La politique de l’excellence en recherche - Co-saisine (version du 27 mai 2014)

Cet avis du Comets résulte d’une co-saisine, suite à une demande du Président du CNRS
vendredi 12 septembre 2014
par  SNCS

L’ambition légitime de la recherche financée sur les fonds publics est de se situer à très haut niveau. Elle fait fréquemment référence à l’excellence, une notion qui n’a pas pour origine la communauté des scientifiques eux-mêmes ; elle est issue du monde de l’innovation, qui en use et abuse depuis les années 80. Elle a envahi le lexique de la recherche depuis les années 2000 et tous les pays développés l’invoquent comme critère pour définir leurs politiques dans leur système d’enseignement supérieur et de recherche.

La référence à l’excellence a des fonctions multiples et mal définies. Elle tend aujourd’hui à être détournée de sa signification - un idéal auquel tout chercheur a l’objectif d’accéder- au profit d’une vision plus managériale, qui a son origine dans la politique scientifique des universités européennes. La France s’est aussi engagée dans cette course à l’excellence, avec des conséquences significatives sur le fonctionnement de la recherche.

Dans cet avis, le COMETS analyse, avec l’éclairage de l’éthique, les effets de ces politiques d’excellence sur la recherche.

Nous évoquons d’abord les origines de la stratégie de l’excellence, mise en avant par la Communauté Européenne dans le prolongement de son agenda de Lisbonne de 2000 affirmant le caractère stratégique d’un développement fondé sur l’expansion et l’utilisation des connaissances. La quête de l’excellence s’est imposée dans un contexte de budgets d’enseignement et de recherche contraints. Elle fait le plus souvent référence à une méthode de gouvernance devenant, pour les responsables, la marque d’une bonne gestion, et pour les acteurs de la recherche, une condition nécessaire pour accéder à des moyens plus abondants et évoluer dans la carrière.

Nous analysons ensuite pourquoi le recours prépondérant aux critères de l’excellence comporte des biais et des risques. En effet il influe fortement sur la pratique des métiers de la recherche et, dans tous les cas, introduit des distorsions qui ne sont pas forcément pertinentes entre les acteurs. Les objectifs des directives politiques associent la quête de l’excellence à l’efficience de la dépense publique impliquant la persistance de priorités thématiques. Ceci a des conséquences négatives sur la diversité de la production scientifique. De plus les critères d’appréciation de l’excellence peuvent en eux-mêmes faire l’objet d’une interrogation et les méthodes de son évaluation peuvent être porteuses de dérives éthiques.

Nous nous posons cependant la question des moyens pour susciter et consolider le haut niveau de la recherche, qui reste l’objectif de tous les établissements d’enseignement supérieur. En particulier il existe une pyramide des compétences en recherche dont les chercheurs et les laboratoires dits d’excellence ne constituent que la pointe : nous nous interrogeons sur les relations qui devraient se développer entre la base et le sommet de cette pyramide, dans une perspective d’équité et d’efficacité.

Nous proposons enfin une réflexion sur les bonnes pratiques dans la perspective d’atteindre le haut niveau en recherche, insistant sur l’éthique collaborative et les valeurs partagées. Nous nous posons alors la question de la responsabilité des chercheurs, particulièrement ceux qui sont les mieux reconnus, dans l’élévation des capacités de l’ensemble de la société, supposée progresser grâce à l’intelligence et la connaissance.

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Avis du COMETS - La politique de l’excellence en recherche - 27 mai 2014

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