11 juin : une session plénière du Comité national pour sauver l’emploi scientifique et enrayer la spirale du déclin. SNCS-Hebdo 14 n°7 du 6 juin 2014.

vendredi 6 juin 2014

En faisant de l’emploi scientifique le thème de sa session plénière du 11 juin, le Comité national ne défend pas seulement la recherche et les métiers de la science. L’enseignement supérieur et la recherche (ESR) sont déterminants pour le progrès social et économique, le développement de la culture et de l’esprit démocratique et le rayonnement international d’un pays.

Depuis dix ans, le financement que consacre la France à son enseignement supérieur et à sa recherche, publique ou privée, stagne autour de 2,25 % du PIB, dont 0,7 % pour la part publique si on y inclut les grands programmes technologiques (espace, nucléaire) et moins de 0,6 % si on s’en tient à ce qu’on appelle « recherche publique » dans les autres pays. Dans le même temps, la plupart des pays ont accentué leur effort, y compris ceux qui nous précédaient déjà en 2002 …

Aujourd’hui, la catastrophe de l’emploi scientifique risque de mener la recherche française et, par entraînement, la puissance économique de notre pays à un déclin irréversible. Au côté des chercheurs, avec ses élus au Comité national, le SNCS livre ici ses propositions.

Patrick Monfort, secrétaire général du SNCS-FSU

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La chute de l’emploi scientifique dans l’enseignement supérieur et la recherche publique depuis 10 ans, l’insuffisance des rémunérations, le caractère toujours plus tardif du recrutement et le développement de la précarité dans les laboratoires publics d’une part, le peu d’appétence des entreprises pour le recrutement de docteurs d’autre part, ont conduit à une désaffection des jeunes pour le doctorat et les carrières scientifiques. La France, par an, ne forme qu’environ 12 000 docteurs contre 20 000 pour la Grande-Bretagne et 27 000 pour l’Allemagne. Le plus tragique est qu’elle n’arrive même pas, malgré la faiblesse de ce nombre, à leur fournir assez d’emplois correspondant à leur qualification. Aujourd’hui, les vocations scientifiques sont en danger.

Comme l’ont analysé le conseil scientifique du CNRS et les instances d’autres établissements, cette situation structurelle se trouve aggravée du fait de :

- la situation économique globale, aggravée par la politique d’austérité, qui conduit à une réduction des embauches, sans épargner les docteurs ;

- la diminution rapide du nombre de départs à la retraite dans l’enseignement supérieur et la recherche, qui va encore s’accentuer ;

- les difficultés budgétaires des organismes de recherche et des universités, qui les conduisent à ne même pas remplacer tous les départs.

« Cette situation crée les conditions d’une catastrophe annoncée et plonge dans le
désarroi toute une génération de jeunes chercheurs »
, souligne le conseil scientifique du CNRS. À un moment où la France a plus que jamais besoin de scientifiques de toutes disciplines, la faiblesse de nos promotions de docteurs, entretenue par l’absence de perspective d’emploi scientifique, est lourde de menace, car c’est le vivier nécessaire au remplacement futur des enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs et techniciens qui risque de s’effondrer.

Il y a donc urgence à investir dans l’ESR. Le SNCS exige que le gouvernement lance un programme qui permette à la France d’atteindre, dans les 10 ans qui viennent, 3 % du PIB en matière d’effort de recherche publique et privée, ce qui suppose notamment une loi de programmation budgétaire pour l’ESR, intégrant un plan pluriannuel de création de postes statutaires.

Nous exigeons que les dépenses de recherche publique atteignent 1% du PIB, objectif défini par l’Europe en 2000 et qui aurait dû être atteint en 2010. Cela nécessite un investissement d’au moins 1 milliard de plus par an sur plusieurs années comme l’ont acté plusieurs rapports (Le Déaut, Berger). Cet effort financier serait efficace, contrairement aux plus de 6 milliards d’euros annuel du crédit impôt recherche (CIR), qui n’a aucun effet sur l’emploi scientifique dans les entreprises.

Pour le seul objectif « recherche », l’effort comprendrait, avec le remplacement de tous les départs, la création de plus de 6000 emplois (enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs et techniciens) par an sur 10 ans, 8000 si on prend en compte l’effort également nécessaire pour renforcer l’enseignement supérieur. Ce plan permettrait, du même coup, de résorber la précarité dans l’ESR. L’État doit exiger des entreprises, en raison des aides qui leur sont consenties, qu’elles investissent effectivement dans la recherche et dans l’emploi scientifique. Il n’est pas acceptable que les dizaines de milliards d’aides consenties (Plan compétitivité, pacte de responsabilité, CIR) ne conduisent à aucun accroissement visible de la R&D. Les aides au privé doivent être conditionnées non seulement au maintien des centres de recherche en France, mais aussi à la croissance des activités de recherche, pour lesquelles la création d’emplois scientifiques est indispensable.

Former des docteurs en nombre suffisant pour l’objectif proposé ne sera par ailleurs possible qu’en restaurant l’attractivité des carrières de l’ESR, notamment en revalorisant les rémunérations de début de carrière. Il en va de l’avenir de la jeunesse comme de l’avenir culturel, scientifique, environnemental, social et industriel du pays. Alors, seulement, pourra reparaître le soleil de notre grandeur !




Le 11 juin à Paris manifestation intersyndicale à 14h30

de la Sorbonne aux Saints-Pères, lieu de la plénière du Comité national

et en région, mobilisation dans les sites de recherche et les universités



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