VRS n°371 12/2007

mercredi 28 novembre 2007
par  VRS

Dossier : Régions, recherche, universités

L’édito de Jean-Luc Mazet, secrétaire général du SNCS-FSU
 : Liberté de la recherche
scientifique menacée

La même logique est à l’oeuvre, du Pacte pour la recherche à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), puis dans l’interdiction faite au
conseil administration du CNRS de délibérer sur son plan stratégique « Horizon 2020 ». Il s’agit de réduire la liberté de recherche et d’enseignement au nom d’une culture de projets à court terme.

Le Pacte pour la recherche a établi un contrôle étatique direct de la recherche prise dans l’étau d’agences entièrement nommées. L’Agence nationale de la recherche (ANR) attribue des moyens financiers qui se substituent aux crédits d’intervention des organismes. L’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) confisque l’évaluation des unités de recherche au Comité national de la recherche scientifique et aux autres commissions scientifiques spécialisées et les prive de leur rôle dans la prospective scientifique.

La loi LRU concentre des pouvoirs exorbitants entre les mains des présidents d’université. Dans ce cadre, le gouvernement prépare l’accueil des unités mixtes de
recherche (UMR) sous la responsabilité scientifique et financière des universités et l’embauche de personnels contractuels en lieu et place de titulaires pour assurer le développement de l’enseignement et de la recherche.

L’interdiction faite au CNRS de débattre de son plan stratégique est une nouvelle étape du dispositif qui vise à lui retirer sa capacité de définition d’une politique
scientifique indépendante, à long terme, pour le transformer en « agence de moyens ». Devant la réaction de la communauté scientifique, le ministère a créé un groupe de travail animé par François d’Aubert, ancien ministre, dont un des « sujets chauds »
est le sort réservé aux UMR.

Ce dispositif a pour traduction concrète le budget 2008 qui ne crée aucun poste et n’attribue aucun moyen de base aux universités et aux établissements de recherche.
Toutes les augmentations de crédits vont à la recherche sur projets et à des entreprises privées, sous forme de crédit impôt recherche sans aucune contrepartie. Dans
ce contexte, il est clair que l’affaiblissement du CNRS ne se traduira pas par le renforcement des universités. Au contraire, il s’agit de la déstructuration de notre système
de recherche fondé sur une logique de coopération scientifique. C’est la raison pour laquelle la protestation grandit dans les laboratoires. « Il faut des années
pour créer un bon système de recherche, quelques mois pour le dilapider » reconnaît lui-même le président Nicolas Sarkozy.

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