Chapitre V - Le fiasco de la politique de recherche industrielle


"Comparée à la structure des dépenses de recherche dans les autres pays de l’OCDE, ce qui manque à la recherche française, ce sont d’abord des financements privés".

N. Sarkozy, Mutualité, octobre 2006

Résumé

L’effondrement du commerce extérieur français, les difficultés face aux délocalisations ont notamment pour origine un trop faible effort d’investissement du secteur privé dans sa propre recherche. Dans le même temps, la France est officiellement l’un des pays où l’Etat finance le plus la recherche privée par les aides directes, la sous-traitance de programmes d’Etat et le crédit d’impôt recherche (CIR).

De nombreux rapports soulignent que l’aide directe ou fiscale au privé, suffisante voire déjà excessive, doit être redéployée et ciblée vers la création de secteurs de haute technologie ou vers les PME innovantes. Le gouvernement a choisi la voie inverse en doublant le Crédit d’impôt, en le distribuant d’une manière proportionnelle et en favorisant donc d’abord les grands groupes, sans conditions.

Introduction au chapitre 5

Nous avons montré dans les précédents chapitres :
- que la France est désormais au quatorzième rang mondial pour son effort de recherche/ PIB : 2,12 % ;
- que la recherche civile publique (les organismes et universités, et les agences qui contribuent à leur financement) ne représente que 0,6 % du PIB et non 1 % comme le clame le gouvernement ;
- qu’avec 0,38 % du PIB pour la recherche académique, la France se trouve en 18 ème position mondiale ;
- que ces efforts stagnent depuis 2002 (ils régressent pour la recherche académique) alors que ceux de la plupart des pays demeurent beaucoup plus élevés et/ou s’accroissent fortement.

La recherche industrielle française a été longtemps impulsée, financée et réalisée en grande partie par l’Etat, les organismes et entreprises publiques notamment. La politique de privatisation qui a suivi ne s’est accompagnée d’aucune stratégie alternative. Ni du point de vue de la politique industrielle, ni du point de vue de la recherche. Le secteur privé n’y consacre en France que 1,1 % du PIB. A l’exception notable de trois pays (Suède, Finlande, Allemagne), c’est l’ensemble de la recherche privée de l’Europe qui subit un déclin face à la croissance foudroyante des pays asiatiques.

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Sous-financement Recherche - chapitre5
vendredi 10 octobre 2008
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