Hommages à Henri-Edouard AUDIER

jeudi 13 octobre 2016
par  Administrateur

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Communiqué de presse SNCS du 10 octobre

Décès d’Henri Edouard Audier

C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que le SNCS-FSU fait part du décès d’Henri-Édouard Audier, membre du Bureau national, le 9 octobre 2016, des suites d’une longue maladie.

Infatigable penseur et défenseur de la recherche publique, Henri-Édouard Audier, chimiste de renom, directeur de recherche émérite au CNRS, a marqué par l’énergie de ses combats, la rigueur de ses analyses et propositions plus de quarante ans de politique scientifique en France et en Europe.

Le SNCS-FSU et toute la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche perdent un très grand chercheur et un très grand syndicaliste. Le SNCS-FSU exprime ses plus vives condoléances aux proches d’Henri-Édouard Audier. Il fera vivre sa mémoire.

Patrick Monfort
Secrétaire général du SNCS-FSU




Lettre du Président du CNRS

Paris, le 11 octobre 2016

Monsieur le Secrétaire Général,
Nous avons appris avec beaucoup de tristesse la disparition d’Henri-Edouard Audier, Directeur de Recherche au CNRS et dirigeant historique de SNCS-FSU.
Le CNRS et la communauté scientifique toute entière perdent un de ses chercheurs et de ses défenseurs les plus constants et les plus ardents.
Membre du bureau national du SNCS-FSU jusqu’à la fin de sa vie, membre fondateur et militant de « Sauvons La Recherche » en 2003, administrateur du CNRS pendant de longues années, Henri Audier a fustigé sans relâche les idées reçues sur le CNRS, sur la recherche publique et sur les atteintes au budget de la recherche. Henri Audier aura été un scientifique engagé jusqu’à la fin de sa vie. Porteur d’une vision moderne de la science, il restait ancré dans la réalité des laboratoires et des personnels. Sa voix, sa stature et ses convictions nous manqueront.
Je vous prie d’accepter, Monsieur le Secrétaire Général, mes condoléances personnelles jointes à celles du CNRS tout entier.
Très cordialement à vous,

Alain FUCHS
Président du CNRS




Discours de Jacques Fossey, secrétaire général du SNCS de 1997 à 2006, prononcé lors des obsèques d’Henri Edouard Audier

Henri Edouard Audier a été le militant exceptionnel du SNCS même si il n’a jamais voulu se mettre en avant en terme de responsabilité formelle. En clair il n’a jamais voulu être secrétaire général, ni élu au Comité national du CNRS. En fin de carrière, il a accepté d’être administrateur du CNRS, à la fois, comme élu et nommé et aussi membre du CSRT, le Conseil supérieur de la recherche et de la technologie, instance qui était chargée de donner des avis au gouvernement en matière de recherche et technologie. Aujourd’hui, ce rôle fait partie des missions du CNESER.

Je proposerai au SNCS de prendre une initiative exceptionnelle pour Henri sous une forme à discuter : journée et/ou VRS spéciale dédiée à Henri Edouard.

J’ai rencontré Henri pour la première fois, il y a exactement 50 ans, au cours de l’hiver 1966-1967, à l’Université d’Orsay.
Je suivais le DEA de chimie organique approfondie et Henri y donnait des séminaires de spectro de masse.
Nous étions une dizaine d’étudiants à suivre cet enseignement. Une partie d’entre eux s’est retrouvée plus tard dans son laboratoire à l’école polytechnique. Je me souviens d’un enseignant qui captait rapidement l’attention de son auditoire. Il paraissait très détendu, mais j’ai appris à le connaître par la suite et il n’était pas si détendu que cela. Il avait un comportement qui ne correspondait pas à l’attitude professorale distante de la plupart des enseignants de l’époque. Nous étions avant mai 1968.
Comme vient de le rappeler Alain Fuchs, président du CNRS, Henri a eu une brillante carrière scientifique qu’il a débutée en1962 à l’Institut de chimie des substances naturelles de Gif-sur-Yvette et terminée à l’Ecole polytechnique comme directeur du Laboratoire des mécanismes réactionnels, laboratoire où je l’ai rejoint en 1986.

