Emprunt, budget : quatre articles de La Tribune(24/01/2011)

lundi 24 janvier 2011
par  Administrateur

Si la plupart des médias relaient propagande éhontée du ministère, certains journaux, et pas seulement Libération ou L’Humanité, donnent les informations venant du ministère mais aussi des organisations. C’est le cas de La Tribune, journal économique, qui est aussi celui qui publie le plus régulièrement sur le sujet et avec à propos. Les extraits du premier article, écrit en début d’année témoigne d’une capacité d’analyse certaine. Certes, nous ne partageons pas tous les propos de la journaliste Clarisse Jay, mais c’est là le jeu normal de la démocratie et de l’information libre.

Universités, le grand emprunt sème le trouble

La Tribune, 18/03/10, (Extraits)
La loi LRU de 2007 a été appliquée à un train d’enfer. L’opération campus est sur les rails. Concomitamment, universités et grandes écoles ont été pressées de se regrouper en PRES. Sans compter les pôles de compétitivité, sommés eux aussi de se regrouper. Le grand emprunt a ajouté une couche à ce mille-feuille, prévoyant la sélection de 5 à 10 campus d’excellence. La carotte : 8 milliards d’euros sous forme de dotation en capital. Le bâton : un cahier des charges très strict en matière de gouvernance. Cette dernière devra être renouvelée avec un partage des rôles clairs entre communauté académique et conseil d’administration largement ouvert à des membres extérieurs comme préconisé par le récent rapport de l’économiste Philippe Aghion. (...) De fait la volonté de l’Etat est d’aller plus loin [que la LRU]. Le statut de « grand établissement » adossé à une fondation semble l’outil adéquat aux yeux du gouvernement. Mais que faire des PRES dont nombre de voix, y compris à l’Elysée, soulignent l’inadéquation avec les campus d’excellence. (...) Un rapport de IGAENR préconise (...) de lancer une « phase 2 » des PRES avec quatre scénarios de fusion ou d’évolution à la clef. (...) Cette succession de mesures depuis 2006 conduit à une confusion générale, en mélangeant les logiques.

Les chercheurs s’alarment des "désastres" du grand emprunt

La Tribune 14/12/2010

Alors que les appels à projets du grand emprunt sont en cours, les syndicats de chercheurs critiquent la complexité du dispositif et craignent une déstructuration de la recherche française.

Est-ce un fait exprès ? C’est ce 14 décembre, date anniversaire du lancement du grand emprunt par Nicolas Sarkozy il y a un an, que l’intersyndicale recherche-enseignement supérieur (SNTRS-CGT, SNCS-FSU, Sgen-CFDT) a organisé une assemblée générale appelant à la "résistance" aux investissements d’avenir. Dans un contexte de budgets 2011 peu transparents (La Tribune du 1er décembre 2010), les syndicats de chercheurs estiment qu’avec le grand emprunt, qui va consacrer au sens large près de 22 milliards d’euros à l’enseignement supérieur et à la recherche, "le gouvernement passe à une nouvelle étape de destruction du système d’enseignement supérieur et de recherche, au lieu d’augmenter le financement récurrent de l’ensemble des laboratoires" et des universités.
"Par cet outil, le gouvernement casse la structure actuelle de la recherche. Le souci premier est celui des laboratoires mixtes (UMR)", explique Patrick Montfort, secrétaire général du SNCS. Aujourd’hui, la recherche effectuée au sein des UMR est financée et évaluée par les organismes de recherche (CNRS, Inserm...) en partenariat avec les universités, qui en héberge la grande majorité. Avec les futurs laboratoires d’excellence (Labex), qui recevront en tout 1 milliard d’euros (239 dossiers de candidature ont été déposé), cette prérogative va échapper aux organismes de recherche et aux universités puisque in fine, "c’est le Premier ministre qui signera la liste des Labex sélectionnés", anticipe Patrick Montfort.
Par ailleurs, comme le sous-entend l’appel à projets, seuls les laboratoires notés A+ par l’agence nationale d’évaluation (Aeres) auront droit au chapitre. Le pôle de compétitivité "Eau" de Montpellier a ainsi hésité à présenter un Labex, une partie de ses laboratoires appartenant au Cemagref étant noté B. La crainte, exprimée récemment par le conseil scientifique du CNRS, est donc grande de voir la concentration des moyens sur les laboratoires d’excellence aboutir à la notion de laboratoire. "Les Labex vont être figés pendant 10 ans. Et pendant ce temps, les laboratoires moins bons vont disparaître. Nous nous acheminons vers une stérilisation de la démarche scientifique", alerte Patrick Monfort.
Et encore, les dits moyens sont loin d’être à la mesure des annonces, seulement 10% étant "consomptibles" : 900 millions seront donc placés et ce sont les revenus qui reviendront aux laboratoires. Soit, au mieux 300.000 euros annuels par Labex pour une centaine sélectionnée. Dans la mesure où contrairement aux annonces, les budgets des laboratoires baissent en moyenne de 12% (une fois pris en compte les pensions de retraite et retranchés les crédits affectés à la masse salariale), cela revient à donner aux grands laboratoires ce que l’on prend aux petits, ironise Daniel Steinmetz du SNRTS. Des critiquent balayées par le commissaire général à l’investissement, René Ricol, qui assure, dans une interview au journal Les Echos, qu’"il y aura certes des gagnants mais aucun perdant".

