L’IDEFIX de la mise en concurrence généralisée (Snesup) (04/11/11)

vendredi 4 novembre 2011
par  Administrateur

Communiqué SNESUP

Appel à projets « Excellence en Formations Innovantes » :
l’IDEFIX de la mise en concurrence généralisée

Le 25 octobre dernier, Laurent Wauquiez a annoncé le lancement d’un nième appel à projets baptisé IDEFI (Initiatives D’Excellence en Formations Innovantes) dans le cadre des « investissements d’avenir ». Censée pallier la quasi-absence de la dimension formation dans les appels à projets précédents, cette annonce marque au contraire l’indigence des ambitions ministérielles en matière de formation.

Non content d’avoir secoué la communauté universitaire et scientifique par les vagues successives des EQUIPEX, LABEX et IDEX, le MESR poursuit son entreprise de mise en concurrence généralisée, cette fois-ci au sein des équipes pédagogiques.

L’urgence (dépôt le 19/12 sur la base d’appels d’offres inconnus) faisant autorité, seuls des projets déjà prêts seraient en mesure de concourir.

Au niveau de l’engagement financier, les 150 millions d’euros annoncés - sous forme de dotation en capital prise sur l’enveloppe des IDEX - constituent un montant ridicule si on les compare aux 22 milliards affichés pour l’enveloppe globale des investissements d’avenir ou même au 1 milliard d’euros de l’enveloppe LABEX. Avec un mode d’allocation des fonds similaire à celui des LABEX (10 % directement consommables + versement annuel des intérêts portant sur les 90 % restants), les montants réellement utilisables seraient en fait limités à moins de 6 millions d’euros par an sur 8 ans (jusqu’en 2020) à répartir entre les 20 projets qui devraient être sélectionnés.


Au niveau des effectifs étudiants visés, le ridicule rivalise avec une vision malthusienne de l’enseignement supérieur, puisque moins de 6000 étudiants seraient directement concernés soit moins de 0,2 % de l’ensemble des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur. Dévoilés concomitamment au passage en force du ministère sur la « nouvelle licence », ces appels à projets confortent la mise en concurrence des offres de formation, la pulvérisation des cadres nationaux et l’accroissement d’inégalités déjà criantes.

Faisant suite à l’échec du pseudo « plan licence », la portion congrue octroyée aux formations illustre l’absence d’ambition dans l’affic hage-même du gouvernement. Quel sort sera réservé aux sciences humaines et sociales, déjà visées par les attaques du pouvoir en place ?

Concernant les critères d’éligibilité des projets et donc les objectifs affichés, il s’agit essentiellement du développement des partenariats internationaux et des liens avec "le monde socio-économique". La question de l’amélioration de la réussite des étudiants n’apparaît que de manière accessoire et uniquement à travers le prisme de l’insertion professionnelle. Les exemples cités par le ministre montrent d’ailleurs qu’il s’agit essentiellement de privilégier une poignée de filières dites d’excellence.

Ces appels à projets interviennent alors que, sous couvert d’autonomie financière (Loi LRU, RCE...), les établissements sont contraints de gérer la pénurie en sabrant dans toutes les dépenses et en ne mettant pas de nombreux postes au concours. Avant même le vote du budget de la MIRES au parlement, l’austérité budgétaire accélère la sape des fondements du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Les besoins de formation et de recherche, la nécessaire démocratisation de l’enseignement supérieur exigent un engagement fort de l’État en moyens humains et financiers pour répondre aux besoins de l’ensemble des établissements et une rupture avec les politiques menées ces dernières années.

Paris, le 27 octobre 2011


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