Enseignement supérieur et recherche : l’emploi scientifique est le véritable investissement d’avenir. SNCS Hebdo 13 n°9 du 11 juillet 2013.

jeudi 11 juillet 2013
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SNCS-HEBDO 13 n°9 11/07/13

Henri Audier, membre du bureau national du SNCS-FSU

Le gouvernement vient d’annoncer une rallonge de 12 milliards d’euros aux 30 milliards déjà alloués aux investissements d’avenir, et ce sur 10 ans. Sur ces 12 milliards, 3,6 iraient à l’enseignement supérieur et à la recherche (ES-R). Malgré l’état, très partiel, des informations disponibles, le SNCS-FSU peut immédiatement affirmer qu’en ce qui concerne l’ES-R, ce financement est scandaleux dans sa forme et dérisoire quant à son montant. Ces milliards ne sont que poudre aux yeux : au mieux ils ne produiront que le versement de 100 millions d’intérêts chaque année.

Le SNCS-FSU réaffirme que le véritable investissement d’avenir pour l’ES-R consiste à donner aux organismes et aux établissements d’enseignement supérieur un financement de base et des emplois statutaires au niveau nécessaire à l’accomplissement de leurs missions. L’avis dûment exprimé des instances scientifiques légitimes sur ces financements devra être pris en compte pour un fonctionnement harmonieux des établissements.

Le SNCS s’était opposé, sous la présidence Sarkozy, à la mise en place d’un chapelet de structures dites « d’excellence » qui déstabilisaient organismes et universités, instauraient une compétition systématique entre les établissements et les unités de recherche, remplaçaient l’évaluation scientifique par des lotos irresponsables. En ignorant le Parlement, en évitant les instances scientifiques légitimes et en contournant la négociation avec la communauté scientifique, la procédure suivie par les investissements d’avenir prend un air désagréablement totalitaire.

Le SNCS-FSU dénonce le maintien et, a fortiori, la généralisation annoncée des « initiatives d’excellence » (Idex). Il demande que soit maintenu l’objectif d’un développement équilibré du territoire et une négociation du MESR avec chaque site pour déterminer un plan de développement spécifique à chacun. Il demande avec force le reversement au MESR des financements confiés au Commissariat aux investissements d’avenir (CGI) pour l’ES-R (22 milliards plus 3,6, désormais) et la réintégration des structures dites d’excellence dans les structures normales.

Le SNCS-FSU manifeste sa plus grande inquiétude de voir que le gouvernement n’a apparemment rien compris quant à l’ampleur du retard pris par la France durant les 10 dernières années en matière d’ES-R, avec toutes ses conséquences économiques et sociétales (environnement, santé, etc.). Le SNCS-FSU répète ici, comme l’a montré le Conseil scientifique du CNRS unanime, que l’emploi scientifique est une « catastrophe annoncée » et imminente qui aura des conséquences rapides et gravissimes sur la qualité du recrutement dans le secteur public et privé. Toute tentative de redressement de recherche industrielle et de la situation économique se heurtera à un goulot d’étranglement.

Pour que la France reste dans la course, il conviendrait d’atteindre 3 % du PIB pour la recherche dans 10 ans. Cela suppose non pas une aumône de 100 millions par an, mais une croissance budgétaire d’au moins un milliard de plus par an comme l’ont acté les rapports Le Déaut et Berger. Si le gouvernement a des problèmes financiers pour réaliser cet objectif, nous lui suggérons de calculer les impôts de façon à ce qu’un PDG, un banquier, un haut cadre, un membre de profession libérale ou un golden boy aient le revenu net d’un chercheur ou d’un enseignant-chercheur, niveau de qualification le plus élevé dans la France d’aujourd’hui.


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