Commission : International et défense du service public

vendredi 18 décembre 2009
par  Administrateur

1) Le programme de Lisbonne de 2000, de doter l’Europe d’une économie de la connaissance « la plus compétitive » du monde, fait apparaître la recherche au centre du projet européen en l’inscrivant, dans une conception réductrice, dans la guerre économique que se livrent les grands groupes industriels. Le processus de privatisation des connaissances, notamment lié à la stratégie de Lisbonne, représente une régression grave de civilisation. Cette stratégie aboutit à une baisse quantitative et qualitative, comme pour les autres objectifs sociétaux de ce plan, et ceci résulte de la focalisation sur les impératifs de marché. Il convient de plus de s’interroger sur le bien fondé des objectifs productivistes et d’accumulation financière que sous-entend une certaine vision de la croissance, en regard des impératifs d’une vision à long terme et d’une croissance dans un développement durable. Le développement durable, la lutte contre le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources, impliquent une maîtrise collective publique de secteurs comme l’énergie ou l’eau.

2) Cette évolution rend encore plus nécessaire de défendre un service public de recherche dont le
centre des missions reste l’intérêt public et le développement des connaissances, avec une capacité
autonome de mener une politique de recherche, et une structure représentative élue qui lui confère
une réelle indépendance, à la fois pour l’évaluation scientifique et la crédibilité sociétale de son
expertise. Partout dans le monde le secteur de recherche publique est le moteur de la recherche
industrielle. L’amélioration des communications avec le secteur productif doit donc être menée là où
c’est nécessaire, mais en conservant ses caractéristiques à la recherche publique, qui ne doit pas être
subordonnée aux besoins du privé !

3) Des mouvements universitaires inédits se sont déroulés en Finlande, en Espagne, en Italie, en
Allemagne, en Grèce, et, depuis quelques jours en Autriche, en Suisse, en Irlande. Dans tous ces
pays, les protestations et les mots d’ordre des manifestants ont mis en cause les politiques, qui dans
la diversité des formes qu’elles prennent dans chaque pays, sont essentiellement les mêmes que
celles auxquelles nous nous sommes heurtés en France : précarisation des personnels, concurrence
entre universités, autoritarisme des politiques de recherche, soumission de cette dernière aux intérêts
privés, destruction des services publics d’enseignement supérieur.

4) La raison de ces mouvements quasi-simultanés et convergents ne peut se trouver que dans une
même politique européenne, déclinée dans chaque pays sous des formes particulières. Comme
nos collègues européens, nous nous heurtons au processus de Bologne, à la stratégie de Lisbonne
(« construire l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde ») qui, loin de développer
des coopérations mutuellement avantageuses entre recherche fondamentale, universitaire ou autre, et
recherche industrielle, vise à soumettre le service public d’enseignement et de recherche aux besoins
du secteur industriel privé. De plus en plus en Europe, des mouvements universitaires s’inscrivent
contre la marchandisation de l’enseignement supérieur.

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