"Une bataille exemplaire contre les chaires : le LISA".(10/05/2010)

lundi 10 mai 2010
par  Administrateur


Le SNCS s’est clairement prononcé contre le système des chaires. Mais cette opposition n’a de sens que si s’organise l’opposition concrète à chaque chaire créée. Nous donnons ici l’exemple de la bataille du LISA (Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques). C’est une unité mixte de recherche Université Paris Diderot - Paris 7, Université Paris - Est Créteil Val de Marne et CNRS (UMR 7583).

Lettre ouverte

à la Présidence de l’Université Paris 12, à la Présidence du CNES, au Doyen de la Faculté des Sciences et Technologies, à la Direction du LISA, et aux futurs candidats à la chaire mixte CNES-Paris 12 au LISA.

Madame la Présidente, Monsieur le Président, Monsieur le Doyen, Monsieur le Directeur, Futurs Collègues potentiels,

La Direction du LISA a pris l’initiative de fournir sans concertation un profil pour le recrutement d’une chaire mixte de l’Université Paris-12 avec le CNES, et plus récemment d’une éventuelle autre chaire mixte avec le CNRS, suscitant ainsi une polémique sans précédent dans l’histoire du laboratoire.

A la demande du Conseil de Laboratoire, les personnels du LISA ont pu se prononcer sur la question suivante : « Le laboratoire doit-il demander ou accepter des chaires ? ». Les résultats sont les suivants : 75 votants sur 105 (soit 71.4% de participation) ; Blancs et nuls : 9 ; Oui : 11 ; Non : 55. Le résultat est donc sans ambiguïté : par plus de 83% des bulletins exprimés, les personnels du LISA sont opposés à la mise en place de toute chaire mixte dans leur laboratoire. Les futurs candidats apprécieront le message.

Malgré ce vote, la Direction du LISA a décidé de continuer à soutenir le recrutement de chaires au prétexte de ne pas vouloir revenir sur ses engagements, et le Conseil d’Administration de l’Université a voté la création de la Chaire CNES au LISA.

Il est difficile de croire que la gouvernance d’un laboratoire de recherche peut consister à prendre des engagements sans concertation sur un sujet aussi notoirement polémique et à refuser de les remettre en cause lorsque la concertation obtenue montre qu’ils suscitent une opposition écrasante.

Par ailleurs, tout jeune maître de conférence recruté qui le souhaite mérite de bénéficier d’une large décharge d’enseignement pendant ses premières années pour installer sa recherche et produire.

Il en découle que la mise en place des chaires mixtes devrait être abandonnée au profit de solutions meilleures pour l’avenir consistant :

• (i) Pour la Direction du LISA, à demander la transformation du profil retenu pour la Chaire CNES en postes de Maître de Conférence (MdC) et à rediscuter au sein du laboratoire de la priorité du second profil évoqué pour une chaire CNRS ;

• (ii) Pour la Faculté des Sciences et l’Université, à accepter de renoncer aux Chaires et à profiter de l’autonomie pour généraliser à tous les nouveaux MdC recrutés la décharge majeure d’enseignement proposée pour les Chaires ;

• (iii) Pour le CNES, à renoncer à financer des chaires mixtes et à utiliser leur budget (i) pour renforcer son soutien en personnels techniques qui constituent les besoins prioritaires des laboratoires qu’il soutient en général et du LISA tout particulièrement, et (ii) pour continuer son soutien en post-docs qui constituent pour les bénéficiaires un tremplin essentiel vers les postes permanents de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ;

• (iv) Pour l’Université et le CNES à signer un accord-cadre de coopération mettant en avant le soutien du CNES à l’Université par ces voies traditionnelles, et la volonté d’affichage par l’Université de profils de postes liés aux sciences spatiales.

Ces solutions rendront la sérénité indispensable à la vie interne du laboratoire, et elles soutiendront sur le long terme l’emploi scientifique et l’efficacité du système de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche beaucoup plus sûrement que des chaires mixtes au rapport qualité/prix douteux. Mieux que des chaires mixtes très contestées, mises en place dans le désordre et la polémique, ces solutions permettront d’accroître le pouvoir attracteur de l’Université et son potentiel de recherche. Elles renforceront le soutien du CNES au LISA et à ses futurs chercheurs et enseignants-chercheurs en donnant un nouvel élan et une meilleure visibilité aux sciences spatiales à l’Université.

Avec mes respectueuses salutations,

François Dulac, le 13 janvier 2010


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