Bibliométrie : protestation auprès du DG du CNRS

mercredi 5 septembre 2007
par  Administrateur

Meudon, le 3 septembre 2007

Monsieur le Directeur général du CNRS
3, rue Michel Ange
75016 PARIS

Copies à Mme BRECHIGNAC, Présidente du CNRS
et à la direction des Partenariats

Monsieur le directeur,

Les « unités de la vague C » remplissent actuellement leur dossier de contractualisation. De nombreux signaux montrent l’exaspération des chercheurs et enseignants-chercheurs devant la tâche de remplir des tableaux d’indicateurs bibliométriques absurdes. La direction des partenariat du CNRS demande à chaque chercheur ou enseignant-chercheur, soit-disant pour permettre la caractérisation de l’unité, de remplir une « fiche de données individuelles », sous le nom UR3CNRS. Cette fiche de données bibliométriques comporte :

1 - Nom du Chercheur
2 - Nombre d’ouvrages ou de chapitres d’ouvrages "recherche" sur 2004-2007
3 - Nombre d’articles réf. Web of Science sur 2004-2007
4 - Nombre total d’articles réf. Web of Science, Npa
6 - Nombre total de citations Nc, totb
7 - Nombre total de citations hors autocitations
8 - Nombre de citations par articles Nc, tot / Npd
10 - Facteur h
11 - Facteur h relatif, h/ Npf
12 - Facteur d’impact max. de la discipline
13 - Facteur d’impact moyen de la discipline
14 - Facteur d’impact max. pour le chercheur
15 - Facteur d’impact moyen pour le chercheur
16 - Top 10
17 - Highly cited papers

Cette fiche semble avoir été préparée sans aucune réflexion sérieuse. La réponse à ce questionnaire est pratiquement impossible sans détourner un temps déraisonnable de la recherche. D’autant que les délais sont particulièrement réduits et couvrent la période des congés d’été. Par ailleurs, le secteur des Sciences humaines et sociales est explicitement exclu. En effet, la direction des partenariat reconnaît que cette fiche n’est pas adaptée à la quasi totalité de ce secteur. Elle n’en encourage pas moins les chercheurs de ce secteur à « faire l’exercice ». De plus, alors que le questionnaire n’est destiné qu’aux chercheurs et aux enseignants-chercheurs, les consignes jointes précisent que les ingénieurs de recherche sont aussi concernés. Finalement, la question se pose de la raison qui pousse le CNRS, bien au-delà des demandes de l’AERES, à faire remplir une telle fiche, dont nulle trace n’existe sur le site du ministère.

Tous ceux qui ont pratiqué l’évaluation des unités de recherche et des chercheurs connaissent le peu de valeur des indicateurs bibliométriques. L’expérience des commissions, qui ont utilisé ces indicateurs de façon raisonnée, montre sans ambiguïté qu’ils ne peuvent avoir un sens (quand ils en ont un) que s’ils sont utilisés dans le cadre d’un ensemble nécessairement beaucoup plus large de critères de jugement.

Le Comité national, qui conserve jusqu’à plus ample information l’exclusivité de l’évaluation des chercheurs, a toujours indiqué avec force (réunion plénière du Comité national du 9 décembre 2005) que la bibliométrie recelait tellement de biais et de dangers qu’il était hors de question d’en faire une méthode officielle. Il a précisément mis en garde contre la « dérive vers l’évaluation automatique » à laquelle nous assistons maintenant. À ce titre, il est particulièrement mal venu que les facteurs d’impact fassent l’objet d’un affichage officiel sur le site web du CNRS. Plus précisément la page du département SHS, officialise un classement des revues qui va à l’encontre des préconisations de notre instance d’évaluation.

Nous vous demandons instamment de retirer ces fiches des dossiers de contractualisation et de les détruire.

Recevez, monsieur le Directeur, nos sincères salutations.

Jean-Luc Mazet Secrétaire général du SNCS-FSU

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