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Discours de Jacques Fossey




Communiqué de presse du SNESUP-FSU

Le SNESUP-FSU a été profondément touché par la disparition de Henri Édouard Audier, notre collègue, notre ami, notre camarade. Henri Édouard Audier était directeur de recherche, un chimiste reconnu et un scientifique très engagé. Il a exercé à la fois dans des laboratoires propres au CNRS et sur les campus de Gif-sur-Yvette, de l’université Paris Sud et à Polytechnique. En même temps que cette activité scientifique, Henri Édouard Audier a été un syndicaliste engagé depuis quarante ans pour la défense de la recherche publique.

Membre du bureau national du SNCS-FSU, il a été l’un des fondateurs de « Sauvons la recherche ». Il fut l’un des meilleurs analystes des questions budgétaires de notre ministère. Il s’est battu pour l’emploi scientifique et le recrutement de jeunes chercheurs.

En 2015, malgré sa maladie, il s’était rendu au Sénat aux côtés du secrétaire général du SNCS-FSU pour dénoncer le crédit d’impôt recherche. La VRS, notre revue coéditée avec le SNCS, lui doit de nombreuses contributions. Le numéro 405 de cet été 2016, qui revenait sur dix années d’action collective pour un autre ESR, a publié un extrait de son analyse sur le rapport de la Cour des comptes de 2015 à propos du déclassement indemnitaire des chercheurs ainsi qu’un texte de 2007 intitulé « Petits meurtres en coulisses », décryptant les conséquences de l’« autonomie » des universités sur la recherche.

Le SNESUP-FSU s’associe aux camarades du SNCS-FSU pour déplorer la perte d’un grand syndicaliste et d’un grand homme et pour présenter toutes ses condoléances à sa famille et à ses proches.

La date et le lieu de la cérémonie seront communiqués prochainement sur le site du SNESUP-FSU.

Paris, le 11 octobre 2016




Message du SNTRS-CGT

Le décès d’Henri Audier frappe l’ensemble des personnes attachées à la défense de la recherche publique et de ses personnels. Membre du SNCS-FSU, Henri Audier a été l’un des principaux acteurs des nombreuses luttes menées tout au long de ces dernières décennies. Sa connaissance très précise de la situation de la recherche, tant au point de vue budgétaire que des difficultés concrètes des laboratoires et des équipes de recherche a toujours été partagée avec un souci permanent de pédagogie. Son blog frappait juste, avec humour et impertinence.
Henri Audier a toujours cherché à rassembler les forces syndicales et au-delà tous ceux qui s’organisaient ou voulaient s’organiser pour se battre pour la recherche et pour le CNRS. Il n’était pas sectaire, c’était une de ses forces.
Il a été l’un des initiateurs de la pétition de Sauvons la Recherche. Sa participation à l’ensemble des négociations, depuis le Pacte pour la Recherche en 1995 jusqu’à la loi ESR de 2013 a toujours été marquée par la volonté de rassembler à la fois sur la contestation des aspects rétrogrades de ces lois et sur des propositions novatrices.
Le SNTRS-CGT présente à sa famille et aux adhérents du SNCS-FSU ses condoléances.




Message du SGEN-CFDT

Bonjour à tou-te-s,
le Sgen-CFDT Recherche EPST s’associe à la peine provoquée par la disparition d’Henri. Au delà du chimiste reconnu, il était pour nous tous, comme le dit Patrick, un grand syndicaliste et un exemple de dévouement à la défense de la Recherche publique, une source intarissable d’analyses et de conseils toujours très pertinents.
Henri va nous manquer.
Nous présentons toutes nos condoléances à sa famille, ses amis, ses camarades, ses collègues...

Pour le Bureau national du Sgen-CFDT Recherche EPST.
Yannick Bourlès et Jean-Luc Carrier




Message de la CGT INRA

Le secrétariat national CGT-INRA, par mon intermédiaire, te charge de présenter nos condoléances à son entourage et donc à vous aussi du SNCS pour qui il a effectivement été un militant et un dirigeant valeureux que certains d’entre nous ont bien connu, apprécié, avec qui les discussions étaient rudes mais toujours passionnantes, et nous partageons avec vous l’idée qu’il a beaucoup fait pour la recherche publique, qu’il a défendue avec vous comme avec d’autres, avec vaillance et une très grande intelligence et des dossiers très sérieux, sa connaissance du milieu, sa parole insurgente, insolente, résolue, nous manquera à nous aussi… Nous puisions beaucoup dans son blog, en tout cas nous le lisions avec une grande attention.
Désolé avec vous de cette très triste nouvelle à l’orée de notre congrès
fraternellement

