VRS n°403 12/2015

lundi 21 décembre 2015
par  VRS

LOGISTIQUE ET FLUX TENDUS : DÉSHUMANISATION OU BÉNÉFICE SOCIAL ?

Qu’il s’agisse de trafic ferroviaire, aéronautique ou portuaire, de tri postal, de files d’attente, de sites industriels, d’aménagement urbain ou de réseaux de distribution, l’expertise logistique est invoquée pour concevoir et piloter la séquence des différents flux physiques, informationnels…

En tant que champ de recherche et d’ingénierie, la logistique se situe au croisement des sciences de gestion, de l’informatique et des mathématiques. Elle participe de l’activité scientifique et universitaire au contact avec les acteurs de ses secteurs d’application. Son approche critique requiert les apports des sciences humaines et sociales.

Le développement de la logistique a été assujetti aux impératifs de juste-à-temps et de flux tendu découlant de mutations du marché et d’attentes du client final. Du problème de flux d’un point à un autre, on est passé à l’échelle d’un réseau partenarial, voire à la nouvelle figure d’un internet physique.

Mais on ne saurait développer des modèles organisationnels si, sous l’empire de la course au profit, ceux qui les mettent en oeuvre ne sont pas en position d’acteurs dès leur conception, sauf à parodier le film Les Temps modernes, avec ses opérateurs « enchaînés » dans un système sourd jusqu’à l’absurde.

Une organisation du travail reposant sur de nouveaux outils n’est optimisée et légitime que si elle apporte une amélioration des conditions de travail et un mieux disant social. Une condition impérative est que soit pris en compte le point de vue de ses acteurs, et qu’ils soient donc associés aux diverses phases de sa mise en oeuvre, gage d’un travail motivant donnant toute sa place à leur capacité d’initiative.

par Gérard Lauton.


édito

Après l’émotion et la réaction, partager la réflexion et l’action

Après l’hommage de la France et des français aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, après le deuil vient le temps des réflexions et de l’étude des premières décisions gouvernementales pour faire face à l’émotion et aux nécessaires interventions pour juger les responsables comme pour assurer la sécurité de nos concitoyens.

Bien que notre jeunesse et notre communauté aient payé un lourd tribut lors de ces attaques, nous devons nous remettre de nos émotions et analyser les causes, les contextes et l’impact des décisions de notre gouvernement pour ne pas subir la théorie du choc. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Lors de la tuerie de l’ile d’Utøya en Norvège, en 2011, le roi Arlad a déclaré que face à cette barbarie, c’est par plus de démocratie, plus de liberté et de fraternité qu’il souhaitait répondre*. Pour des raisons techniques, tactiques, politiques et de défense d’intérêts privés qu’il nous faut analyser, notre Président et le gouvernement ont décidé de répondre à la barbarie par l’état d’urgence et la guerre. Le parallèle avec les décisions de l’administration de Georges W Bush à la suite des attentats du 11 septembre 2001 est saisissant, tant dans le discours martial de François Hollande devant le Congrès que dans les premières mesures prises par le gouvernement. Sommes nous obligés de reproduire les mauvaises solutions américaines telle que le Patriot Act, quinze ans de guerre en Afghanistan, l’invasion de l’Irak, Guantanamo et la stigmatisation de peuples à travers une guerre des civilisations ou, du moins, pour reprendre la nuance de François Hollande, une guerre de la civilisation contre des barbares qui n’en ont pas…

Cette année encore, le budget de l’ESR ne sera pas exécuté ; près de 470 M€ seront repris pour faire face aux urgences du gouvernement : 100 M€ pour répondre aux revendication des éleveurs lors de la crise porcine ainsi qu’aux mesures du plan Vigipirate écarlate et 200 M€ pour subvenir au budget des « opérations extérieures » que mène notre Chef des armées. En cette année de COP21, l’agriculture productiviste et l’industrie de l’armement auront donc été les deux priorités de notre gouvernement, deux mesures guère climato-compatibles !

Le terrorisme est une action politique qui vise, par la terreur, à influer sur les décisions des gouvernements. Ne soyons pas simplistes, ces attentats, comme ceux intervenus cette année en Tunisie, au Liban, aux États-Unis ne visaient pas simplement à nous demander de ne plus bombarder Daech mais à détruire nos valeurs et à affaiblir notre démocratie. De tout temps, les guerres n’ont rien résolu et elles ont toujours fait payer un lourd tribut aux populations civiles et aux soldats sur le terrain. Si nous ne voulons pas que les idées de Daech ne s’imposent, ce n’est ni par un pacte de guerre, ni par un seul pacte de sécurité qu’il faut répondre mais par un pacte pour l’éducation, la recherche, la culture, la justice, le climat, les services publics et la démocratie.

Hervé Christofol
Secrétaire général du SNESUP-FSU

* « Je m’accroche à la croyance que la liberté est plus forte que la peur, je m’accroche à la croyance en une démocratie et une société norvégienne ouverte. Je m’accroche à la croyance en notre capacité à vivre librement et en sécurité dans notre propre pays. » Discours vidéo du Roi Harlad (http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://www.kongehuset.no26939/nyhet/vis.html?tid=92852), (en) retranscription en anglais (http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://www.royalcourt.no/nyhet.html?tid=92959&sek=27262) après les attentats d’Oslo en 2011.


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La logistique militaire jusqu’au début du XIXème siècle : une très lente phase d’incubation
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Histoire et enjeux de la logistique. La formalisation progressive d’une doctrine logistique militaire.

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