Chapitre I - L’orphéon de Neuilly

vendredi 10 octobre 2008
par  Administrateur

"Dormez, dormez, petits pigeons"

Michel Simon dans : Drôle de drame

La recherche française est en train de couler du fait d’un dramatique sous-investissement financier.
Troisième nation scientifique à la fin du gaullisme, la France est, en 2006, en seizième position
mondiale quant au taux de financement de sa recherche par habitant.

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Sous-financement Recherche - chapitre1

Mais l’orchestre de Neuilly joue une autre partition, histoire de faire oublier la réalité : "Le problème de la recherche française est un problème de structures, non de financement" ; "l’argent y est, mais est mal utilisé" ; "une publication française coûte beaucoup plus cher qu’ailleurs" ; "notre système est inefficace".
Parfois la musique prend des accents tragiques : "Ah, le classement de Shanghai ! la première université française en quarantième position". Comme par hasard, la musique devient assourdissante quand le public remarque qu’à ce même classement, reporté par pays, la France est sixième, ce qui n’est pas si mal !
Avec son air candide de collégienne, la soprano fascine. C’est qu’elle joue son air préféré : "Nous réformons pour que la recherche ait plus de lisibilité, avec ses quatre piliers : les projets, les organismes, les universités, le privé".
Notons qu’avec quatre pattes, on peut être une girafe ou un basset. Pour le financement de la recherche, la France est dans la deuxième catégorie. La grosse caisse fait écho à toutes les phrases de la soprano.
Elle est maniée par un journaliste, rédacteur dans un grand quotidien français appartenant à un producteur d’armes. Il est reconnu comme le meilleur militant anti-CNRS : "structure obsolète" ou "usine à gaz" sont parmi les expressions les plus sympathiques de son répertoire. Il est vrai que le CNRS n’est que le cinquième mondial par ses publications et n’est que le premier en Europe, place confirmée par les récents résultats des appels d’offre de l’ERC.

Mais le plus beau est le solo de clairon du compositeur-chef d’orchestre, himself, avec ses sommets
habituels : "La France en deuxième division de la science mondiale ne serait plus la France". Un
solo plein d’humour, pour un homme qui fut responsable du budget en 1993 et ministre d’Etat en 2002, quand s’ouvraient les deux grandes phases de sabotage financier de la recherche (Figure 2).
Pince-sans-rire, il poursuit : "La recherche a toujours été une priorité proclamée, oui, mais a
rarement été, dans les faits, la préoccupation majeure des gouvernements, (...) aujourd’hui, c’est le
cas, nous l’avons démontré dans le budget 2008". Chacun peut vérifier qu’il n’y a pas un poste, pas
un euro de plus, cette année-là.

Dormez, dormez, petits pigeons, cet homme-là, la décroissance, il ira la chercher avec les dents.


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