Gaston (Alain Pointillard)
pour la CGT-INRA




Message de la FMTS

J’apprends avec désolation la mort d’Henri-Édouard Audier. Nous nous connaissions depuis longtemps. Il est arrivé plus d’une fois que l’un de nous vienne consulter l’autre sur les problèmes de la place de la science dans la société et sur ce qu’on pouvait attendre du mouvement syndical à cet égard. Homme d’ouverture, tout à l’opposé des déclarations dogmatiques, il n’en était pas moins un militant totalement acquis à la nécessité d’agir pour vaincre les résistances là où elles se manifestaient.

Je vous prie de bien vouloir m’associer aux témoignages de sympathie qui vous parviendront.

André Jaeglé
Président émérite de la Fédération mondiale des travailleurs scientifiques (FMTS)
Ancien secrétaire national de l’Ugict-Cgt



Message du Conseiller éducation, enseignement supérieur et recherche de la Présidence de la République

J’apprends avec beaucoup de tristesse la disparition de Henri-Edouard Audier.
J’exprime toutes mes condoléances à la communauté de chercheurs, tout particulièrement à ses collègues du syndicat SNCS-PSU, ainsi qu’à sa famille et ses proches.

En sympathie,

Christophe Prochasson



Messages de responsables du SNESUP-FSU :

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris le décès d’Henri Audier.

En tant qu’animatrice de l’intersyndicale, j’ai pu apprécier l’engagement d’Henri pour défendre la recherche et l’enseignement supérieur. Il participait aux réunions intersyndicales représentant de SLR au début, puis du SNCS. Il nous apportait son analyse des budgets, des réformes proposées et défendait l’emploi scientifique, notamment l’accès à un emploi de titulaire des docteurs. Il n’hésitait pas à se lancer dans l’écriture des projets de textes.

La publication commune au SNESUP et au SNCS – la VRS- porte la trace de cet engagement dans de nombreux articles

En ces moments douloureux, je pense à sa femme et à sa famille.

Michelle Lauton
Membre de la CA du SNESUP-FSU
Ancienne Coordinatrice de l’intersyndicale


J’ai bien connu Henri-Edouard, sa disparition m’attriste. Outre sa grande connaissance de la recherche et des organismes au sein du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, il savait partager au sein de la FSU comme dans d’autres collectifs ou formes d’organisation, une forte culture du débat fondée sur un réel travail.
Je suis certain de la peine de tous les camarades du SNCS qui l’on cotoyé et qui l’ont lu.
Je vous prie de transmettre à ses proches ma profonde sympathie.

Jean Fabbri
Secrétaire général du SNESUP de 2005 à 2009


L’annonce du décès d’Henri m’a profondément affecté. J’appréciais sa rigueur, sa franchise, sa cohérence, sa capacité à résister.

J’ai fait la connaissance d’Henri avant de devenir secrétaire général du SNESUP. Je représentais le syndicat à l’intersyndicale de l’ESR au cœur du mouvement de 2007 et il était présent pour Sauvons La Recherche. Je me rappelle de l’aide précieuse qu’il fournissait dans la recherche constante d’unité. Nous échangions régulièrement sans faux semblant, sur les évolutions de l’ESR, sur les perspectives, sur les horizons des possibles, sur les actions à mener. Ces confrontations amicales et sans fard me manqueront. J’ai beaucoup appris à son contact. Je le revois debout, ne pouvant rester en place et se tenant le front comme pour mieux contenir le fond de sa pensée, et intervenant dans un amphi bondé.
La recherche publique perd l’un de ses plus ardents défenseurs. Un grand militant doté d’une capacité d’analyse fine et précise de l’enseignement supérieur et de la recherche, étayé par un travail de fond qui ne laissait pas de place à l’approximation.

Stéphane Tassel
Secrétaire général du SNESUP-FSU de 2015 à 2016


Ayant été pendant 20 ans rédacteur en chef du mensuel LE SNESUP, et pendant 7 ans co-rédacteur en chef de La VRS, j’ai eu la chance de rencontrer souvent Henri, d’avoir d’amicales rencontres avec lui ou bien des entretiens de travail, de relire des projets d’articles qu’il avait commencé d’écrire. Je suis bouleversé qu’il soit parti si soudainement.

