BI : N°475 octobre 2005

vendredi 7 octobre 2005
par  Administrateur

Numéro spécial 42e CONGRES

Edito de Jacques Fossey : "La Lopri affaiblit la recherche publique"

Le 42e congrès a étudié le projet de loi pour la recherche (Lopri). Cette loi qui devrait être votée début 2006 va accélérer la mutation de notre système de recherche publique où universités et organismes jouent un rôle majeur. Le secteur académique a pour mission principale le développement des connaissances. Pour sa part, l’objectif de la recherche industrielle, principalement privée, est d’engranger le maximum de profits financiers.

Aujourd’hui, on demande, de plus en plus, à la recherche publique de s’inscrire dans la logique des politiques industrielles. Cela est un enjeu politique de première importance. La compétition internationale est rude et les investissements énormes. La stratégie des industriels est donc de détourner la recherche publique à son avantage. Pour cela, il faut qu’ils puissent agir directement sur les orientations scientifiques et faire exécuter le maximum de travaux par les laboratoires publics français ou ... étrangers.

Grâce à la Lopri, les orientations scientifiques technologiques et industrielles seront, et sont déjà, contrôlées par l’ANR (Agence nationale de la recherche), les laboratoires labellisés Carnot, l’AII (Agence de l’innovation industrielle), les pôles de compétitivité, etc. Celles-ci seront approuvées par un Haut Conseil de la science et de l’innovation, autorité morale, placé auprès du président de la République afin qu’il soit difficile d’en contester la légitimité. Il faut aussi s’assurer que ces orientations soient bien mises en chantier. D’où l’intérêt de la nouvelle Agence d’évaluation de la recherche (AER) qui va être uniquement chargée des structures pour contrôler (pardon) évaluer si celles-ci suivent les orientations qui leur ont été assignées. Cette stratégie nécessite de mettre en sommeil le Comité national, trop contrôlé par les scientifiques. Il lui restera le suivi des personnels. La problématique de la loi est donc d’asservir encore plus les laboratoires publics à l’économie. La communauté scientifique doit réagir dans la période qui vient pour imposer une autre conception du service public de recherche.

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BI 475 Oct 2005

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