Lire la suite : http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20101214trib000582809/les-chercheurs-s-alarment-des-desastres-du-grand-emprunt-.html

Le grand emprunt sur les rails en 2011

La Tribune, 03/01/2011

Les premiers dossiers des appels à projets vont être sélectionnés ces tout prochains mois. Le grand emprunt a mis en ébullition 
le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche.

C’est un programme mené tambour battant. Un an après leur annonce par le chef de l’état, les investissements d’avenir sont quasiment sur les rails. Après une année 2010 consacrée à la pédagogie et aux ajustements de la part du gouvernement et au montage de projets de la part des candidats, 2011 sera celle des sélections. Mis à part les premières annoncées par le Premier ministre le 6 décembre dernier dans les domaines des énergies marines, du très haut débit et de l’économie sociale et solidaire pour 53,1 millions d’euros, toutes celles des premières vagues seront dévoilées cette année (plusieurs appels à projets se déroulent en deux ou trois étapes s’étalant jusqu’en 2012).

Lire la suite : http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20110103trib000588258/le-grand-emprunt-sur-les-rails-en-2011.html

Les universités redoutent un système à deux vitesses

La Tribune, 03/01/2011

Alors que les projets s’accumulent, des voix s’inquiètent sur le devenir des laissés-pour-compte.

Salué par le gouvernement, le fourmillement de projets déposés en vue de bénéficier des subsides du grand emprunt pourrait, une fois la sélection passée, faire pschitt. Même si le nombre de lauréats pour les équipements d’excellence et les laboratoires d’excellence n’est pas calé, les déçus seront nombreux. Quant aux instituts hospitalo-universitaires (IHU), pour lesquels il y a dix-neuf candidatures, la sélection de seulement cinq d’entre eux vire au casse-tête.
Le "problème" est que, selon plusieurs sources, nombre de dossiers examinés par les jurys sont de bon niveau. Pour les IHU, douze à treize dossiers sont jugés "très bons". C’est certes plutôt rassurant, mais cela pose la question du devenir des projets qui ne seront pas sélectionnés. Universités et laboratoires craignent donc l’apparition, à côté des pôles d’exellence, de déserts universitaires. De fait, certains observateurs s’inquiètent pour les villes satellites de grandes agglomérations telles que Dunkerque, La Rochelle, Pau, Perpignan, Avignon, Toulon, Mulhouse ou encore la Corse.

Excellence locale
Des communes comme Nantes, Nancy ou Rennes, jugées "limites" pour emporter une initiative d’excellence, devraient tirer leur épingle du jeu grâce aux laboratoires d’excellence. Quant à Amiens, Reims, Besançon, Dijon, Tours, Orléans ou Le Mans, ce sera plus difficile.
Pour tempérer ces inquiétudes, le gouvernement souligne l’importance de "l’excellence locale", des partenariats et des mises en réseau. Et il n’est pas exclu "d’aller plus loin si nécessaire", soit en finançant plus de projets ou en lançant des initiatives plus spécifiquemet axées sur la formation. "L’Etat devra prendre ses responsabilités", lâche-t-on. Car si les jurys internationaux sont indépendants, c’est bien le gouvernement qui aura le dernier mot.


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