Je me souviens de son grand talent d’orateur et de rédacteur. Je revois ses innombrables pages par lesquelles il savait rendre vivante et narrative une présentation du budget qui sous d’autres plumes aurait été fastidieuse voire impossible à lire. J’admirais sa capacité à mettre en scène et à faire vivre les chiffres avec un entrain communicatif, multipliant les métaphores avec une élégance et une bonhommie qui lui appartenaient. Nous savions pouvoir faire appel à lui sur maints sujets, certains par avance qu’il s’efforcerait d’écrire quelque chose, et qu’il nous offrirait des pages marquantes.

Je me souviens bien entendu de l’aventure des États Généraux de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur et de Sauvons La Recherche. Dans cette période, Henri s’est distingué par sa haute stature, son éloquence, ses idées d’initiatives, son audace et son imagination. Je me souviens de quelle façon il avait préparé par avance, sur une simple feuille, une grille de repères de la situation, des problématiques à partager et un slogan entrainant que l’on pouvait reprendre tant il les résumait. J’ajoute qu’il n’hésitait pas à prendre sur lui en prenant la parole pour remotiver les foules militantes parfois en proie à des interrogations voire à un découragement.

Je garde précieusement à l’esprit sa personne, son style et sa mémoire.

Gérard Lauton
SNESUP-FSU


A tous les camarades du SNCS,

Cher Patrick,

j’apprends avec beaucoup de tristesse le décès d’Henri.
Mes fonctions au SNESUP ( secrétariat recherche, secrétariat général) m’avaient permis de travailler avec Henri.
Ce fut toujours avec un grand plaisir, tant son expérience et son attachement à la défense du service public de l’ESR rendaient les discussions riches, les échanges faciles et les rédactions d’articles communs « tranquilles ».
Nous perdons un grand camarade.

A toutes et tous ses proches, merci de transmettre mes sentiments les plus fraternels.
Mes amitiés à vous tous au SNCS qui êtes en peine.

Marc Neveu
Co-Secrétaire général du SNESUp-FSU de 2013 à 2015



Messages d’anciens secrétaires généraux du SNCS :

Le SNCS vient de perdre un de ses atouts maîtres. Audier comptait beaucoup dans l’enrichissement intellectuel et militant de notre syndicat. Il n’est que de se rappeler L’éclairage apporté par ses nombreuses contributions dans nos débats et nos actions. Son intelligence et sa pondération vont nous manquer.

Jean-Paul Terrenoire
Secrétaire général du SNCS de 1996 à1997


Ce décès me touche beaucoup.

Dans la foule de souvenirs qui me reviennent en pensant à lui, je me rends compte que pendant la période où nous avons agi ensemble, avec beaucoup d’autres, dans la vie des instances représentatives du SNCS, il a été particulièrement apprécié pour la pertinence de ses analyses des politiques scientifiques mises en œuvre par les pouvoirs exécutifs successifs auxquels le syndicat faisait face, notamment sous leurs aspects financiers et juridiques.

Mais il a aussi joué un rôle essentiel dans la vie propre du SNCS, par son attachement de principe à son indépendance d’orientation et d’action et par son engagement résolu à les garantir et à les renforcer en s’investissant pleinement à tous les niveaux de la démocratie syndicale.

Enfin je ne peux m’empêcher de rappeler les grandes qualités humaines d’Henri-Édouard, sa franchise et sa loyauté, qui n’excluaient ni la subtilité de ses analyses, ni l’habileté diplomatique de ses interventions. Je conserve de lui le souvenir attachant d’une amitié très chaleureuse.

J’exprime mes condoléances attristées à toute sa famille.

Marc Ollivier
Secrétaire général du SNCS de 1983 à1985




Message d’anciens des mouvements de jeunes chercheurs

Chère Florence,

Anciens des mouvements de jeunes chercheurs, nous souhaitons te dire notre tristesse à l’annonce du décès d’Henri. Certains d’entre nous l’ont connu dès le milieu des années 80, d’autres à la fin des années 2000, d’autres enfin ne l’ont pas connu personnellement mais ont travaillé à partir de ses analyses : il a soutenu et accompagné les mouvements de jeunes chercheurs durant près de 30 ans, toujours attentif à leur laisser la parole, sans paternalisme. La variété des âges de ceux qui s’associent à ce message confirme, s’il en était besoin, la durée de son engagement constant à leurs côtés.

