Communiqué de presse du SNCS-FSU - Make our planet great again

lundi 11 décembre 2017
par  Administrateur

A la veille de l’annonce par le gouvernement des résultats de l’opération présidentielle « Make our planet great again », le SNCS-FSU dénonce une opération de pure communication qui n’apporte aucun soutien supplémentaire à la recherche française.

Le SNCS-FSU souligne que l’effort de recherche de la France ne fait, au contraire, que décroître par rapport à ses principaux partenaires. La France s’était engagée en 2002, avec ses partenaires européens, à porter son effort de R&D à 3% du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2010, dont 1% consacré à la recherche publique et 2% à la recherche privée (Conclusion 47 du conseil européen de Barcelone, 15 et 16 mars 2002). Avec 2,22% du PIB consacré à la R&D en 2015 (chiffre de l’OCDE) – chiffre en baisse depuis 2013 - non seulement la France ne s’approche pas de l’objectif européen mais elle s’en éloigne. Elle se situe en dessous de la moyenne de l’OCDE (2,38%) et loin des USA (2,79%), de l’Allemagne (2,93%), du Japon (3,29%) et de la Corée (4,23%).

Le budget 2018 de la recherche n’apporte rien de plus que les budgets précédents. Au mieux il permettra de maintenir une situation qui stagne depuis plusieurs années et détériore les conditions de travail. C’est pourquoi l’invitation en France de collègues étrangers, alors qu’aucun moyen supplémentaire n’est donné à la recherche publique, ne constitue en rien une amélioration de la situation générale ni ne peut constituer une réponse à l’urgence des questions environnementales, la question climatique en particulier.

Pour relever le défi de la recherche en France, il ne suffit pas d’un appel aux scientifiques américains et d’autres pays étrangers. Leur donner une espèce de priorité, en particulier en matière de rémunérations, constitue en premier lieu une insulte envers les scientifiques français, dont le très haut niveau est reconnu régulièrement par des récompenses internationales mais dont l’engagement n’est pas correctement récompensé dans leur propre pays. Ainsi les salaires des scientifiques sont-ils, en moyenne, trois fois plus élevés aux Etats-Unis qu’en France. En second lieu cet appel spécial à des scientifiques d’autres pays tend à occulter le fait que les organismes de recherche et les universités françaises recrutent massivement des étrangers tous les ans (dans une proportion de plus du quart des recrutements au CNRS), en nombre bien plus important que les futurs lauréats de ce paradoxal concours « Viens travailler en France, mais sans moyens » lancé par l’Elysée. Tous comptes faits le Gouvernement n’apporte aucune réponse aux besoins urgents de la recherche publique française, qui ne peuvent être satisfaits que par la programmation sur 10 ans d’un effort budgétaire supplémentaire à hauteur d’un milliard d’euros supplémentaire par an pour la recherche publique et 2 milliards d’euros supplémentaires par an pour le service public de l’enseignement supérieur (conformément à l’avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) du 18 septembre 2017).

Pour ce qui est des réponses de la recherche aux défis environnementaux, il est urgent de passer à un niveau exceptionnel d’investissements financiers de tous les Etats. Toutes les forces scientifiques doivent être mobilisées, sans exclusive, par une contribution de tous les pays, à la mesure de leurs moyens, du nord comme du sud. Il est illusoire de prétendre réaliser les transitions énergétique, écologique, économique et sociale, devenues urgentes pour nos sociétés, sans aucun moyen supplémentaire, sans une mobilisation de grande ampleur pour la recherche.

Meudon, le 11 décembre 2017


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