Commission : Science et démocratie, droits et libertés, transmission des connaissances et retombées de la recherche

vendredi 18 décembre 2009
par  Administrateur

Selon diverses enquêtes d’opinion effectuées en France et dans différents pays
européens, ce sont les métiers de la recherche scientifique qui jouissent de la meilleure
image dans le public. Paradoxalement, le sentiment de confiance du public envers les
sciences s’émousse dans le même temps, sans doute du fait de la confusion entre science et
innovation et de la centralité des technosciences dans le système de production mondial. Ce
sentiment de méfiance risque d’être instrumentalisé - s’il ne l’est déjà amplement - par les
pouvoirs politico-économiques néolibéraux comme un outil supplémentaire du détricotage
des systèmes de recherche organisés par les scientifiques, en vue de les mettre au seul
service de la guerre économique entre groupes industriels privés. Il s’agit donc de penser
d’urgence la responsabilité sociale des acteurs de la recherche au sein de leur communauté
et de redonner à l’avancement des connaissances son plein sens au service du progrès
social, économique, culturel et écologique.

Contexte politico-économique mondial

Dans un monde où depuis une vingtaine d’années, la norme de la concurrence - qui
était celle des grands oligopoles - s’est généralisée aux institutions publiques et aux
gouvernements se pose la question de la construction et de la mise en oeuvre par les
dispositifs de production scientifique de leurs propres normes de fonctionnement et de
déontologie. En France, l’époque est finie où les gouvernements laissaient aux organismes
de recherche publique - CNRS, INSERM, INRA, IRD, etc.- et d’enseignement supérieur
une large marge de manoeuvre dans leur gestion et leur programmation scientifique.

Dans le monde d’aujourd’hui, la connaissance est de plus en plus asservie à
l’accumulation de profit privé. Elle n’est plus seulement appréhendée comme source
d’inventions techniques, elle est devenue un bien rare, exploitable sur le marché (droits de
propriété intellectuelle, brevets ...). Et même s’ils ont fait leurs preuves, les dispositifs de
recherche construits avec la communauté des scientifiques sont attaqués pour être mis au
service de la guerre économique entre grands groupes industriels privés. Dès lors la
connaissance est assignée à la compétitivité des économies et des entreprises, et sa
production organisée sur le modèle du secteur privé : la formation et la recherche sont
conçues comme des entreprises, basées sur le principe du management de la performance.
C’est ce qu’expriment le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne.

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Science et sociétés - motion 44e congrès

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