Nous l’appelions affectueusement DHEA (Docteur Henri-Edouard Audier) car nous avions si souvent été impressionnés par son énergie et son implication pour la valorisation du doctorat que le nom de cette molécule de jouvence nous avait semblé particulièrement approprié. Agacé par la précarisation des métiers de la recherche, il rappelait régulièrement en riant que des gens comme lui avaient été recrutés en poste permanent au CNRS pour y mener leurs recherches doctorales. Il maîtrisait le budget de la recherche et savait en jouer pour en montrer les limites et les risques, notamment pour l’emploi scientifique, dont les pyramides des âges n’avaient aucun secret pour lui. Il ne concevait pas que l’on puisse faire travailler quelqu’un gratuitement, ou avec un salaire de misère. Il avait combattu le travail au noir dans le milieu de la recherche aux côtés de la CJC. Il s’indignait des difficultés administratives et des conditions de travail inférieures souvent réservées aux jeunes chercheurs étrangers. Il souhaitait l’augmentation de la formation par la recherche doctorale, non seulement pour alimenter le milieu académique et enrichir la production scientifique et technologique, mais aussi et surtout pour former des personnes ayant la culture de l’interrogation scientifique, de la confrontation aux faits, et de l’invention d’interprétations et de méthodes nouvelles. Pour favoriser leur accès à tous types d’emplois et de fonctions dans la société, il défendait la reconnaissance du doctorat dans les entreprises comme par les fonctions publiques.

Il était omniprésent dans les débats, y apportant une vérification des faits sur la base de données toujours bien sourcées, et une distance nécessaire à la capacité de projection. Tout nouveau venu s’étonnait de ce grand monsieur à la démarche nerveuse qui ne tenait pas assis sur son siège pendant une réunion de l’intersyndicale, rue de Solférino, à une conférence ou pendant une négociation rue Descartes, et que tout le monde écoutait : entre deux cigarettes, d’un ton et d’une voix reconnaissables entre tous (un timbre sonore, un phrasé, un rythme de parole un peu haché mais volontiers emphatique, c’était le Malraux de l’ESR !), il ne manquait jamais d’obliger à oublier les idéologies pour en revenir aux faits et à leurs conséquences sur les personnes. Il revenait toujours à l’humain, aux conditions de vie et de travail pour construire collectivement les connaissances et savoir-faire nécessaires à affronter les enjeux auxquels l’individu et la société sont confrontés. Il aimait ouvrir le champ des possibles. Henri était le genre de personne qui redonne espoir dans le genre humain.

Chercheur de premier plan, directeur de laboratoire et impliqué dans la gestion nationale de la recherche, militant syndical très engagé et très productif, féru de culture, c’était un grand monsieur d’une humanité et d’une simplicité exemplaires, que nous sommes heureux et honorés d’avoir pu connaître et côtoyer.

Guillaume Bonello (Astrophysicien, 43 ans), Bruno Bost (bioinformaticien, 45 ans), Renée Boubour (46 ans), François Briatte (politiste, 33 ans), Bertrand Busson (chimiste, 46 ans), Carole Chapin (32 ans), Sylvain Collonge (39 ans), Stéphane Cordier (Mathématicien, 46 ans), Alban Cornillet (44 ans), Estelle Durand (biologiste, 40 ans), Pascal Degiovanni (physicien, 50 ans), Valentin Emiya (informaticien, 37 ans), Cécile Frolet (biologiste, 37 ans), Philippe Gambette (informaticien, 32 ans), Maxime Garcia (bioinformaticien, 34 ans), Fabienne Goldfarb (physicienne, 40 ans), Joël Gombin (politiste, 33 ans), Juliette Guérin (30 ans) Michaël Gutnic (mathématicien, 47 ans), Véronique Hédou (mathématicienne, 46 ans), Stéphane Lavignac (physicien, 46 ans), Nicolas Legrand (biologiste, 40 ans), Joël Marchand (informaticien, 53 ans), Pierre Mayance (politiste, 36 ans), Olivier Mazet (mathématicien, 44 ans), Florent Olivier (39 ans), Claire Poinsot (Ecologue, 42 ans), Stéphanie Pommier (biologiste, 39 ans), Fabrice Rouillier (mathématicien, 49 ans), Simon E.B. Thierry (formateur, 32 ans)




Message de Patrick Lemaire :

Grande tristesse à cette annonce.

