Hommage à Aron Michalowicz

lundi 10 octobre 2011
par  VRS

C’est une très triste nouvelle. « Micha », comme tout le monde l’appelait - même sa femme -, était un homme discret, modeste, toujours disponible pour ses étudiants ou ses collaborateurs, toujours prêt à s’investir personnellement.

Je ne connais sa carrière scientifique que depuis la fin des années 1960, quand après les expériences auprès du synchrocyclotron d’Orsay, il avait commencé à travailler au CERN, en collaboration avec le groupe du CERN de Louis Dick et un groupe de Pise, ainsi que di Lella, avant son départ pour les USA, sur une série d’expérience de polarisation au PS. Il s’agissait de vérifier les prédictions du modèle de Regge en mesurant des paramètres en diffusion élastique à l’aide d’une technique expérimentale simple consistant à soustraire les événements sous le pic hydrogène.

Ce que je sais par ailleurs, c’est que Micha a toujours mené, à côté de ses activités scientifiques, des activités de militant politique et social. C’est ce qui l’a amené à participer pour une part essentielle à la création du CAES et du centre du CNRS d’Aussois.

Par ailleurs, membre du parti communiste, il s’était impliqué profondément pour aider nos collègues physiciens tchèques qui s’étaient exilés après l’invasion de la Tchécoslovaquie.

Ces activités étaient en conformité avec ses actes antérieurs que je ne connais que par ouï-dire : résistance, fuite en Suisse pour échapper aux Allemands, emprisonnement dans un camp de travail près de Neuchâtel, puis à Champ Dollon, si je me souviens avec exactitude. En tout cas, tous ceux qui l’ont côtoyé dans le travail ont apprécié ses qualités de droiture, de rigueur et son attachement à laisser une grande liberté à tous.

Daniel Sillou

Moi aussi j’ai été très ému d’apprendre la disparition de Micha dont on avait peu de nouvelles ces derniers temps (1).

Au début des années 1960, Michalowicz avait créé a l’IPN Orsay un petit groupe (avec K. Kuroda et M. Poulet aussi disparu) qui s’intéressait aux diffusions nucléon-nucléon auprès du synchrocyclotron de 160 MeV d’Orsay.

En 1963, ayant proposé avec L. Dick une expérience pour l’étude de protons polarisés sur une cible de protons polarisés (construite par Saclay) au Synchrocyclotron de 600 MeV du CERN, J. Teillac, directeur de l’IPNO, nous proposa de nous rapprocher du « groupe Micha ». C’est ainsi qu’il devint mon directeur de thèse et qu’il démarra son aventure à « hautes énergies » pour l’époque.

Il a poursuivi par la suite ces études de polarisation dans les diffusions hadron-hadron avec différents faisceaux et cibles polarisés au Saturne de Saclay, au Synchrotron à Protons du CERN, puis jusqu’aux centaines de GeV au FNAL dans les années 90.

Au cours de sa carrière, il participa au développement d’appareillages basés sur les détecteurs à scintillation.

Par ailleurs, il fit partie de l’équipe pionnière qui se « décentralisa » au LAPP a Annecy-le-Vieux. Au cours de toute sa carrière Micha a fait preuve de grandes qualités humaines et d’honnêteté intellectuelle.

Ce n’est pas étonnant qu’il ait eu l’idée de créer le CAES et aussi le centre d’Aussois, région où il avait pris l’habitude de passer ses vacances.

Guy Coignet

1. Les dernières que j’avais eues par Kuroda, il y a trois ans environ. Il m’avait dit l’avoir emmené dîner, avec son épouse au restaurant japonais tenu par sa nièce. Et j’apprends le même jour que Kaichi vient aussi de mourir !

C’est en 1957 que j’ai rencontré Mika. Il venait de rentrer de Liverpool et partageait un labo avec L. Dick, N. Perrin, Vartapétian, Fouchez à l’institut du Radium. Et très vite, nous avons déménagé à Orsay où le synchrotron était en phase de démarrage. Il a participé au calibrage du faisceau avec un étudiant qui a passé sa thèse sur le sujet (1). La cellule du PC d’Orsay le comptait parmi ses cadres avec H. Langevin, Radvani, etc.

Et puis en manip’ au CERN tèse de Coignet polar avec cible polarisée. Collaboration avec L. Dick, mais Mika ne restait pas au CERN en dehors des manip’. Je n’ai pratiquement plus travaillé avec lui après la thèse de Coignet.

Jacques Dufournaud

* J’ai écris ce petit texte car je pense ètre le dernier survivant de cette époque. salut Philippe 

1. Manip de polar au synchro avec cible deuterium et hydrogène avec M.Poulet et D. Cronenberger.


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