Une jeune chercheuse s’en va, la direction du CNRS décourage les meilleurs scientifiques étrangers. Communiqué de presse du SNCS-FSU (21/10/2011)

vendredi 21 octobre 2011
par  Administrateur

On imagine le Centre national de la recherche scientifique comme un lieu où les meilleurs chercheurs, recrutés au terme de longues études et d’une sélection féroce, peuvent enfin trouver les moyens et la liberté de faire progresser la science sans entraves. Telle devrait et pourrait être la réalité. Malheureusement, la dérive bureaucratique d’un CNRS totalement débordé par les injonctions politiques (« Initiatives d’Excellence », Révision Générale des Politiques Publiques) vient d’atteindre un nouveau stade.

Le cas d’une lauréate des concours CR2 2011 en est l’illustration. Titulaire d’un doctorat obtenu en cotutelle entre la France et son pays d’origine, cette jeune physicienne a brillamment réussi le concours de recrutement des chargés de recherche du CNRS au printemps 2011, sur la base de ses travaux passés et d’un projet de recherche mis au point en collaboration avec une équipe d’Orsay. Pendant l’été, elle a réitéré son vœu d’être affectée dans cette équipe, de façon à mettre en œuvre le projet pour lequel elle a été recrutée.

Cette demande a été systématiquement rejetée par la direction du CNRS. Depuis trois mois, cette chercheuse ne compte plus les démarches effectuées auprès des différents directeurs de l’organisme, qui ne lui ont valu qu’injonctions contradictoires, affectations fantaisistes, promesses floues et pressions. À bout de forces, elle vient de faire part de sa décision de renoncer à son poste de chargée de recherche au CNRS et de rentrer, à terme, en Amérique, où l’attend un poste à la mesure de ses attentes.

L’affectation des chercheurs dans les laboratoires relève de la décision du Président du CNRS. Nul ne le conteste. Mais ce pouvoir de décision est aujourd’hui dévoyé. Le pouvoir d’affectation des chercheurs est devenu le levier d’une politique dénoncée par tous les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Aujourd’hui, c’est tout le CNRS qui est déstructuré, dans l’attente fébrile des résultats d’un « Grand emprunt » au terme duquel devront émerger moins d’une dizaine de sites scientifiques à l’échelle nationale. À preuve : pendant son errance administrative, la jeune physicienne ne s’est vu opposer que d’obscures considérations de « gouvernance », jamais de science.

Le cas de cette collègue a soulevé l’émotion et a été évoqué jusqu’au Conseil scientifique du CNRS le 10 octobre dernier. C’est, de fait, un cas d’école. Il illustre les effets de la politique gouvernementale sur les hommes et les femmes, qu’elle brise ; sur les équipes et les collectifs de recherche, qu’elle noie dans des compétitions stériles ; sur les organismes de recherche et les universités, qu’elle réduit à des rôles d’exécutants.

Une jeune chercheuse va quitter le CNRS où elle venait d’être recrutée et où elle voulait travailler. Au même moment, la direction du CNRS communique triomphalement sur les 31,6% de chercheurs étrangers que l’organisme a recrutés en 2011. Simple question, au vu des événements récents : combien resteront ?

Meudon, le 22 octobre 2011.


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