C’est Henri qui m’avait, par ses analyses toujours pertinentes, convaincu de la nécessité de m’engager et de la nécessité d’appuyer toute action sur une analyse la plus rigoureuse possible des chiffres à disposition. Je n’ai jamais eu la chance de le rencontrer, et maintenant il est malheureusement trop tard. Grande perte pour nous tous.

Pensée chaleureuse pour sa famille.

Patrick Lemaire
Fondateur et Membre de « Sciences en Marche »



Message de Bertrand Monthubert :

Le décès d’Henri bouleversera, j’en suis sûr, tous ceux qui l’ont côtoyé pendant tant d’années. Son combat pour l’ESR a été constant, constructif, intelligent. Il a énormément apporté à tous ceux qui l’ont connu, et en particulier au sein de Sauvons la Recherche dont il a été un pilier irremplaçable. Sa légitimité scientifique, sa connaissance technique des rouages du système, sa capacité à lire les documents budgétaires (combien d’heures avons-nous passé à éplucher les "jaunes" et les "bleus" budgétaires !), en ont fait un militant unanimement respecté. Je me souviens des premières rencontres avec lui, il y a plus de 20 ans, de son statut toujours un peu à part, lui qui, y compris dans les réunions officielles, se levait régulièrement pour marcher, et aller fumer sa cigarette. Foutue cigarette ! Elle nous vaut aujourd’hui la tristesse et les larmes, pour tous ceux qui l’ont aimé, accompagné pendant toutes ces années.

Je veux aussi rendre hommage à Florence, elle aussi militante, qui a apporté une grande contribution à nos différents travaux. Bon courage à elle, et à leurs enfants.

Très tristement,

Bertrand Monthubert



Messages de syndiqués du SNCS :

Chers camarades,

C’est une bien triste nouvelle que le décès de Henri.

Voilà bien longtemps que Henri était un acteur majeur dans les luttes syndicales avec une approche toujours maitrisée et documentée des arguments qu’il employait pour convaincre.
Bien que la situation du soutien à la recherche soit de plus en plus précaire, Henri a toujours été là pour analyser les budgets, trouver leur incohérence et discuter avec le Ministère de la Recherche pour défendre la Recherche Publique.

Ayant été un collègue à Polytechnique, Henri était aussi un excellent scientifique, qui arrivait à concilier l’action syndicale et la rigueur de l’activité scientifique. Je me rappelle de la remise de sa légion d’honneur par le Ministre Hubert Curien qui montrait bien son rôle joué dans les négociations sur l’emploi scientifique faites avec le Ministère à cette époque.

Philippe Dessen
Directeur CNRS Emérite, Gustave Roussy, Villejuif.

Je le connaissais à peine mais j’appréciais sa plume mordante et lucide.

Philippe Jarne


J’ai appris la mauvaise nouvelle concernant Henri-Édouard, nouvelle que je craignais de recevoir depuis quelque temps.

Cela ramène à la surface beaucoup de souvenirs forts tantsa passion pour défendre ses idées, son refus de la compromission allant de pair avec son exigence de toujours être constructif étaient communicatifs.

Une autre chose qui me frappait toujours en parlant avec lui : il n’y avait pas de petites choses car, pour lui, il était indispensable d’être présent et clair sur de nombreux fronts pour assurer une défense cohérente et pour faire comprendre que toute négligence est coupable.

La communauté scientifique perd un de ses grands et inlassables défenseurs.

Jean-Pierre Bourguignon


C’est avec beaucoup de tristesse que j’apprends la mort d’Henri Edouard Audier, c’est tout un pan du passé sncs qu’il emporte avec lui.

Nonna Mayer


Prière de me joindre aux amis d’Henri, depuis mes premiers pas dans le syndicat (1969, section des ethnologues) il a été une boussole. Mais il était aussi un homme sensible.

Jacques/Jawhar VIGNET-ZUNZ


Je suis très triste. J’aimais bien Henri.

Eliane Daphy
CNRS, Ingénieure d’études 2e classe


Je suis profondément attristée par la disparition d’Henri-Edouard Audier qui a été une inspiration pour beaucoup.

