Déclaration lue le 23 octobre 2017 au conseil d’administration du CNRS à l’occasion de l’examen du budget rectificatif n°2

jeudi 26 octobre 2017
par  SNCS

Le vote du budget rectificatif n°2, reprenant tous les chiffres du budget 2017, nous donne l’occasion de revenir sur celui-ci en faisant un bilan plus avancé que lors du vote du budget initial, prenant en compte, en particulier, la préfiguration du budget 2018 tel qu’il apparaît dans le projet de loi de finances.

Le bilan social de l’établissement pour 2016 ne nous a pas encore été communiqué, aussi ne connaissons-nous toujours le détail des emplois que jusqu’en 2015. Les chiffres qui en ressortent sont, comme nous le soulignions déjà en décembre, alarmants. Nous avions déjà cité à l’époque l’évolution du nombre de personnes physiques payées par le CNRS en tant que titulaires : 26136 en 2002, 24617 en 2015, soit une baisse de 1519 PPP ou 117 par an. Pour qu’on ne pense pas que pèsent particulièrement lourd dans ce bilan les années les plus anciennes, on peut limiter le bilan aux huit dernières années : de 2009 à 2015, la perte a été de 967 PPP, 971 ETP, 983 ETPT ... Plus de 160 emplois par an !

La « sanctuarisation » dont on nous a rebattu les oreilles n’aura donc été qu’un rideau de fumée. L’hémorragie d’emplois s’est accélérée au cours des huit dernières années. Les rédacteurs du projet de loi de finances, mieux informés que les administrateurs du CNRS, donnent d’ailleurs déjà un chiffre pour les emplois réalisés « sous plafond » (incluant donc les emplois contractuels) en 2016. Il en ressort que plus de 3100 emplois ont été perdus par l’établissement entre 2010 et 2016, dont plus de 180 au cours de la dernière année. Comme la courbe des emplois sous plafond suit, depuis deux ans, celle des emplois titulaires (le niveau d’emploi contractuel ayant atteint son plancher), il est à craindre que le nombre de titulaires physiques payés ait encore subi, au cours de l’année 2016, une chute accélérée.

Tel est le résultat d’une politique entretenue avec une continuité stupéfiante au travers de trois quinquennats : le CNRS a perdu en volume d’emplois, depuis 2002, l’équivalent de la somme de l’IRD et de l’IFREMER ... S’inscrivant dans la continuité de cette politique de déclin, le budget que nous promet le projet de loi de finances 2018 est, comme les précédents un budget d’abandon : toujours moins d’emplois et, en ce qui concerne la subvention pour charge de service public, toujours la stagnation (à l’inflation près). Seule l’ANR – le seul opérateur du programme n°172 Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires où on ne fait pas de recherche ! – se voit promettre une croissance des emplois.

On peut louer ce souci ponctuel de réduire la précarité, car la précarité des emplois est particulièrement aiguë au sein de l’ANR. Mais les emplois de l’ANR seraient bien mieux placés dans les EPST, car les EPST ont la mission d’organiser la politique nationale de recherche et de la financer, y compris sur projets. Encore faudrait-il leur en donner les moyens …

Hors du programme n°172, mais toujours dans le périmètre du ministère, ce sont des centaines d’emplois nouveaux qui sont promises aux ComUE ... Cette priorité donnée à l’expansion de structures dirigistes, inutiles, nuisibles même à la vie de la recherche scientifique, au détriment des emplois utiles, est une honte pour le pays. Nous le redirons autant qu’il faudra pour qu’on revienne enfin à un soutien véritable de la recherche scientifique, dont la recherche publique est nécessairement le moteur.

Les représentants du personnel au conseil d’administration du CNRS


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