Appel des personnels de l’ESR à participer à la journée du 9 octobre

lundi 1er octobre 2018
par  Administrateur

« CAP 2022 » : une offensive sans précédent contre les statuts des personnels
et les établissements de l’Enseignement supérieur et de la recherche !

Les scandales de l’été n’ont pas entamé la volonté du gouvernement de multiplier les attaques générales contre les salariés, les retraités, les bénéficiaires des prestations sociales… Outre l’énorme chantier de casse des systèmes de retraites annoncé, le rapport du « Comité action publique 2022 » (CAP 2022) formalise toutes les attaques mises en route contre la fonction publique et ses agents.



Ce rapport, commandé par Édouard Philippe à l’automne dernier, a fuité cet été. Un comité d’une quarantaine de personnalités, dont des chefs d’entreprises, des membres de l’Institut Montaigne connu pour ses publications ultralibérales, a remis sa copie avec 22 propositions en faisant miroiter 30 milliards d’économies sur les dépenses publiques, à condition de « transformer » l’action publique. Le rapport incite l’État à se désengager là où ce n’est pas encore fait : transport ferroviaire (avec ouverture au privé), réseau de transport routier, distribution de l’énergie, logement, financement de l’Office national des forêts, sport pour tous, contrôles (sanitaires,
fraudes…)… Même le financement des hôpitaux est dans le collimateur, comme si la situation n’y était pas déjà extrêmement critique ! Tous les services publics, y compris l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche, sont attaqués.

Concernant l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), l’accroissement de l’autonomie des établissements, l’encadrement de leur activité par le contrat, l’augmentation de leurs ressources propres y compris par l’augmentation des droits d’inscription, une différenciation accrue des établissements en vue de leur mise en concurrence selon une classification distinguant ceux qui ont une vocation régionale,
nationale ou internationale, la dilapidation du patrimoine national avec le transfert de l’ensemble du patrimoine immobilier aux établissements, une gestion inégalitaire et une mise en concurrence des enseignants-chercheurs, tout y est !

Le rapport CAP22 précise : «  La politique des formations supérieures, la stratégie nationale de recherche et la tutelle des organismes de recherche continueraient à être assurées par l’administration centrale alors que l’ensemble des autres missions seraient prises en charge par des agences ». Des agences de quelle nature ? Avec quelles missions et quel budget ? CAP22 déplore les mécanismes de financement de l’ESR : « Enfin, le système actuel de subventions de la recherche et de l’enseignement supérieur n’est pas suffisamment incitatif. En effet, les subventions publiques constituent aujourd’hui les trois quarts des ressources des universités et des organismes de recherche. Or, l’attribution de ces subventions n’est pas conditionnée à la performance, à l’atteinte d’objectifs ou de résultats ». De quelle
performance est-il question ? Celle des indicateurs des classements internationaux qui n’ont jamais rendu compte du travail réel des équipes de recherche et d’enseignement ? Des enseignants ? Ou bien celle des objectifs de réduction simultanée des moyens et du nombre de fonctionnaires ? Ou encore celle qui consiste à subordonner la recherche publique aux intérêts privés des grands groupes
nationaux et européens ?

Ces grands experts en ESR précisent ce qu’ils espèrent :
• « Piloter les universités et tous les opérateurs de l’enseignement supérieur et de la recherche par le contrat, y compris sur la question des moyens. Il s’agit de moduler le financement des opérateurs en fonction de critères clairs et évalués. Cela doit concerner à la fois les universités et les organismes de recherche. », et pour être encore plus clair :
• « … le financement des organismes doit davantage dépendre des résultats pour constituer une incitation à accroître la qualité de l’enseignement et de la recherche. »

Au niveau des structures, CAP22 suggère d’accroître encore plus l’autonomie des universités. En lien avec le financement, il propose d’« ajuster la carte des laboratoires de recherche aux domaines d’excellence des universités et des grandes écoles…les crédits de recherche doivent être alloués selon les domaines

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Appel IESR - 9 octobre 2018