Raja Chatila


Sincères condoléances pour ce grand défenseur de la recherche publique et pour ses qualités humaines.

Gilles Boëtsch


Nous perdons très certainement une grande figure du syndicat, ses analyses toujours précises et percutantes vont nous manquer.

Michèle Basseville


Henri savait exprimer des opinions et des analyses précises, et écouter les autres. Nous avons perdu un grand syndicaliste, et un grand chercheur, intègre et désintéressé. Il va nous manquer.

Michel Boer

Condoléances à toute la famille de la part d’une vieille adhérente au SNCS-FSU.

Carla Bozzolo

C’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que j’ai appris le décès d’Henri-Edouard Audier. C’est à la CA du SNCS dont j’ai été membre en 1970-71 (section de Marseille) que j’ai connu Henri. A cette époque de la division en tendances du syndicat, il animait avec beaucoup de conviction et de clairvoyance " l’orientation 3 " du syndicat à côté d’autres camarades de renom comme Gérard Vergnaud, Dominique Lahalle, Gaston Colin. C’est grâce à l’activité militante de camarades tel que lui que l’orientation unitaire de notre syndicat a pu rapidement devenir majoritaire en imposant son analyse et recentrer la lutte contre la politique recherche du gouvernement. Depuis lors, il a été au BN de toutes les luttes du syndicat. Les analyses qu’il rédigeait ces dernières années sur le budget de la recherche et de l’Enseignement Supérieur étaient d’une grande clarté et pertinence. Je l’ai revu à quelques rares occasions lors de ses déplacements en province, et j’ai toujours été frappé par sa gentillesse, son désir de convaincre et ses traits d’humour qui le caractérisait. J’adresse à sa famille et à ses proches mes très sincères condoléances.

Claude E. Hatchikian
(retraité, ancien DR1 au CNRS)

Ce fut un grand syndicaliste et le promoteur de la coopération entre sciences
humaines et sciences de la nature.

Jean Lojkine

Un phare qui s’éteint : noir, triste et déroutant.

Catherine
Océanographe, SLR et SNCS

Effectivement, c’est une grande perte pour le syndicat. Mes condoléances aux collègues et à la famille.

Hélène Perrin

Une grande figure de notre syndicat disparait. Il était l’image de la défense sans cesse nécessaire de ce que représente pour notre pays une recherche de qualité faite par des femmes et hommes dévoués à cette aventure humaine, la connaissance, indispensable à l’évolution des idées. Adieu Henri-Édouard.

William Rostene
DR émérite Inserm

Je suis actuellement en retraite et je ne participe plus à la vie « active » du syndicat. Néanmoins, il fut un temps où à Lille, j’ai eu quelques responsabilités syndicales. Il m’a été donné l’occasion de rencontrer plusieurs fois Henri-Edouard AUDIER, en particulier à Paris, soit en réunions générales ou ateliers thématiques. J’ai toujours été impressionné par son calme, sa précision dans l’explication, son sérieux et son réalisme dans toutes les situations, même conflictuelles. Il y avait chez lui, de mon point de vue, toujours l’idée de se faire comprendre, de comprendre le point de vue de l’autre et d’aboutir à une avancée constructive pour chacun. Cette pondération dans l’action a toujours été argumentée par des chiffres très démonstratifs et souvent indiscutables. Il avait, de mon point de vue, le bon sens syndical, l’esprit de construire pour assurer un véritable développement de la recherche scientifique en France en tenant compte de la réalité internationale. Sa disparition ne nous permettra plus de découvrir ses analyses pointues sur les mécanismes de financement de la recherche.

Comme toute personne qui a assumé des responsabilités déterminantes dans le cadre syndical, il laisse un réel « vide. Il a laissé sa « marque » dans beaucoup d’esprits syndicalistes jeunes et moins jeunes : la marque de la volonté, du sérieux et du combat positif. On pourra même dire qu’il y a un avant et un après « Henri-Edouard AUDIER ».

Toutes mes condoléances à sa famille.

Joël PESTEL
Lille.

Quelle triste nouvelle que la disparition d’Henri ! Depuis mon entrée au CNRS et mon adhésion au SNCS en 1969 je le connais et l’estime. J’ai toujours apprécié le militant, le scientifique, le fin analyste, l’excellent orateur, la plume acerbe et rigoureuse, le défenseur infatigable de la recherche et du CNRS. Les moments d’amitié détendus autour d’un pot, d’un repas de laboratoire étaient pour moi des instants privilégiés qui me manqueront.
Mes sentiments vont à Florence et à toute la famille d’Henri auxquelles je présente mes sincères condoléances.

