budget des EPST est laminé en 2011, il faut rappeler que cette liberté reste virtuelle, ou même pire comme on le voit dans l’exemple ci dessus, sans l’existence de moyens propres suffisants qui mettent la recherche et l’expertise à l’abri des pressions et des politiques arbitraires.

Voir le communiqué de presse du SNCS concernant la liberté d’expression et la liberté intellectuelle

(*)http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2011/02/periode-de-reserve-pour-profs-.html

http://www.sncs.fr/article.php3?id_article=1883&id_rubrique=1490

(**) La logique anti terrorisme risque de confiner aussi à des pratiques type "lettre de cachet" : un collègue est ainsi enfermé depuis plus d’un an à Fresnes. Le risque de dérive a déjà été dénoncé dans le cadre de l’internationale de l’éducation (résolution de congrès IE 2007, voir lien ci dessous (***) : "le nombre croissant des attaques contre les libertés académiques et civiles au nom de la soi-disant « guerre au terrorisme » qui restreint le débat libre et ouvert nécessaire pour
défier les extrémismes et terrorismes de toutes sortes"

(***)http://www.sncs.fr/article.php3?id_article=1020&id_rubrique=1610

(****) Création du Comité Constituant de la Fédération Indépendante des Syndicats d’Egypte

(extraits principaux de la déclaration)

Lesouvriers et employés égyptiens ont mené de longs combats et ont participé,particulièrement ces quatredernières années, à des mouvements de protestation récurrents - d’unemanièresans précédentdansl’histoireégyptiennemoderne - pour défendreleursdroitslégitimes.En dépitde l’absence d’unsyndicat indépendantorganisé- ce dont ils ont été privéspendantde longuesdécennies- ils ont été capables d’attirerde leur côté des secteurs sociaux les plus larges et de gagner une grande sympathie dans la société égyptienne et les mouvements ouvriers et les syndicats.
Les travailleurs se sont battus pour le droit au travail contre le démon de chômage - qui hante la jeunesse égyptienne - et ont réclamé un salaire minimum juste qui garantisseun niveau de vie convenable pour tous les salariés. Ils ont mené de grandes batailles pour leurs droits démocratiques à la libre association dans des syndicats indépendants.
Cette lutte menée par les travailleurs a ouvert la voie en Egypte à la révolution du peuple actuelle... Par conséquent, les ouvriers et employés égyptiens refusent que la “gouvernementale” Fédération générale des syndicats les représente et parle en leur nom. Cette fédération qui les privait de leurs droits et refusaient leurs revendications et qui a publié récemment une infâme déclaration, le 27 janvier, annonçant qu’elle fera tout son possible pour contenir tout mouvement de protestation des travailleurs au cours de ces journées.
C’est pourquoi, des syndicats et organisations indépendantes - le syndicat des employés des impôts fonciers, le syndicat des techniciens de la santé, celui des employés, l’association indépendante des enseignants, ainsi que plusieurs groupes indépendants d’ouvriers de l’industrie, représentants de différentes entreprises, constatant qu’il était impossible de rester les bras croisées, ont déclaré la fondation d’une Fédération des Syndicats Indépendants d’Égypte et la création d’un Comité Constituant en date d’aujourd’hui, le 30 janvier 2011, qui a pris les décisions suivantes :
Afin que soient obtenues les exigences de la Révolution du peuple et de la jeunesse égyptien proclamée le 25 janvier, nous soulignons ce qui suit :
1. Le droit au travail pour le peuple égyptien - qui est droit fondamental que l’État doit garantir et qui faute d’être respecté, doit ouvrir sur le droit à des prestations pour tous les chômeurs.
2. Un salaire minimum de 1200 livres égyptiennes [150 euros], avec des hausses de salaires indexées annuellement sur la hausse des prix, tout en accordant le droit pour tous les travailleurs à des primes et des indemnités appropriées à la nature des emplois et en particulier le droit à des compensations adéquates pour les dommages qui peuvent survenir en raison de l’environnement du travail et des risques.
Le salaire maximum ne doit pas dépasser dix fois le salaire minimum.
3. Tous les Egyptiens ont le droit à une protection sociale juste, y compris les droits à la santé, au logement et à l’éducation, « la garantie d’une éducation gratuite avec des programmes développés en fonction de l’évolution scientifique et technologique » et le droit des retraités à une pension décent avec la prise en compte de tous les bonus et primes.
4. Le droit pour tous les travailleurs, les employés et les salariés de s’associer dans des syndicats indépendants où ils décident eux-mêmes de leurs règles et qui soient l’expression de leur volonté et la suppression de toutes les restrictions légales à l’exercice de ce droit.
5. La libération de toutes les personnes détenues depuis le 25 janvier.

Le Comité Constituant de la Fédération des Syndicats Indépendants d’ Égypte appelle tous les travailleurs égyptiens à former des comités populaires dans les installations de proximité et les sites pour défendre les infrastructures, les travailleurs et les citoyens dans cette situation critique. Ces comités organiseront aussi la protestation et les grèves dans les lieux de travail.
Le Comité Constituant fait appel à tous les travailleur en Egypte à participer à ces mouvements afin d’obtenir la satisfaction des exigences du peuple égyptien, à l’exception des installations vitales d’importance stratégique en raison de la situation actuelle.

La Fédération des Syndicats Indépendants d’Égypte
Le “Comité Constituant”
Le 30 décembre 2010

extrait de la résolution du conseil de la CSI 4 fevrier 2011 :
EXHORTE EN OUTRE toutes les organisations affiliées et organisations solidaires à contribuer, par tous les moyens possibles, au développement de véritables syndicats indépendants en Égypte et à soutenir leurs actions pour promouvoir la démocratie, la justice sociale, l’égalité et le travail décent ;

manifestation ambassade d'Egypte Paris


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