Compte rendu du Conseil scientifique du CNRS des 3 et 4 février 2005

jeudi 24 février 2005

par Dominique Chandesris, Gérard Chaouat, Denis Peschanski

Le conseil scientifique du CNRS s’est réuni les 3 et 4 février. Actualité oblige, il a été de fait dominé par la LOPRI et l’ANR (Agence nationale de la recherche), même si de nombreux autres points statutaires ont été traités.
Dés l’entrée, la Présidente avise le Conseil que le ministère souhaite un avis rapide du Conseil sur l’ANR, ses thématiques et son budget, et qu’elle propose de distribuer le texte « confidentiel » de l’avant projet de loi pour éclairer les débats à ce sujet,
Ainsi, après avoir examiné les nominations au jury d’admission des directeurs de recherches, les demandes d’équivalence à concourir au grade de DR, et les élargissements des jurys d’admissibilité (experts inter commissions du Comité National), le Conseil se répartit le travail de lecture du projet de budget ANR à examiner pour le lendemain matin en plusieurs binômes suivant les thématiques.

Il entendit ensuite 3 exposés relatifs à la dimension régionale de la recherche, de Roger Fougères et de Mr Laurent Beauvais, vice présidents recherche respectivement des régions Normandie et Rhône-Alpes, et enfin de Xavier Beulin, nous parlant de la question des pôles de compétitivité à partir de l’exemple de la région Centre.

Ces exposés furent suivis d’une présentation de Bernard Larrouturou sur « organisation de l’espace national de la recherche : régions, disciplines, pôles, unités ». Le DG répète qu’il voit le CNRS évoluer vers des laboratoires de plus grande taille, afin de créer autour d’une « couleur thématique » la masse critique nécessaire. Cela impliquera certains regroupements inter établissements, aboutissant in fine à une gestion unique des crédits. De plus, le CNRS identifie dans chaque région des pôles de compétitivité, ce qui l’amène à en délimiter 15 au niveau national.

Il revient également sur le redécoupage du CNRS et la diminution du nombre des départements. La discussion a été approfondie, car deux textes complémentaires étaient versés à la discussion : le président du CSD SPI (car tous les présidents de CSD étaient invités) a présenté les contours d’un département « ingénierie » ; la présidente du CS a proposé un découpage croisant trois départements verticaux (sciences de la matière, sciences du vivant et sciences de l’homme et de la société) et deux départements transversaux (ingénierie et environnement), l’idée étant que davantage d’unités qu’aujourd’hui devraient relever de deux départements ou davantage, et que l’appartenance à un département transversal impliquerait nécessairement l’appartenance à un ou deux départements verticaux. Les différents arguments ont été exposés, et il n y a pas eu de vote, le directeur général (DG) s’engageant à « tenir compte » de la discussion, qu’il a jugé fort intéressante (malheureusement impossible à résumer en ce cours compte rendu). On retiendra que c’est, à sa demande, que le CSD SPI, déjà très mobilisé, a établi sa proposition ; de même, il a décidé de diffuser à tous les membres du conseil d’administration la proposition de la présidente du CS.
Le point d’information sur les directions inter régionales a été repoussé, le DG se bornant à préciser que les prérogatives financières ne leur reviendraient finalement pas (soit un recul important par rapport au projet initial).

Nous avons eu, en effet, un exposé du président de la commission recherche de la CPU, Bernard Carrière. Avec des circonvolutions (liées sans doute à une position de la CPU en pleine évolution, vu le contexte de confrontation avec le ministère et la volonté de trouver des alliés), ce dernier n’en a pas moins rappelé la position de la CPU, à savoir que les universités devaient devenir les acteurs centraux de la politique de la recherche, que les EPST, le CNRS en tête, avait vocation à devenir des agences de moyens et qu’à terme, il fallait aller vers un statut unique. Pour autant, il a précisé que les universités devaient s’appuyer sur les organismes et qu’il fallait d’abord que les Universités fassent la preuve qu’elles avaient une politique de recherche. Il a aussi été amené à dire qu’il y a un trop grand nombre d’Universités en France, d’où nécessité de « rapprochements » voire de « fusions ». Universitaires et chercheurs du CS ont été amenés, dans le débat, à s’étonner de certains propos très provocateurs sur les rapports entre universités et organismes et à remarquer, avec une certaine ironie, le numéro d’équilibrisme mal maîtrisé.

Le dernier point important a donc consisté dans la discussion sur l’ANR (Agence nationale de la recherche). Le message a été unanime et d’une très grande force. Il peut se résumer comme suit : risque flagrant (vue les sommes engagées dans l’agence) de voir les organismes rapidement asphyxiés) ; pilotage par l’aval, ce qui traduit une méconnaissance totale aussi bien de la recherche fondamentale que de l’innovation et ferait en fait de cette agence, une ANI, agence nationale de l’innovation ; portion congrue laissée aux projets « blancs » ; outre la reprise des dossiers en cours du FNS et du FRT, contenu des programmes soit affligeant, soit illustratif du poids respectifs des lobbys au sein du ministère ; pilotage réaffirmé par le ministère (on apprendra plus tard que le président de l’ANR est le directeur de la direction de la technologie, et le directeur un membre important du cabinet).

Fait sans précédent, le conseil décide de mandater une délégation auprès du ministère, menée par la Présidente, pour faire part de sa très vive inquiétude. Cette rencontre s’est déroulée le 16 février.


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