Abderrahmane Tadjeddine
Chercheur Emérite au CNRS

Quelle tristesse ! Henri nous a tellement aidés par ses analyses, ses réflexions, ses textes, son énergie qui nous poussaient à agir et ré-agir. Je garderai en souvenir l’intérêt qu’il portait à nos actions à l’Inserm et son soutien toujours chaleureux.

Françoise Cavaillé
ex secrétaire du bureau Inserm du SNCS

C’est une bien triste nouvelle. J’avais été surpris de le voir assis sur le trottoir entrain de regarder passer une des multiples manifs, quelque part du côté de Denfert, et non à l’intérieur de la manif... Nous avions un peu plaisanté comme d’habitude mais je l’avais trouvé fatigué. Seule la présence de nombreux jeunes semblait le réconforter.
Je le connais depuis les heures agitées de 1968 et j’ai toujours apprécié sa profondeur de vues. Il a toujours été aux côtés de "l’Astro", ses labos (un soutien indéfectible pour la recherche spatiale) et bien sûr ses personnels.
Amitiés,

Jean-Claude Vial
Secrétaire du Comité de liaison "astro" dans les années 70-80
Président de la Commission "astro" dans les années 2000-2004

Henri-Edouard AUDIER
c’est la démarche scientifique mise au service de la défense de la recherche et des personnes qui la font, avec humour et intelligence.

Renée Ventura

Avec Henri, la recherche perd un défenseur ardent et lucide. Pour nous qui l’avons longtemps côtoyé, c’est un compagnon plein d’énergie et d’humour qui disparaît.

J.-N. Chazalviel
SNCS Ecole Polytechnique

J’en suis très attristée.

Marie Christine Buhot Segu

Je suis très triste.
Amitiés

Michel Blay

C’est une très triste nouvelle et je suis sincèrement désolée. J’appréciais beaucoup Henri. C’était un très grand analyste et il va beaucoup nous manquer.
Toutes mes condoléances à ses proches.

Catherine Alès

Chers camarades,
C’est Henri-Edouard qui m’avait accueilli la première fois que j’étais allé au siège du syndicat en octobre ou novembre 1971 lorsque j’avais adhéré il y a 45 ans, je me souviens comme si c’était hier de cette rencontre.

Pierre Crépel

Chers camarades,

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris le décès d’Henri.

J’ai beaucoup appris à ses côtés. Je retiendrai deux choses.

D’une part, sa grande rigueur dans les analyses. Le travail qu’il a
fait sur l’évolution du budget est remarquable. Il n’était pourtant
pas facile de voir clair dans les tours de passepasse technocratiques
dont l’objectif était de cacher des restrictions budgétaires mal
assumées. Ces analyses ont été largement diffusées au-delà de notre
syndicat. Elles participent à l’image du SNCS dont le sérieux s’appuie
précisément sur une réflexion de fond dont Henri fut un protagoniste
ardent.

Je retiendrai aussi l’indépendance de ses réflexions. Il n’a jamais
hésité à sortir des raisonnements stéréotypés qui même s’ils soudent
parfois l’action syndicale, sont aussi un carcan qui stérilise la
réflexion à long terme. Henri voyait loin et il mettait les sujets sur
la table. Beaucoup de ses analyses visionnaires ont ensuite diffusé,
muri pour être portées plus largement.

En tant que jeune syndiqué, il a été pour moi une source d’inspiration
constante. C’est maintenant à nous tous de faire fructifier son
précieux héritage.

Syndicalement,

Thierry Chanelière

Chers camarades,
Je suis très attristé du décès d’Henri-Edouard Audier.
Comme nous tous je conserverai le souvenir d’un collègue d’une grande qualité scientifique et humaine.
Je présente mes condoléances à ses proches.

Michel FREY
Chercheur CNRS de 1962 à 2000

Nous perdons un puit de documentation, un militant infatigable qui aura défendu la recherche jusqu au bout.

Gérard Chaouat




Hommages à Henri-Edouard Audier, sur le site de Sauvons la recherche (SLR) :
http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article4235



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